Jéricho, la clef du pays.
Le 5 nissan, depuis la vallée de Chitim, Josué charge Pinhas ha-Cohen et Kalev ben Yéphouné d’explorer la ville de Jéricho. Celle-ci est une forteresse importante édifiée depuis l’époque de Nemrod, dont la conquête est une priorité. Tous les chefs de guerres des peuples canahanéens s’y sont rassemblés avec leurs armées pour empêcher les Hébreux d’entrer en terre d’Israël, car sa conquête est la clef qui ouvre la voie à tout le pays. Puis, après être parvenu à l'interieur de la ville, Pinhas et Kalev trouvent refuge chez une courtisane du nom de Rahav qui, malgré la présence d'officiers dépéchés chez elle, sur ordre du roi de Jéricho, cache ces derniers : « Elle dit à ces hommes, je sais que Dieu a livré la terre entre vos mains, que nous sommes terrifiés par vous et que tous les habitants du pays fléchissent devant vous ». Rahav aura la vie sauve ainsi que toute sa famille, après la conquête de Jéricho. Josué 2-9. Le Talmud rapporte que Rahav était d’une grande beauté et qu’elle se converti aux valeurs de la Torah. Elle épousera Josué à l’âge de 51 ans et d'eux sortiront huit prophètes qui sont ; Nériah, Baroukh, Charya, Mahasya, Jérémie, Hélkya, Hanamel et Chalom. Talmud de Babylone traité Méguilah. Le "Séder ha-Doroth" rapporte que Rahav ne faisait pas partie des peuples canahanéens, mais descandait de Yktane, et qu’elle n’enfanta que des filles. Pinhas et Kalev reviennent de leur mission le 8 nissan.
Agadah - Récit.
Les Maîtres du Talmud ont enseigné : depuis l'époque de Josué jusqu'à celle de rabban Gamliel I, les Hébreux étudiaient la Torah debout. A la mort de rabban Gamliel I, la faiblesse accabla le monde, et l'on se mit à étudier la Torah assis. C'est pourquoi il est enseigné ; "depuis la mort de rabban Gamliel I la dignité de la Torah n'est plus respectée". Agadah du Talmud de Babylone "Hein Yahacov" traité Méguilah 21-a. C'est également le fait nouveau de "s'assoir" qui donnera le nom aux lieux d'étude, les Académies talmudiques, le nom de Yéchivah, ou Yéchivot au pluriel.
2489 / 2928 : De Guilgal au Ier Temple de Jérusalem : 440 ans.
2489 / 2503 - Le Tabernacle est dréssé à Guilgal.
Le 10 nissan 2489, au terme des quarante années passées dans le désert, les Enfants Israël traversent le fleuve du Jourdain sous la conduite de Josué fils de Noun. C'est à ce moment qu'ils foulent pour la première fois la terre que Dieu a promise à leurs ancêtres les Patriarches ; Eretz Israël – la terre d'Israël. Après avoir franchit le Jourdain, la Torah est traduite en 70 langues. Josué dépèche des émissaires afin que les ouvrages soient transmis aux rois des 70 grands peuples, dont une missive leur demandant d'abandonner la pratique de l'idolâtrie et leur repentir.
Le 11 nissan à Guilgal, Josué organise la circoncision de tous les enfants d'Israël. Les Hébreux n'avaient pu pratiquer la circoncision durant les quarante années passées dans le désert, du fait des nombreux déplacements et des mauvaises conditions climatiques. Talmud de Babylone traité Yébamot 10-b. Cependant, certains avis soulignent que leur circoncision n'était pas complète, conformément aux lois de la circoncision. Et rappellent également que seul les Lévytes et quelques anciens avaient pratiqués la circoncision.
En 2489, Guilgal devient le lieu où durant quatorze années les Cohanim dresseront le Michkane, le Tabernacle. Désormais, c'est en ce lieu que sont apportés les deux Korban ha-Tamid, les deux holocaustes quotidiens offerts matin et soir, et que sont pratiqués les rituels. Une Bamah Guédolah, soit un Grand Autel est érigé. C'est sur celui-ci que sont apportées les Offrandes collectives ou individuelles, ainsi que ceux des jours de fêtes. Dès leur entrée en terre d'Israël, les Hébreux sont réunis à Sichem sur le mont Garyzim et le mont Eyval. Là, ils reçoivent à nouveau les bénédictions et malédictions qui concernent le respect des lois reçues au Mont Sinaï lors du Don de la Torah. De nouveau, la Torah écrite est grâvée sur des stèles de pierres par les Anciens. Durant cette période de 440 années, le Tabernacle sera érigé en trois autres endroits qui sont Chilo, Nov et Guivéhone. En 2928, il sera démonté et caché pour toujours par le roi Salomon, pour laisser place au premier Temple de Jérusalem.
Dès leur entrée en Terre Sainte, les Hébreux sont immédiatement astreint à trois ordonnances qui sont la Horla, la Hala et Hadach. La Horla est l'interdiction de consommer des fruits d'un arbre durant les trois premières années. La loi de Hadach est l'interdiction de consommer de la nouvelle récolte avant le 16 nissan. La loi de Hala est l'obligation de prélever une partie de la pâte à pain afin qu'elle soit donnée aux prêtres.
Les Hébreux célèbrent leur 1er Péssah en terre d’Israël.
Le 14 nissan 2489, conformément aux préceptes de la fête de Péssah, les Cohanim accomplissent le sacrifice de l’agneau sur le Grand Autel - celui-ci porte le nom de Korban Péssah. Les Hébreux célèbrent leur premier Péssah en terre d’Israël en souvenir de la sortie de l'exil d’Egypte en 2448. Le 1er Péssah après la sortie d'Egypte avait été célébré le 14 nissan 2449. Les exégètes rapportent que tous les Hébreux n'avaient pas accomplis Péssah complètement lors de la traversée du désert, du fait que leur circoncision avait été imparfaite. Celle avait été rendu impossible à cause des nombreux déplacements. Cette fête est l’une des trois grandes fêtes annuelles qui était fêtée au Temple de Jérusalem. Celles-ci sont regroupées sous le nom de Chaloch Régalim, avec Chavouhot le 6 sivan et de Souccot le 15 tichri. Lors de ces festivités tout le peuple était tenu de monter à Jérusalem pour y consommer les sacrifices appropriés et offerts en ces jours solennels, notemment le Korban Haguiga et le Korban Réhiya.
Le mot Péssah signifie : « sauté ou passé au-dessus », en commémoration de la dixième plaie d’Egypte, lorsque les premiers nés égyptiens furent frappés par l’"Ange de la mort", alors que celui-ci passait par dessus les maisons des Hébreux. En souvenir de ce miracle, le Sanhédrine a institué le jeûne des premiers nés afin d'exprimer sa gratitude à Dieu, effectif la veille de la fête de Péssah dès l'âge de 13 ans, l'âge de la Bar-Mitsvah. Cependant, les pères de premiers nés garçons qui n'ont pas encore atteint l'âge de 13 ans doivent jeûner la veille de Péssah. Par ailleurs, c'est en rapport à cet événement que nous pratiquons le précepte du Rachat du 1er né.
Les noms et le temps de Péssah
Lors de la fête de Péssah les Juifs mangent une nourriture spécifique : « Sept jours tu mangeras des Matsot, des pains azymes, et le septième jour, sera fête en l'honneur de l'Eternel. On se nourrira de pains azymes durant ces sept jours, et il ne sera point vu chez toi de levain dans toutes possessions ». Exode section Bo 13, 6-7. Péssah dure sept jours pour ceux qui résident en Israël et huit jours pour ceux qui résident en Diaspora.
La fête de Péssah est connue sous le nom de Hag ha-Matsot, soit la fête des Matsot, mot traduit par pains azymes (Matsa au singulier), celle-ci symbolise essentiellement le joug et l'acceptation des préceptes émanent de la Torah reçu au mont Sinaï. Les sources bibliques rappellent que les Hébreux n'avaient pas eu le temps de fabriquer des pains. Ces derniers se hâtaient d'arriver au pied du mont Sinaï et étaient impatients d'accepter le Don de la Torah. Finalement, par manque de temps, ils fabriqueront des "Matsot", des galettes sans levain qui n'ont pas eu le temps de fermenter, sans Hamets, des pains azymes qu'ils emporteront avec eux lors de leur sortie d'Egypte. En règle générale, lors des huit jours de fête, il est strictement interdit de consommer, de profiter et de posséder du "Hamets". Le Hamets désigne tous les aliments ou autres produits fabriqués à partir de blé, d'orge, de seigle, d'avoine ou de leurs dérivées, ayant fermenté. Même la présence d'une infime quantité de Hamets est interdite. Conformément aux lois, l'ensemble de la maison, des habits et des biens personnels doivent être vérifié et nétoyé pour qu'il ne subsiste aucune trace du Hamets avant le 14 nissan vers midi. Celui-ci devra impérativement être détruit, c'est le Bihour Hamets. Cependant, il est permis sous certaines conditions d'entreposer des produits Hamets. Ce lieu doit être fermé et vendu par un acte de vente conformément à la loi. Les ustensiles utilisés toute l'année ne peuvent être utilisé à Péssah, ils sont considérés comme Hamets.

Cette fête symbolise aussi le temps de la libération de la nation Hébreu du joug égyptien - Zémane Hérouténou, le "Temps de notre Délivrance", marquant la parfaite acceptation des commandements divins reçus au mont Sinaï, mais aussi du refus de s'assimiler aux idoles des autres nations. Le Galout Mitsraïm - l'Exil d'Egypte est l'archétype même de tous les exils successifs que subiront le peuple hébreu, physique et spirituel.
La Torah écrite souligne que cette fête tombe également lors d'une saison, celle du printemps, et nomme la fête Hag ha-Assif, c'est à dire le "Temps de la Récolte". A ce sujet, nous vous invitons à les lire les raisons pour lesquelles certaines années comportent 13 mois dans le dossier : le calendrier hébraïque, notamment afin que Péssah tombe lors de sa saison.
Péssah et ses spécificités
En règle générale, les lois relatives à la fête de Péssah se trouvent dans le code des lois juives intitulé la Michnah – Ordre Mohed traité Péssahim, celui-ci est composé de 10 chapitres. Toutes ces lois ont été débattues, enseignées et compilées par les Maîtres Amoraïm dans le Talmud de Babylone traité Péssahim.
Les trois principaux thèmes de cette fête concernent :
1/ les lois sur le Hamets et la Matsa. Un grand nombre de lois traite spécifiquement du Hamets ; comme l’interdiction de le voir, d’en trouver, d’en posséder, d’en manger, d’en profiter et d’en garder. D'autres lois traitent de la fabrication de la Matsa.
2/ les lois concernant le sacrifice de l’agneau - le Korban Péssah - auquel les hommes et les femmes sont astreints. Saufs dans les cas ou ils sont déclarés inaptes. La principale ordonnance, c'est-à-dire l’élément déterminant de la fête de Péssah est le sacrifice de l’agneau et sa consommation par tout le peuple : voir les livres des Nombres chap. 12 - 3 à 10, et Bamidbar chap.9-3. On distingue également deux autres types de sacrifices attachés à la fête, ils sont : les deux Korban Haguigah, des sacrifices qui accompagnaient le Korban Péssah et celui du 15 nissan, et le Korban Réhyia.
3/ les lois du Séder de Péssah - c'est à dire, l'ordre dans lequel nous célébrons le repas des fêtes, avec ces spécificités citées ci-dessous. Mais préalablement à la fête de Péssah, la loi stipule de détruire toute trace de Hamets, celle-ci est ordonnée dans le verset : "tachbitou chéhor mibatékhem". Chémot 12-15. Ce précepte de la Torah ordonne que l’on soit sur que tout Hamets est détruit au moment du sacrifice de l’agneau. Les exégètes rappellent souvent que la notion de fermentation, de levain - de Hamets, symbolise le sentiment d'orgueil que l'homme doit détruire de son cœur ; afin que ne réside en son être que la Volonté du Créateur, et que l’homme parvienne à accomplir Ses préceptes dans la joie sincère. C'est en ce sens que l’annulation du levain symbolise l'abandon des vanités de ce monde, mais aussi, que l’homme conçoive qu’il n’est que poussière, comme le souligne le Rambam dans son chapitre 2-2, sur les lois Hamets et Matsa.
Le devoir de détruire concrètement le Hamets est traduit dans le Targoum (la traduction araméenne d'Onquélos et de raby Yonatan ben Ouziel), par "tévatloun", soit par l’action d’annuler. De fait, les exégètes discutent des notions qui impliquent la destruction physique du Hamets et celles d’annuler dans son cœur toute nature de Hamets, de levain, d'orgueil. C’est suite à ses discutions, que les Sages ont finalement choisi de commencer le traité Péssahim par les lois qui concernent la Bédikat Hamets, la recherche méticuleuse du Hamets, afin que celui-ci soit détruit physiquement, mais aussi dans son coeur.
La veille du 14 nissan, la coutume est de cacher 10 morceaux de "Hamets" dans chaque pièce de la maison. Puis, le père de famille procède, en présence de toute la famille, à la recherche de ces derniers à la lumière d'une bougie, avec une cuillère en bois et une plume. Lorsque la recherche du Hamets (les 10 morceaux) est terminée, il récitera : "Que tout Hamets qui se trouve en ma possession, que je n'ai pas vu ou que je n'ai pas détruit, dont je n'ai pas connaissance, soit considéré comme inexistant et sans valeur, comme la poussière de la terre".
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