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| HISTORIQUE DE VOS RECHERCHES |
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3995 / 235
235 / 268 : Les Empereurs soldats
Les Juifs abusés par Rome.
En 235, Maximin I (235/238) s'empare de l'empire. Durant toutes ces années, l’histoire de l’empire romain est marquée par une période d’anarchie politique et militaire à Rome. La dynastie des Sévères s’éteint et laisse la place à une période de troubles, de corruptions et d'incertitudes, celle des ambitieux Empereurs soldats. Lors de cette période d'anarchie, les Juifs d’Israël devront faire face aux bouleversements politiques constants des administrations romaines, ainsi qu'à l’anarchie économique et au grand banditisme. Les taxes romaines seront constamment augmentées par chaque administration et les Juifs sont obligés de payer "l’annone", devoir qui consiste à entretenir les légions qui traversent ou stationnent dans la région. Ces nombreuses affaires et abus sont à l’origine de multiples tensions civiles et de rebellions de la part des Juifs envers les administrations successives. Le Maître de la génération est raby Yohanane bar Nafha. Il transfère cette même année avec raby Yéhoudah ha-Nassi II et Reich Lakich le siège du Sanhédrine de Césarée à Tibériade. Raby Yéhoudah prendra plusieurs mesures, dont l'autorisation d’utiliser l’huile des gentils, ce qui avait été interdit par le Sanhédrine à l’époque du prophète Daniel. Il chargera raby Imy et raby Hiyah bar Aba d’évaluer le niveau d’étude de la génération et d'intensifier le développement des écoles dans tout le pays. Malgré tout, de nombreux disciples originaires des académies talmudiques babyloniennes émigreront et s’installeront en Israël, on distingue parmi eux ; raby Zyrah, raby Aba et raby Yrmyah.
4007 / 247
Empire perse sassanide.
Rav décède, Rav Hisda lui succède à Soura.
En 247, Rav, le recteur de l’académie talmudique de Soura, décède. Des sources hébraïques rappellent Rav entretenait de très bon rapport avec le nouvel empereur perse Ardacher I (226/241). Une grande partie des disciples de Rav partent pour la ville de Néhardéa. Rav Hisda lui succèdera au rectorat de Soura jusqu’en 255. En 226, le séleucide Ardacher avait fondé la dynastie Perse Sassanide (226/651) du nom de son fondateur Sassan. Celui-ci avait mit fin à l’Empire Parthe en déposant le roi Artaban V. Ardacher I se proclamera Roi des Rois à Ctésiphon et dominera tout l’Iran actuel. Les prêtres sont désormais au service du guide inspirateur et fondateur de la religion Zoroastre, et de son dieu Ahura Mazda, le seigneur de la Lumière. Ce culte est dominé par la maitrise du feu dont l’usage était interdit en dehors des Temples. Chez les sassanides, les corps des défunts ne sont pas enterrés, ils sont exposés et dévorés par les oiseaux. Depuis, toutes les nombreuses communautés juives qui résidaient dans l'ancien empire parthe, dont les académies talmudiques de Soura et Poumbédita, passent sous le giron administratif des sassanides. Sous les sassanides de nombreux conflits religieux éclateront avec les gouvernants successifs, donnant lieu à des vagues de persécutions, d'arrestations et de spoliations, qui frapperont les Juifs pendant toute la seconde moitié du V ème siècle.
4010 / 250
Dèce impose son culte par la force.
En 250 à Rome, l’empereur Dèce (249/251) ordonne que des encens brûlent désormais en son honneur dans tous les temples de l’Empire, ainsi que dans toutes les synagogues. Ce décret provoque de nombreuses révoltes parmi les judéo-chrétiens et les Juifs dans plusieurs villes de l’empire qui s'y refusent ; celles-ci seront durement réprimées par les légions romaines qui commettront de nombreuses exactions et pillages. A Alexandrie, plusieurs représentants de la communauté sont arrêtés et emprisonnés. A Jérusalem, la Xème légion romaine, Frétensis, en poste à Jérusalem par Hadrien, est remplacée par une garnison de Berbères maures. En 251, Dèce est tué par les Goths,ils mettent à sac les villes d'Athènes, de Corinthe et de Sparte. Gallus (251/253) hérite de l'empire.
250 / 290 - II ième génération des Amoraïm.
On distingue en Eretz Israël : Rabban Gamliel IV, raby Yohanane bar Nafha, Reich Lakich, raby Yossy bar Hanania, raby Eléhazar ben Padat, raby Aba bar Mamal.
Raby Eléhazar ben Padat est originaire de Babel et issu d’une famille de Cohen. Il fut un disciple de Rav et Chmouel, de raby Yohanane, de raby Hanania bar Hama et de raby Ochaya Rabah. Il s’installera vers l’an 230 à Tibériade et succèdera à Reich Lakich à la tête du Sanhédrine. Reich Lakich est né dans une famille pauvre. Il avait dû se vendre comme gladiateur et gagner une solide réputation dans ce domaine auprès des romains. Il étudiera tardivement la Torah et ses lois. Le Talmud évoque sa rencontre avec raby Yohanane bar Nafha, qui deviendra son maître et son beau-frère, et qu'ill secondera à l’académie de Tibériade.
Raby Yohanane bar Nafha est né à Tsipori. Il fut le disciple de raby Hanania bar Hama, de raby Yanaï et de raby Ochaya Rabah. Descendant de Joseph et orphelin de naissance, raby Yohanane héritera de plusieurs vignobles, dont il utilisera l’usufruit pour fonder une académie talmudique à Tibériade et où sera entreprit la compilation des règles et débats contenues dans le Talmud de Jérusalem. Suite aux décès de Rav, de Chmouel et de raby Ochaya Rabah, raby Yohanane sera considéré comme l’un des plus grands Sages de son temps. C’est lui qui fixera la règle selon laquelle lors d’une divergence d’opinion, une "Makhloket", l’auteur doit citer ses sources, et fixera la règle que l’on doit appliquer en conséquence. Il est l’auteur de plusieurs bénédictions quotidiennes et d’actes de jurisprudences. On distingue parmi ses disciples ; Rav Ami, Rav Assi, raby Abahou, raby Yossy bar Hanania, Rav Hiyah bar Rav Aba, raby Chimhon bar Abba, Rava bar Hana, Rav Aba bar Kahana et Rav Zéhiri. En 279, raby Yohanane bar Nafha décèdera. Raby Eléhazar ben Padat lui succédera au rectorat de l’académie de Tibériade, mais quelques mois plus tard, il décédera. Iguéret rav Cherira Gaon En 280, raby Imy lui succèdera, il sera secondé par Rav Assy.
On distingue en Babylonie : Rav Houna, raby Yéhoudah bar Yéhézkel, raby Yrmiah bar Aba, Rav Kahana II, rav Adah bar Ahouva, Hya bar Achi, Nahman bar Yahacov, Rav Guidel, Rav Hamnouna, raby Zyra, Rav Hanane et raby Avaouh. Raby Yéhoudah bar Nahmani, cité également dans la troisième génération. Il s'installera en Israël et siègera à Tibériade au côté de Reich Lakich.
Rav Hanane bar Rav fut l'un des disciples de Chmouel. Il sera écrit à son sujet, que Rav Hanane méritait de voir le prophète Eliyhaou se dévoiler à lui. Talmud traité Kétouvot 106-a. Il est l’auteur de l’ouvrage intitulé : "Tana débé Eliyhaou Rabah et Zouta".
Rav Hamnouna est l’un des plus prestigieux disciples de Rav. Il est à l’origine de plusieurs bénédictions insérées dans le "sidour" de "Téphilah", le rituel des prières quotidiennes.
4014 / 254
Chmouel décède, raby Yéhoudah lui succède à Néhardéa.
En 254, le recteur de l’académie talmudique de Néhardéa, Chmouel décède. Raby Yéhoudah bar Yéhézkel lui succède à ce poste. Raby Yéhoudah bar Yéhézkel né à Babel vers l’an 195, il est souvent cité dans le Talmud de Babylone sous le nom de raby Yéhoudah. Il fut l’un des disciples de Rav et Chmouel. On distingue parmi ses disciples Rabah, Rav Chmouel bar Yéhoudah, Rav Yossef et raby Zyrah.
Rav Hisda décède, Rav Houna est nommé à Soura.
En 255, Rav Houna est nommé recteur de l’académie talmudique de Soura. Rav Houna est né en 215, et est issu d'une famille d'Exilarques. Il fut un disciple de Rav Issy, de raby Yohanane, de Chmouel et de Rav. Il ne succèdera à Chmouel qu’après la mort de celui-ci. Chmouel était considéré comme la plus haute autorité de son temps et, pour une raison de respect, Rav Houna ne fut nommé recteur de l’académie talmudique qu’après trois ans de délibération. Le Rambam précise qu’il représente la 38 ème génération depuis Moïse. Quelques années plus tard, suite à la destruction de l'académie de Néhardéa, l’académie de Soura deviendra le principal centre d’étude et d’enseignement de la Torah. C’est là que se dérouleront les grands débats sur les lois et que seront fixées les règles législatives pour toute la diaspora babylonienne. Rav Houna est nommé par les Sages. Il était en compétition avec raby Yrmiah bar Aba, un disciple éminent de Rav, et raby Yéhoudah bar Yéhézkel. Raby Yrmiah bar Aba est nommé recteur de l’académie talmudique de Sounitia. Au côté de Rav Houna on distingue l’un des disciples de Rav, raby Hisda. Raby Hisda est né en 217 et est issu d’une famille de Cohen. On distingue parmi ses disciples : Ramy bar Hana, Rava et raby Zyrah. Raby Hisda est l’auteur des bénédictions dites avant la prière des Cohanim, durant les offices.
4019 / 259
Néhardéa est détruite, les Juifs s'exilent.
En 259, Papos bar Netsar (Odenath) le roi de l’antique ville de Tadmor (alias Palmyre), prend la tête de plus de 20 000 archers, puis investit et s’empare de Babel. Les palmyriens envahissent toute la Babylonie centrale, pillent et massacrent de nombreux villages où résident des communautés juives. La grande et célèbre académie talmudique de Néhardéa est détruite. Le recteur, raby Yéhoudah bar Yéhézkel, ainsi que les membres de l’académie émigrent à Poumbédita. Le récit des événements tragiques, consécutifs aux invasions et aux persécutions de Papos est mentionnée dans les ouvrages : Béréchit Rabah, Eikha Rabah et dans les traités talmudiques de Yébamot et de Kétouvot. A la tête de plusieurs disciples, l’Exilarque Rabah bar Avouha fondera une académie à Mahoza près de Néhardéa. Raby Yéhoudah bar Yéhézkel transfèrera l’académie de Néhardéa à Poumbédita qui fonctionnera jusqu'à l'an 1037. Après son décès, Rabah bar Nahmani, dit "Rabah", lui succèdera au rectorat de l’Académie. Cette ville sera pendant des siècles un important centre d’étude de Torah, la loi écrite et orale, d’où émaneront de nombreuses discussions et concertations sur l'ensemble des lois émanants de la Torah écrite et de la Michnah. De cette école également sortiront un nombre de Sages et d’enseignements talmudiques.
268 / 284 : Les empereurs Illyriens.
En 268, Gallus est assassiné à Milan. Les légions commandées par Claude II sortent vainqueur contre les Goths qui ravagent l'Illyrie et la Macédoine. Claude II (268/270) est nommé Auguste par le Sénat de Rome, il inaugure la dynastie des empereurs illyriens.
En 273, l'empereur Aurélien (270/275) s'empare de Palmyre au terme de deux années de campagne. La ville est détruite et pillée. La reine Zénobie (267/273) est déposée et emmenée à Rome.
4050 / 290
290 / 320 - Troisième génération des Amoraïm.
On distingue en Eretz Israël : Raby Yéhoudah, raby Avahou, raby Imy, raby Assi, raby Zyrah, raby Chmouel bar Nahmani, raby Chimhon bar Aba, raby Yahacov bar Idy, Hanina bar Papa et Helbo.
Raby Avahou est le disciple le plus important de raby Yohanane bar Nafha. Il est le recteur de l’académie de Césarée et juge rabbinique. Raby Avahou mènera de nombreuses missions diplomatiques auprès des autorités romaines qui sont installées à Césarée, ainsi qu’à Alexandrie. Mais également auprès des chrétiens afin d’entretenir de bon rapports avec lors des controverses. Raby Avahou est aussi connu pour la fixation de certaines règles législatives, dont les Tékihot, soit l’ordre, le nombre, et les écrits qui figurent le son du Chofar. Quelques unes de ses discutions avec les chrétiens sont relatées dans le Talmud de Babylone, traité Kétouvot, Sanhédrine et Souccah. On distingue parmi ses disciples son gendre, raby Tahalifa, raby Yona, raby Yossy et raby Yrmiah.
Raby Assi est originaire de Babel et issu d’une famille Cohen, il fut un disciple de Chmouel et de Rav. Il s’installera à Tibériade et siègera aux côtés de raby Imy.
Raby Chimhon bar Aba est né à Babel, et est parent avec Chmouel. Il s’installera à Tibériade et étudiera auprès de raby Yohanane, raby Hanina bar Hama et raby Yéhochouah ben Lévi. A la fin de sa vie, il s’installera à Damas pour des raisons professionnelles.
On distingue en Babylonie : Rav Hamnouna, raby Hisda, Rav Zira, Rabah bar Nahmani, Rav Chechèt, Rabah bar rav Hana, Rav Nahman bar Yahacov, Rav Yossef bar Hama, Rabah bar Rav Houna, Ravin, Rav Dimi, Rav Chmouel bar Yéhoudah.
Rabah bar Nahmani est souvent cité dans le Talmud sous le nom de Rabah. C’est un disciple de rav Houna, un descendant des fils de Elie ha-Cohen, et ses quatre frères sont : Raba, Rav Hanania, Rav Ochayah et Kaïlil. On distingue parmi ses disciples : Abbayé et Rava. Le Rambam précise qu’il représente la 38 ème génération depuis Moïse.
Rav Nahman bar Yahacov est né vers l’an 240 à Néhardéa, il est le beau-fils de Rabah bar Abouha. Il siège au tribunal juridique de Néhardéa. La majeure partie de ses jurisprudences est citée dans le traité Nézikin.
4053 / 293
L'Empire romain se dote de la Tétrarchie
Les Quatres Préfectures : Italie, Gaule, Illirye et Orient.
En 293, l’empereur Dioclétien (284/305) met fin à la période d'anarchie et dote l’Empire romain, devenu trop vaste, d’une nouvelle organisation politique et administrative qui porte le nom de Tétrarchie, du nom des quatres empereurs (du grec tétra ou quatre). Il découpe l’Empire en quatre zones d’influence et organise un système administratif et militaire. Désormais, chaque Auguste a pour second et pour succession son César : 1 / l'empereur et Auguste Dioclétien s’associe avec César Galère. 2 / l'empereur et Auguste- Maximien s’associe avec le César Constance-Chlore. Dioclétien place à la tête de chacune des quatres Préfectures un préfet du prétoire, dont les chefs-lieux sont Constantinople, Milan, puis Ravenne, Trèves, puis Arles. Les préfets règlent les cas de justice dans les affaires criminelles et civiles et président le Conseil impérial en présence de l’empereur. Dioclétien divise l’empire en 12 diocèses, subdivisés en 96 provinces. Chaque préfecture comprend plusieurs diocèses. Celles-ci seront plus tard dirigées chacune par un vicaire chrétien. Celui-ci est généralement un prêtre placé sous les ordres d’un évêque, qui est lui-même placé directement sous les ordres de l’Empereur. De 293 à 296, Constance entreprendra des campagnes en Gaule et en Bretagne. Maximien sera chargé de pacifier les germains et les provinces d’Afrique du Nord. Dioclétien pacifiera la Mésopotamie.
Toutefois, l’historiographie juive présente une période de 65 années qui se divisent en deux temps distincts. Les vingt premières années sont décrites comme étant favorable aux communautés juives, grâce aux bons rapports que les Sages d’Israël entretiennent avec Dioclétien. En 286, Dioclétien avait rencontré dans un village du Golan raby Yéhoudah ha-Nassi II qu’il apprécie pour sa grande sagesse. A Tibériade, il avait visité les différentes académies talmudiques et prit des mesures de sécurité favorables aux Juifs, notamment lors de leurs déplacements sur les routes. En 303 à Nicomédie, Dioclitien avait promulgué contre les nouveaux chrétiens dont les rites étaient jugés incompatibles avec l'empire, et nombre d'entre eux s'étaient réfugiés dans des synagogues. Par contre, concernant les quarante cinq années suivantes, sous le règne des Constantin, celles-ci seront plus difficiles, notamment suite à la progression influente des nouveaux-chrétiens dans la société romaine, et suite à l’adoption du Christianisme par l’aristocratie romaine et le pouvoir. Ce début de IV siècle sera marqué par les pressions fiscales, les augmentations des taxes en raison du coût des nombreuses guerres que Rome livre aux peuples barbares, du changement permanent des administrations et des dangers encourus sur les routes commerciales. Les sources mentionnent les tensions civiles dues à l’inflation des denrées alimentaires, des épidémies fréquentes, de la famine, du brigandage, et de la pratique de l’usure à outrance. De nombreuses fois, les Juifs seront contraints d’entretenir les légions stationnées dans les différentes régions de l’empire.
Poumbédita la Grande.
En 297, Rav Houna décède. Il est enterré, selon sa volonté en Israël, auprès de raby Hiya et de ses deux fils, raby Yéhézkel et raby Yéhoudah. Raby Yéhoudah bar Yéhézkel lui succèdera jusqu’en 298 à la tête de l’académie de Poumbédita, qui redevient un centre important d’étude et de concertations. Cette même année, Raby Hisda est nommé doyen de l’académie de Soura. Puis, deux ans plus tard, raby Yéhoudah bar Yéhézkel décèdera. Rabah bar Nahmani alias Rabah lui succèdera au rectorat de l’académie de Poumbédita, alors que raby Hisda sera nommé recteur de l’académie de Soura où est transféré le Sanhédrine. En 309, raby Hisda décèdera. Rabah bar Rav Houna lui succèdera au rectorat de l’académie de Soura. L’académie de Poumbédita redeviendra alors l’académie centrale la plus influente de la Diaspora.
Vers l’an 300, raby Yéhoudah ha-Nassi II décèdera. Son fils Rabban Gamliel IV lui succèdera à la tête du Sanhédrine de Tibériade. Puis, dès 305 en Galilée, plusieurs communautés juives seront attaquées et persécutées par des romains et des chrétiens. A Tibériade, les événements provoqueront le départ forcé de rabban Gamliel IV ainsi que la plupart des membres des académies talmudiques vers la ville de Césarée, où siège le Sanhédrine de raby Avahou. Tous les Sages de Poumbédita et de Soura qui avaient été dépêchés et chargés auprès des académies talmudiques d’Erezt Israël pour s’enquérir des lois et coutumes en vigueurs retournent en Babylonie. Vers l’an 307, Rabban Gamliel IV décèdera, son fils, raby Yéhoudah ha-Nassi III lui succèdera au rectorat de l’académie de Tibériade.
4071 / 311
Le Sanhédrine de Tsipori.
En 311 à Nicomédie, Galère fait du christianisme une religion officiellement reconnue dans tout l’Orient. Des centres communautaires chrétiens, parmi lesquels on distingue des "nouveaux-chrétiens" ou judéo-chrétiens, se forment dans l’Empire et en Israël, où on y construit à la hâte des temples ou Eglises. Les ecclésiastiques s’efforceront, avec le soutien de l’empereur, d’imposer des édits défavorables au culte juif. C’est aux environs de cette date que l’académie talmudique de Tibériade ouvrira à nouveau ses portes, sous la direction de raby Mani, raby Yona et raby Yossy. Mais suite aux médisances des ecclésiastiques auprès des autorités romaines, l’académie sera de nouveau fermée pat les autorités. Raby Mani, accompagné de ses disciples, se rendra à Tsipori auprès de raby Hanina, qui lui laissera la présidence par respect. L’académie de Tsipori deviendra alors l’académie centrale et le lieu où siège le Sanhédrine des Juifs d'Israël. Cette période de l’histoire est marquée par la multiplication de campagnes d'évangélisation et de prêches publiques des Chrétiens à l’encontre des Juifs. Mais également, par la succession de Conciles défavorables aux Juifs et au Judaïsme. De nouvelles formes d’oppositions au Judaïsme apparaitront, ainsi que des provocations des théologiens de la nouvelle Eglise médiévale contre les coutumes des anciens judéo-chrétiens, ou encore contre les Juifs qui ont conservés leur attachement aux lois de Moïse. Ils seront accusés de tous les maux possibles, et, selon une théorie répandue dans l’empire, que la mission évangélique consiste à effacer toute trace du Judaïsme. Des milliers de Juifs de l’empire, inquiétés par l’intensification des campagnes d’évangélisation, émigreront vers la Gaule où l’Espagne, car ils y bénéficient encore des droits acquis par la Constitution Antonine. D’autre part, dans ces régions, la christianisation est quasi inexistante. En 312, lors de la bataille du pont de Milvius sur le Tibre, Constantin et Licinius écrasent les légions de Maxence.
En 313 à Milan, les empereurs Constantin I et Licinius optent pour le christianisme par l'édit de Milan, qui établit la liberté relgieuse. Par ce nouvel Edit, Constantin I et Licinius confirmeront et renforceront l’édit de Tolérance de 311 vis-à-vis des chrétiens. Le 8 octobre 315, Constantin I promulguera un décret qui menace de livrer aux flammes tout Juif qui dialoguerait de la foi avec un "nouveau-chrétien", un Juif converti au christianisme, ou qui entreprendrait de le faire revenir aux valeurs du Judaïsme. Le 11 décembre 315, il ordonne aux chefs des Municipes de l'empire de taxer les Juifs pour les travaux de rénovation et d'édification de Constantinople, l'antique Byzance. Celle-ci connaitra alors un essor considérable. Le 18 avril 321, Constantin I renouvelle pour la seconde fois un édit qui offre la liberté aux domestiques au service des Juifs, à condition qu'ils se convertissent au christiannisme. En 323, à la suite de multiples prêches antijudaïques par des clercs, de nombreuses familles juives d'Israël s'exilent en Babylonie, dont raby Yossi. Des centaines de familles sont arrétées, battus et spoliées par les romains et les chréteins, des synagogues sont brûlées et pillées. En 324, Constantin I tue son beau-frère Licinius suite à sa défaite à la bataille de Chrysopolis et s'empare seul de l'empire.
4080 / 320
320 / 350 - Quatrième génération des Amoraïm.
On distingue en Eretz Israël : Hillel II, raby Yossi ben Zévida, raby Yirméya, raby Haggaï, raby Helbo, raby Aha, raby Adin, raby Samuel ben Ammi, raby Hanina ben Isaac, raby Hanina bar Aha, raby Hanin, raby Yudan, raby Huna, raby Hasdaï, raby Yehoudah bar Simon, raby Aibo, raby Yehochoua ben Néhémya.
Raby Yirméya est originaire de Babel, il fut l’un des disciples de raby Zyrah. Il s’installe à Tibériade et participe à de nombreuses délégations auprès des autorités romaines concernant des décrets. On distingue parmi ses disciples Rav Hyzkiah, Ravin, Rav Its’hak bar Yossef et Rav Dimi.
Raby Haggaï est originaire de Babel, il est l’un des responsables de l'académie de Soura auprès de Rav Houna. Il s’installera en Israël et étudira auprès de raby Zyrah.
On distingue en Babylonie : Abbayé, Rava, Rami bar Hama, Rav Ada II bar Ahavah, Rav Safra, Rav Itzhak bar Yossef, Rav Idi bar Avin I, Rav Dimi, rav Nahman bar Itzhak et rav Nahman bar Hisda.
En 320, Rabah bar Nahmani décède, Rav Yossef bar Hama lui succède au rectorat de l’académie talmudique de Poumbédita. Rav Yossef est surnommé "Sinaï", tant son savoir dans tous les domaines de la Torah est immense. La Tradition lui attribue la compilation de la traduction araméenne des livres des Chroniques I et II, "Divré ha-yamim". Il tombera malade et deviendra aveugle. Il est le père de Rav Nahman. En 322, le recteur Rav Yossef bar Hama décèdera, et Abbayé sera alors nommé recteur de l’académie talmudique jusqu'en 337. Né en 277, et orphelin à sa naissance, Abbayé ben Kaïlil est élevé par son oncle Rabah bar Nahmani. A cette date, les communautés juives sont soumis aux pressions et persécutions de roi perse sassanide Châhphur II (310/379). Certains Recteurs d'académies seront arrêtés et emprisonnés. En 337, Abbayé décèdera. Rava bar Rav Yossef bar Hama lui succèdera au rectorat de l’académie talmudique de Poumbédita. Celle-ci sera transférée à Mahoza en 338. Rava bar Rav Yossef bar Hama est né en 299, il est l’un des disciples de Rabah ; lorsque le Talmud cite le nom de Rava sans aucune autre mention, c’est de lui qu’il s’agit. Le Rambam précise qu’il représente la 39 ème générations depuis Moïse. Il est le gendre de son maître, raby Hisda. Ses deux fils sont Rav Yossef et Rav Micharchia.
4085 / 325
Constantin Ier officialise le Christianisme et légifère contre les Juifs
En 325 à Nicée, l’Eglise romaine est convoquée sur ordre de Constantin I (324/337), à la demande de trois évêques ; Osio d’Espagne, Paul de Constantinople et du pape Sylvestre de Rome (314/335). Ce dernier, depuis dix ans, menaçe lors de violents sermons tout ceux qui fréquanterait les Juifs et discuterait de la foi. Toutefois, depuis la fin du premier siècle, de nombreuses sectes seront en désaccord sur l’interprétation qu'il faut accorder au "Mystère de Jésus". C’est la première Grande Assemblée de l’histoire de l’Eglise ou Concile, celui-ci se tient volontairement dans une ville dont le nom veut dire Victoire ou Nicée ; elle est composée des patriarches et de prêtres venus de Gaule, de Germanie, de Libye, de l’Asie, de Mésopotamie, de Galicie, de Phénicie, de Pamphylie, de Phrygie, de Thrace, de Macédoine, d’Espagne, d’Israël, d’Egypte, de Perse etc. La nouvelle assemblée ou "Ecclésia" en latin, ou Eglise, d’où sont issus les Pères de l’Eglise ainsi que les écclésiastiques, forme une hiérarchie dont le Pape est le sommet. La vocation de ce concile est principalement de mettre un terme à une polémique entre les thèses d’Arius, un farouche opposant aux concepts et dogmes des chrétiens et à l’origine de l’arianisme, et celle de l’évêque Alexandre. Mais également, afin d'enrayer les retour au Judaïsme de nombreux "nouveaux chrétiens" ou la convertion de romains. A la suite de ce concile très controversé, et suite aux multiples querelles entre théologiens, les évêques, Eusèbe de Nicomédie et Théognios de Nicée seront exilés en Gaule, leurs écrits seront recherchés et brûlés. Le concile excommuniera Arius et ses disciples, ils seront bannis de la ville d’Alexandrie par Constantin I.
Le Sénat romain officialise les évêchés de Rome, de Jérusalem, d’Alexandrie, d’Antioche et de Constantinople. Toutes les tendances et sectes naissantes, divergentes les unes des autres, hormis les concepts définis par le christianisme sont désormais prohibées, et déclarées hérétiques. Leurs exégètes seront combattues jusqu'à leurs éradications pendant plusieurs siècles, on distingue parmi ses sectes : les Manichéens, les Pauliciens, les Montanistes, les Eunomiens, des Marcionistes, des Bardesaniens, les Ariens, les Ebionites, et plus tard les Eutychiens, les Pélagiens, les Priscillianistes, les Sabéens, les Nestoriens, les Melkites et les Jacobites.
Constantin I interdit aux membres du Sanhédrine d’Israël de faire parvenir des missives aux Juifs de la Diaspora, les communautés qui vivent en dehors de la terre d’Eretz Israël, afin de porter à leurs connaissances la date de célébration de la fête de Péssah. Par cet interdit, il affaiblit le pouvoir du Sanhédrine et empêche que les Juifs célébrent en leurs temps les trois fêtes annuelles, les Chaloch Régalim, selon les lois juives. Il interdit également aux membres du "Vahad ha-Hibour", les Sages et législateurs spécialisés dans la science du calendrier hébraïque, de se réunir, d’envoyer des émissaires auprès des communautés juives, afin de les rendre incapable de fixer le jour du Roch-Hodech, le premier jour du mois hébraïque. Pour s'être plaint de ces mesures, certains grands Sages seront emprisonnés et dépouillés de leurs biens.
En 326, sur ordre de Constantin I, l’Eglise du Saint-Sépulcre est érigé à l’emplacement du temple que les Romains avaient édifié en l’honneur de leur dieu Venus, puis, il renouvelle l’interdit de séjour des Juifs à Jérusalem en vigueur depuis Hadrien. Pendant plusieurs siècles, cette église deviendra le lieu de pèlerinage des chrétiens d’Occident et d’Orient, mais aussi, un lieu interdit aux Juifs sous peine de mort. Pendant 288 années, les Juifs seront interdits de séjour à Jérusalem ; ils ne seront autorisés à y venir prier qu’un seul jour par an, moyennant une taxe parfois exorbitante. Durant cette période d’évangélisation, à l’instigation des patriarches et des évêques, les Juifs d’Orient subiront de nombreuses persécutions et humiliations, et leurs synagogues seront le plus souvent détruites. Puis en 327, débute à Rome les travaux de construction de la basilique St Pierre.
Le 21 octobre 335, un décret de Constantin I ordonne à Félix I, préfet du prétoire d’Afrique (333/336), d’enrayer la vague de conversion au Judaïsme qui était courante à cette époque. Il interdit la circoncision d’esclaves païens et de nouveaux chrétiens, puis, il accorde le privilège de la liberté même à ceux qui ce sont circoncis avant ce décret. Afin de favoriser l’abandon de la foi juive il ordonne : " Qu’il ne soit pas permis à un Juif qui a circoncis un esclave, qu’il soit chrétien ou de tout autre secte, de le maintenir dans son service d’esclave. En vertu de la même décision, nous prescrivons : si un juif s’ouvrant l’accès à la vie éternelle s’est donné au saint service et a choisi d’être chrétien, qu’il n’ait à souffrir de la part des Juifs, ni troubles, ni sévices. Si un juif s’imagine qu’il peut s’en prendre à un Juif devenu chrétien, nous voulons que l’auteur de cet outrage soit soumis à une peine proportionnée au crime perpétré, ô Felix, très cher père. C’est pourquoi pour l’amour de la Divinité, nous lui promettons notre protection sur toute l’étendue de l’empire romain où nous est due la vénération requise et nous voulons que Ton excellence Sublimité par des lettres multipliées dans tout le diocèse qui t’est confié, engage instamment les juges à entretenir cette révérence requise ".
En 337, Constantin I décède. Ses trois fils, Constance II, Constantin II et Constant se disputent l'empire. Alors que Constantin II (337/340) s'empare de l'empire d'Occident, Constance II (337/361) s'empare de l'Orient, avant de devenir l'unique empereur en 350. Il nomme César le neveu de Constantin I, qu'il charge de réprimer les révoltes des Francs et des Alamans en Gaule.
4110 / 350
350 / 375 - Cinquième génération des Amoraïm.
On distingue en terre d"Israël : Hillel II ben raby Yéhoudah III, raby Mani, raby Yossy bar Zévida, raby Yossy bar Hisda, raby Tanhouma bar Aba, raby Hanina de Tsipori.
Raby Tanhouma est l’un des disciples de Rav Houna et de raby Yéhoudah bar Chalom. Orateur célèbre des académies talmudiques d’Israël, maître en "Agadah", raby Tanhouma bar Aba est l’auteur de l’ouvrage intitulé "Midrach Tanhouma". C’est lui qui clôturera la rédaction des textes midrachiques, qui avait été entrepris à l’époque du Second Temple de Jérusalem.
Rome provoque les Juifs.
En 351 en Judée, et au-delà, dans plusieurs villes d'Israël, les Juifs se révoltent contre les décrets émanent du Sénat romain. Rome exige des Juifs que des sacrifices soient offerts aux divinités imposées par Rome. Lors de cette période de persécutions qui s'étalera sur trois années, des chefs des communautés juives seront arrêtés, persécutés et humiliés par les romains et des chrétiens, notamment lors de la cérémonie d’investiture du Patriarche. Les Juifs se soulèveront dans tout le pays et s’empareront de l’arsenal militaire afin de repousser les romains. Soutenus par les légions romaines, des chrétiens lanceront une campagne de christianisation dans tout Israël. Le nouveau César d’Orient Gallus, le neveu de Constance II, prend la tête de la répression. Les légions romaines investiront les villes de Séphoris (Tsipori), de Tibériade, de Lod et d’autres localités, causant le massacre de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants. Les maisons sont pillées, détruites et incendiées. Certains des membres de l’académie de Tsipori parviennent à s’enfuir à Babel. En Galilée, les persécutions et pillages sont menées par le général Ursinicus. L’académie de Beth-Chaharim est détruite quelques temps plus tard et les disciples exilés. Cette même année, l’autorité juridique suprême de Tibériade, raby Yéhoudah ha-Nassi III décède. Le 3 juillet 353, afin de mettre un terme aux conversions au Judaïsme, un édit de Constance II adressé à Thalassius (351/353) préfet du prétoire d’Orient ordonne que : " Conformément à la vénérable loi établie, si quelque chrétien est devenu juif et prend part à leur conventions sacrilèges, dès lors que l’accusation aura été prouvée, nous ordonnons que ses biens soient confisqués ".
On distingue en Babylonie : Rav Papa, Rav Papi, Rav Houna bar Yéochouah, Rav Kahana IV, Rav Hama, Rav Zavid, Rav Michrachia, Rav Dimi.
En 352, Rava bar Rav Yossef bar Hama décède. A la suite de son décès, l’académie talmudique de Mahoza se scindera en deux courants : une partie des disciples suivra l’un des Maîtres, rav Nahman bar Itshak, vers Poumbédita. Vers 357, d’autres de ces disciples fonderont une académie avec Rav Papa, dans la ville de Narach près de Soura. Là, se distingueront deux célèbres Amora : Ravyna I et Rav Achi, et où, Rav Houna prendra la place honorifique de "Reich Kalah". En 357, Rav Nahman bar Itzhak décèdera. De 357 à 377, Rav Hama lui succèdera au rectorat de l’académie de Poumbédita. En 364, Châhphur II transfert plus de 7 000 juifs vers les villes intérieurs de l'empire perse.
4119 / 359
Hillel II fixe le calandrier.
En 359, Hillel II ben raby Yéhoudah III entreprend la rédaction du calendrier hébraïque, suite aux décisions prises à l'encontre de celui-ci lors du concile de Nicée sous l’autorité de Constantin I. Par ces décrets, il avait été rendu impossible pour les Juifs de recevoir des messagers des différentes régions de la terre d'Israël et ainsi d’annoncer la date de la nouvelle lunaison, le "Molad". Ces décrets avaient été aggravés par des mesures prises par Constance II. Ce dernier tentait ainsi d’empêcher la célébration en temps réel des fêtes de Kippour et de Péssah par les Juifs qui résident en dehors de la terre d'Israël.
4121 / 361
Julien reçoit Hillel II à la tête d'une délégation.
En 361 à Antioche, l’empereur Julien monte sur le trône de l'empire. Il est le neveu de Constantin I et le demi-frère de Galus. En décembre à Constantinople, Julien promulgue un édit de Tolérance. Il décrète de nouvelles directives dans lesquelles il autorise à nouveau les Juifs de se rendre à Jérusalem pendant les pèlerinages des trois grandes fêtes juives annuelles, à Péssah, Chavouhot et Souccot, lors des "Chaloch Régalim". Puis, en juillet 362, Julien reçoit officiellement une délégation juive à Antioche à la tête de laquelle on distingue Hillel II. Lors de l'entrevue, l’empereur leur fait part de sa volonté d'autoriser la reconstruction du troisième Temple de Jérusalem. Toutefois, cette décision, qui ne fait pas l'unanimité auprès des grands maitres et membres du Sanhédrine, suscitera le retour de nombreux Juifs de la Diaspora. Le projet provoquera la colère des chrétiens que Julien n’estime guère. Il libère des prisons tous les "nouveaux chrétiens" qui avaient été jugés tels des hérétiques, du fait qu'ils étaient retournés au Judaïsme, affichant de fait son désacord avec le pouvoir qu'exerce l’Eglise.
Dans une lettre intitulée "Aux Juifs", adressée aux membres des communautés juives de l’Empire, Julien écrit : " La perte de votre indépendance vous a causé dans le passé une profonde affliction, mais vous avez certainement souffert plus vivement encore des nouvelles taxes que mes prédécesseurs vous imposaient sans cesse, à votre insu, et des amendes considérables que vous étiez contraints de verser dans le trésor impérial...vous étiez menacés d’un nouvel impôt, je l’ai supprimé et vous ai ainsi protégés contre une nouvelle iniquité; de mes propres mains, j’ai jeté au feu une liste trouvée dans les archives et contenant les contributions extraordinaires qui pesaient sur vous ".
Une vive polémique éclate à propos de la construction du Troisième Temple entre les recteurs de plusieurs académies talmudiques ; entre ceux qui souhaitent avant toute chose que soit restauré la royauté de David, et donc opposés au projet de reconstruction, et ceux qui soutiennent que le Troisième Temple de Jérusalem peut être construit avant l’établissement de la royauté du "Machiah", le Messie. Cette même année, les travaux de reconstruction du Temple débutent et prennent fin subitement. L'architecte romain Alypius, celui qui avait été chargé des travaux, fait un rapport étrange au Sénat de Rome. Il avait évoqué des événements surnaturels qui s'étaient déroulés à Jérusalem et qui avaient empêchés la poursuite des travaux. Diverses sources, notamment chrétiennes, font état de tremblements de terre et de boules de feu jaillissant de terre, d’autres parlent d’un incendie volontaire et d’actes de sabotage perpétrés par des chrétiens afin d’apeurer les païens. Mais l'empereur Julien, n’a pas eut le temps de prendre connaissance du rapport, il est mort en juin au cours d’une bataille contre les Parthes. La tentative des Juifs de séjourner à Jérusalem échoue. Ils sont de nouveau chassés de Jérusalem par les romains et les chrétiens sous le règne de Jovien (363/364).
Cloture du Talmud de Jérusalem : Vers l'an 368 en Israël, tous les Enseignants et Maîtres Amoraïm des académies talmudiques de Séphoris (Tsipori), de Tibériade, de Césarée, de Lyda et de tout Israël se réunissent à Tibériade. A cette grande occasion, et au terme de plusieurs années d’études et de concertations, est clôturée la rédaction des enseignements oraux transmis depuis Moïse. L'ouvrage est publié sous l’intitulé de Talmud Yérouchalmi - soit le Talmud de Jérusalem. Bien que raby Yohanane bar Nafha soit décédé un siècle plus tôt, la tradition lui attribue la paternité du Talmud de Jérusalem, tant son nom est cité dans plusieurs règles d’usages. La date proposée est approximative.
375 / 425 - Sixième génération des Amoraïm.
On distingue en Babylonie : Rav Achi, Amimar, Mar Zoutra, Rav Kahana, Ravyna I, raby Ymar, Rav Houna, Raphram I.
Rav Achi est né en 352, il fut un disciple de Rav Kahana et de Rava. Le Rambam précise qu’il représente la 40ème génération depuis Moïse. Il dirigera l’académie talmudique de Mata Hassia pendant près de 60 années, et entreprendra à Soura dès l’an 378, avec plusieurs de ses disciples, la compilation des discussions entérinées par ses prédécesseurs concernant les règles législatives. Le Talmud de Babylone traité Baba Batra témoigne que Rav Achi a enseigné deux fois dans sa vie l’ensemble des textes de la "Guémara", soit les enseignements de ses prédécesseurs, sur l’ouvrage de législation la Michnah.
En 376 à Narach, rav Papa décède. En 377 à Poumbédita, Rav Hama bar Yéochouah décède. De 377 à 385, Rav Zavid lui succèdera au rectorat de l’académie. En 385, Rav Zavid décèdera. De 385 à 388, Rav Dimi de Néhardéa lui succèdera au rectorat de l’académie talmudique de Poumbédita. En 388, Rav Dimi décède. De 388 à 396, Raphram I bar Papa lui succède au rectorat de l’académie. En 394, Raphram I bar Papa décèdera. De 394 à 411, Rav Kahana bar Tahlifa lui succèdera au rectorat de l’académie talmudique de Poumbédita.
Les Juifs sous la pression de Théodose I, et des chrétiens.
Le 22 septembre 384, un édit de l'empereur d'Orient, Théodose I, interdit aux Juifs sous peine de mort, de pratiquer la circoncision à des domestiques païens qui désirent se convertir au Judaïsme. A cette date, grâce à Théodose I en 380, le christianisme est officillement depuis quelques années la religion de l'Empire romain. Les convertions des domestiques ou esclaves étaient apparemment courante dans l'Empire romain ; généralement ce sont des païens qui souhaitaient bénéficier des lois juives, sans pour autant se convertir à la foi des chrétiens. Celles-ci leur permettaient dans certains cas de retrouver la liberté individuelle au terme de quelques années ou de jouir d'un meilleur confort.
En 386, Jean I le Prédicateur est ordonné prêtre à Antioche. En 398, il sera élu Patriarche de Constantinople et prêchera pour une rupture radicale avec les traditions du Judaïsme, sur la base des écrits de Paul. Il est l’auteur de nombreuses calomnies à l’égard des lois juives, et critiquera avec véhémences les réunions dans les synagogues auxquelles participent aussi des judéo-chrétiens : " Je hais les Juifs parce qu’ils violent la Loi. Je hais la synagogue parce qu’elle a la Loi et les Prophètes. C’est le devoir de tous chrétiens de haïr les Juifs ".
En 388, l’évêque de Callinicium (la ville de Rakka) excite la population contre les Juifs et brûle une synagogue. Théodose I, suite aux plaintes des Juifs, accepte sa reconstruction et la condamnation des auteurs du délit. Mais son conseiller Ambroise, et évêque de Milan, tente de le faire revenir sur sa décision au nom de son titre d’empereur et de roi chrétien, au nom des intérêts de la religion et au nom du droit public : "..ce n’est pas la peine de tant s’émouvoir ni de châtier si sévèrement une population parce qu’un édifice a été brûlé...et encore moins quand c’est une synagogue, c’est-à-dire un lieu de perfidie, une maison d’impiété..tu procureras à des Juifs ce triomphe sur l’Eglise..". Ambroise menace de ne plus célébrer d’eucharistie en présence de l’empereur qui annule immédiatement le châtiment annoncé. Cette même année, Philaster, évêque de Brescia, incite les romains à brûler une synagogue.
En 392, Théodose I, associé à ses fils Arcadius et Honorius, devient le maître de l’Empire. Le 17 avril 392, un édit de Théodose I et d’Arcadius adressé à Tatianus (388 / 392) préfet du prétoire d’Orient ordonne : " Les plaintes des Juifs assurent que certains ont été réintégrés dans leur secte par l’autorité des juges, malgré les primates, protestant de leur Loi, qui les ont exclus de par leur jugement et volonté. Nous ordonnons que cette violation soit empêchée définitivement, à savoir qu’un parti obstiné de cette superstition n’obtienne pas le moyen de leur réconciliation injustifiée, à l’aide de l’autorité d’un juge ou bien de l’obtention indue d’un rescrit, contre la volonté des primates, lesquelles sont manifestement habilités selon les dispositions des clarissimes et illustres Patriarches, à émettre des sentences concernant leur religion ". Le 8 novembre 392, un édit de Théodose I interdit dans l’Empire la pratique du culte païen, en public et en privé. En 394, il ordonne la fermeture de tous les temples païns dans tout l'empire.
Le 29 septembre 393, un édit de Théodose I et d’Arcadius adressé à Addeus, comte et maître des deux milices d’Orient, ordonne suite aux persécutions et exactions des chrétiens contre les Juifs, et à la destruction de synagogues : " Il est suffisamment établi que la secte des Juifs n’est interdite par aucune loi..d’ou nous sommes gravement indisposés, de l’interdiction de leurs assemblées dans certains lieux. C’est pourquoi ta sublime grandeur, dès la réception de cet ordre, empêchera avec la sévérité qui convient les excès de ceux qui, sous couvert du nom de la religion chrétienne, se risquent à des actes illicites et entreprennent de détruire et de spolier les synagogues ".
4155 / 395
395 / 637 : Israël sous le joug des byzantins.
Les Juifs face aux calomnies et pressions de l'Eglise
En 395, l'Empire romain est définitivement divisé en deux empires distincts : Honorius (395/423) régne sur l'Empire d'Occident (395/476), alors qu'Arcadius (395/408) régne sur l'Empire d'Orient (395/1453). Désormais, les Juifs de Judée, de la Samarie et de la Galilée dépendent de l’administration des empereurs d’Orient dit Byzantins. La capitale de l'Empire d'Orient est établie à Constantinople. Jusqu'en 1453, seize dynasties byzantines se succèderont. Cette étape de l'histoire du peuple juif durera 242 ans avant que ne se lève un nouveau conquèrant sur la terre d'Israël et Jérusalem en 637. Un édit des deux empereurs reconnaît les mêmes privilèges juridictionnelles aux dignitaires de l’Eglise ainsi qu'aux membres des Sanhédrines, les Tribunaux rabbiniques des Maîtres Amoraïm. Mais en 398, sous la pression des ecclésiastiques, un édit limitera les compétences rabbiniques aux seuls litiges inter-religieux, en signe d'infériorité à l'Eglise. Le 11 avril 399, l’or coronaire, soit l’impôt qui était prélevé sur tous les Juifs de l’Empire pour le "Nassi", le Président du Sanhédrine, est annulé par Honorius. Il est détourné pour le compte de l’impôt royal. L’envoi d’émissaires juifs dans l’empire pour récolter des fonds de soutien aux académies talmudiques est interdit. Mais en 404, suite aux plaintes et aux boulversements, par décret d’Honorius, l’impôt de l’or coronaire est de nouveau versé au Nassi, rabban Gamliel VI, sur une décision du Sénat de Rome.
Les communautés juives résidents en terre d'Israël sont placées sous le commandement militaire unique. La terre d'Israël et les régions avoisinantes sont découpée en trois zones administratives. Les noms de ces zones sont tirés du terme en usage chez les romains et les grecs depuis Hadrien, à savoir : Palestine, ce sont : 1/ Palestina Prima, comprenant la Judée, la Samarie et la Pérée. 2/ Palestina Secunda, comprenant la Galilée, la décapole et Scythopolis. 3/ Palestina Tertia, comprenant les contrées des provinces Arabes, avec Pétra comme capitale et grand carrefour commercial. Les Juifs de l’époque byzantine sont souvent mentionnés dans l’histoire sous le nom de "Romaniotes", et peuvent exercer toutes les professions. Les plus hautes charges de l’Etat, ainsi que l’engagement dans la milice, leur seront interdits par les édits des empereurs successifs, sous la pression constante de l’Eglise byzantine. Durant toute cette période, les évêques chrétiens s’efforceront de ridiculiser le Judaïsme et d’humilier les Juifs. Les communautés juives d'Egypte et de la péninsule arabique passe sous l'autorité des gouverneurs de l'Empire d'Orient.
Les Juifs accusés de déicide. En 396, Augustin est nommé évêque d’Hippone (Bône dans le Maghreb). Il fut converti au christianisme par son maître et évêque de Milan, Ambroise. Il est l’auteur des ouvrages "La Cité de Dieu" et "Les Confessions". Il est à l’origine du mythe selon lequel les Juifs ont tué Jésus et sont donc coupables de déicide, d'avoir tuer dieu : "..les Juifs qui le tuèrent et refusèrent de croire qu’il devait mourir pour ressusciter ensuite furent plus durement châtiés que lui par les romains...". Les premiers pères de l’Eglise médiévale diffuseront la théorie selon laquelle l’empereur Vespasien serait venu sur terre uniquement pour punir les Juifs et détruire le Temple. C’est principalement sur cette accusation de déicide que pendant près de 17 siècles, des ecclésiastiques et des chrétiens vont massacrés au cours d’émeutes ou d’autodafés, des milliers de Juifs, et trouver un prétexte à la calomnie du crime rituel. Malgré ses écrits diffamatoires à l’égard des pratiques des fêtes juives, Augustin écrit : "..Les Juifs biens qu’ils aient été vaincus par les romains, n’ont pas été perdus pour autant. L’ensemble des nations qui sont asservies à Rome ont accepté les lois romaines, mais ce peuple vaincu qui continue à s’en tenir à ses propres lois a conservé le respect des traditions ancestrales dans tout ce qui concerne le service divin ".
4168 / 408
L'empereur chrétien Théodose II légifère contre les Juifs.
Le 29 mai 408, l'empereur d'Orient, Théodose II (408/450) légifère contre la fête de Pourim, sous prétexte que celle-ci cause du tort à l'état et aux chrétiens. Le 20 octobre 415, suite à la pression des chrétiens, Théodose II rappelle à l’ordre les communautés juives qui ont construit de nouvelles synagogues, et menace ceux qui pratiquent la circoncision à leurs domestiques. Il menace de transformer les nouvelles constructions en des églises et de retirer certains droits aux membres du Sanhédrine. La loi interdit l’embellissement des synagogues, à l’exception de celles qui risquent de s’effondrer. Les litiges entre Juifs et Chrétiens dépendent désormais des tribunaux civils. Cette même année, le Patriarche orthodoxe chrétien Cyrille, appelle dans ses sermons à l’expulsion des Juifs d’Alexandrie. Mais le 6 août 420, à la suite de nombreux troubles et prêches antijudaïques, l'empereur notifiera aux chrétiens que les synagogues ne peuvent être détruite sans motifs valables. Le 15 février 423, à la suite de nombreuses plaintes émises par les Juifs à l'encontre des Chrétiens, Théodose II renouvelle par trois fois des édits contre les persécutions et les violences perpétrées par des chrétiens envers les communautés juives. Ces derniers détruisent les synagogues et les remplacent par des églises. Un édit interdira aux Juifs de construire de nouvelles synagogues ou de restaurer les anciennes, sauf si elles menacent de tomber en ruine. Les contrevenants encourent de graves condamnations. Mais le 30 mai 429, Théodose II abroge le statut de "Nassi" ou président du Sanhédrine. Il destitue rabban Gamliel VI et supprime l’impôt de l’or coronaire que ce dernier percevait jusqu’à présent, en le détournant au profit des caisses de l’Etat. Il décrète la création de deux Sanhédrines, ou Tribunaux rabbiniques, qu'il place dans les deux provinces romaines nommées "Palestina Prima" et "Secunda" ; leurs membres auront la charge des Juifs auprès des autorités locales. Il renouvelle le décret le bannissement des Juifs de Jérusalem, décrète contre la pratique du Judaïsme dans tout l’empire et interdit la construction de nouvelles synagogues. Cette année, l'empereur fonde l'université chrétienne de Constantinople et entreprend la rédaction du code théodosien qui sera publié en 438. Celui-ci comprend toutes les constitutions impériales et décrets depuis Constantin I. Le Judaïsme est toléré et controlé par l'Eglise romaine, les Juifs sont stigmatisés comme des êtres inférieurs et interdits des fonctions publiques, et les membres des Tribunaux rabbiniques sont confrontés aux nombreuses lois restrictives. Le 31 janvier 439, par décret l'empereur interdira aux Juifs de participer aux conseils d'administration et à la défense des cités.
En 411 à Poumbédita, Rav Kahana bar Tahlifa décède. De 411 à 414, Mar Zoutra lui succède au rectorat de l’académie. En 414, Mar Zoutra décèdera. De 414 à 419, Rav Aha bar Aba lui succèdera au rectorat de l’académie talmudique. En 419, Rav Aha bar Aba décèdera. De 419 à 433, Rav Guévia de Beth kétil lui succèdera au rectorat de l’académie. En 422, Ravyna I décèdera.
425 / 460 - Septième génération des Amoraïm.
On distingue en Babylonie : Marymar, Raphram II, Mar Houna bar Rav Achi, Rav Aha Médifati, et Ravyna II.
En 427, Rav Achi décèdera. Il est considéré comme le dernier grand Amora et Maître de l'académie de Soura. De 427 à 432, Marymar lui succèdera au rectorat de l’académie talmudique. En 432, Marymar décèdera. De 432 à 455, Rav Idi bar Avine lui succèdera au rectorat de l’académie talmudique de Soura. En 447, le roi sassanide Yzdgard II (438/457) décrète contre les Juifs et entreprend une vague de persécutions à l'encontre des communautés juives de l'empire perse. De nombreuses délégations juives rencontrent les autorités afin de les en dissuader. De 455 à 469, Mar Houna bar Rav Achi sera nommé recteur de l’académie talmudique de Soura. Il est aussi surnommé Taviomya.
En 433, Rav Guévia de Beth-Kétil décède. De 433 à 443, Raphram II lui succèdera à l’académie talmudique de Poumbédita. Le "Reich Kalah" est à cette époque Rav Abahou. En 443, Raphram II décèdera. De 443 à 456, Rav Réhoumaï lui succèdera au rectorat de l’académie talmudique de Poumbédita. En 456, Rav Réhoumaï décèdera. De 456 à 474, Rav Sama bar Aba lui succèdera au rectorat de l’académie talmudique de Poumbédita. Cette année, le roi interdit l'observance du jour du Chabat dans tout l'empire perse.
Grand synode à Babel et clôture du Talmud de Babylone.
Le "Talmud Bavly" comprend : la "Michnah", la "Guémara", la "Aggadah", les "Braïtoth" et la "Tossefta".
C'est vers l’an 427, en Babylonie, que des centaines d’Amoraïm, les maîtres et disciples des plus grandes Académies talmudiques d’Israël, de Soura, de Néhardéa, de Poumbédita, de Perse et de tout l’Empire romain, se réunissent à Babel afin d'achever la rédaction du Talmud Bavly, ou Talmud de Babylone. La responsabilité de ce travail, d'établir un ouvrage selon l'ordre de chaque traité de la Michnah correspondante, est remise aux deux grands maîtres Ravina II et Rav Achi : " Rav Achi et Ravina ont classé définitivement les enseignements des Amoraïm qui les ont précédés ". Traité Baba Métsia Réfce ??? Toutes les règles issues de la Loi orale et reçues au mont Sinaï par les Enfants d'Israël ont été classées et compilées par les Amoraïm après des siècles de discussions dans les Académies talmudiques, les "Baté Midrachot". Toutes ces discussions ont pour but d'expliquer le sens premier de la Michnah et d'en approfondir sa compréhension. L'ensemble de ces débats porte le nom de Guémara, terme qui dérive du verbe "enseigner", en araméen. Le texte de la Guémara est découpé en Souguioth (Souguia , au singulier). Chaque Souguia expose et analyse un extrait de la Michnah ou un sujet précis, voir un thème particulier ou une problématique définie, ou même le détail d'une loi.
Tous ces enseignements sont écrits dans un dialecte hébraïco-araméen et disposés à la suite des règles qui constituent le corpus de la Loi orale, c'est-à-dire la Michnah. Le texte talmudique, ou Guémara, analyse tout d'abord chaque alinéa de la Michnah, identifie ensuite les sources de la Michnah dans la Loi écrite et la tradition orale, expose les différentes opinions des Amoraïm puis détermine finalement la Halakha. Ce dernier terme définit la "Voie à suivre", c'est-à-dire la conclusion de la loi à appliquer en chaque circonstance. Une "Halakha" est également une loi explicite transmise telle quelle, de génération en génération. Néanmoins, dans certains cas particuliers, la Souguia n'aboutit à aucune conclusion en matière de "Halakha". Il faut alors consulter les ouvrages des Richonim (Autorités rabbiniques et décisionnaires de l'époque du Moyen Age) pour savoir comment trancher la loi.
Le Talmud comprend aussi des textes de la Aggadah, ou "Récit" (Aggadoth, au pluriel), ainsi que des additions de la Tossefta et des Braïtoth (Braïta, au singulier). Ce sont des règles "extérieures" à la canonisation du corpus définitif de la Michnah de raby Yéhoudah ha-Nassi. Elles sont citées comme des références de la "Halakha", en certaines occasions, notamment lorsque des divergences d'opinions (ou Mahlokôt) opposent des maîtres ou des écoles de pensée talmudique. Les "Braïtoth" sont écrites généralement dans un style plus développé que celui de la Michnah (mais, parfois aussi, plus concis). Elles permettent ainsi de clarifier certains enseignements complexes de la Michnah. La Tossefta est une compilation des Braïtoth les plus reconnues. Elles sont l'oeuvre de raby Hiya et raby Hochahya. La "Tossefta" est imprimée à la fin de chaque traité talmudique. L'ensemble comprenant la "Michnah", la "Guémara", les "Braïtoth", la "Aggadah" et la "Tossefta" porte le nom de "Talmoud Bavly" ou "Talmud de Babylone". Les sujets et enseignements du Talmud de Babylone sont introduits par des expressions araméennes typiques. Ainsi, Matnitin, qui signifie "Notre Michnah", annonce toujours le début d'une nouvelle "Michnah". Guemara, sous forme contractée, indique le début de l'analyse de la Souguia, ou "Sujet". Tnan signifie : "Nous avons appris dans une Michnah". Tanya veut dire : "Nous avons appris dans une Braïta". Après l'achèvement de la rédaction du Talmud, il va être désormais interdit d'ajouter ou de retrancher quoi que ce soit au texte talmudique. Ainsi écrit, il représente la clôture définitive de tous les débats et toutes les discussions des maîtres des Académies antiques sur tous les sujets émanants de la Loi orale.
 Le Talmud de Babylone est composé de 20 volumes et compte 2 974 pages in folio, ou Dapim (Daf, au singulier). Il est aussi appelé le Chass, acronyme de Chicha Sédarim, en référence à sa classification en Six Ordres. Ces six ordres sont classés et présentés selon une thémathique précise, conforme au sujet général de chaque traité de la Michnah. Près de trois cent cinquante-sept ans après la destruction du second Temple de Jérusalem par les Romains, les Amoraïm entérinent la compilation finale de l'analyse de toute la Loi orale, fruit du travail des Sages et jurisconsultes d’Israël et de Babel. C'est sur la base des enseignements du Talmud de Babylone, que sera entreprise ultérieurement la rédaction d'ouvrages de "Halakha", définissant la "voie à suivre pour l'homme", base du code juridique des règles et coutumes du Judaïsme. Le dernier ouvrage de "Halakha" datant de la fin de l'époque des Richonim fut rédigé par raby Yossef Karo, sous le titre de "Choulhan Haroukh" ou "Table dressée". Il fut écrit à la fin du XVIème siècle.
Parmi les nombreux enseignements du Talmud, figurent les 13 règles herméneutiques de déduction de la "Halakha" à partir des textes bibliques. Ce sont les Cheloch Héssré Midot ché ha-Torah nidréchèt bahèn. Elles définissent les 13 principes fondamentaux d'examen de la "Halakha" et sont indispensables à l’étude et l'interprétation d'une loi. Ces règles représentent l'enseignement de raby Ichmaël.
Le texte du Talmud comprend aussi un grand nombre d'Aggadoth, ou "Récits", qui tirent leurs sources du Tanakh (Pentateuque, Prophètes et Hagiographes) et développent le sens homilétique (ou Drach) des textes bibliques. Ces récits représentent des enseignements de pensée juive générale, mais aussi d'Histoire, d'éthique, de philosophie, de médecine, de botanique, de physique, de mathématiques, et même d’astronomie.
La clôture définitive du Talmud sera l'oeuvre de Mar bar Rav Achi, en l’an 500. Depuis plus de mille cinq cents ans, l'étude du Talmud reste le programme de base de toutes les "Yéchivoth", ou Académies talmudiques, dans le monde entier. De nos jours, de nombreuses communautés ont l'usage de partager l'étude complète de tout le Talmud de Babylone en un an. A travers le monde, de nombreuses personnes suivent aussi le programme restreint proposé par Rav Méir Shapiro de Lublin (époque/date ???) qui a institué en 19?? l'étude journalière d'une feuille du Talmud de Babylone recto-verso, appelée en hébreu Daf ha-Yomi, afin de conclure l'étude de l'ensemble du Talmud de Babylone au bout de sept ans.
460 / 500 - Huitième génération d’Amoraïm
On distingue en Babylonie : Rabah Tossafa et Ravyna II. En 475, Rav Yossy est nommé recteur de l’académie talmudique de Poumbédita.
L'année de la "destruction".
En 468, le roi sassanide Firuz (459/484) s'attaque aux autorités rabbiniques et légifère contre certaines lois du Judaïsme. Une grande partie de la population juive refuse de se soumettre aux lois mazdéïstes et nombreux seront massacrés et leurs biens pillés. Des membres de l’académie talmudique de Soura, dont l’Exilarque Mar Houna bar Rav Achi et Ameimar bar Mar Zoutra, seront arrêtés et exécutés en public. En raison des événements, le Talmud de Babylone mentionne que l’année "468" est appelée "année de la destruction du monde". En 469, Rabah de Tospia sera nommé recteur de l’académie talmudique de Soura. En 470, les autorités perses exécuteront Mar Houna bar Rav Achi sur la place publique. A cette date, la communauté juive de Babylonie demeure le plus grand centre culturel et d'étude hébraïque de la Diaspora. Mais dès l'an 471, suite aux meurtres de deux prêtres zoroastriens, et suite aux accusations qui sont portées sur les Juifs, nombreux seront arrêtés, torturés, convertis de force ou massacrés. Parmi ces derniers on distingue les maitres Amoraïm, Ameimar bar Yénouka et Mecharchia bar Pédok. De nombreuses académies talmudiques fermeront leurs portes, et des centaines de familles juives quitteront villes et villages de la Babylonie et émigreront vers la terre d'Israël, en Egypte et au Maghreb, notamment à Fès.
Le "Mizbéah ha-Gadol" ou le Grand Autel.
Du Tabernacle au Temple de Jérusalem.
Durant quatre cent quarante ans, les sacrifices sont offerts sur l'Autel du Tabernacle, ou Michkane. Mais, dès que le roi Salomon construit le 1er Temple de Jérusalem, en l'an 2928, c'est sur le Mizbéah ha-Gadol, ou "Grand Autel", que sont désormais apportées et consumées les Offrandes du peuple d'Israël : " L'Autel était construit sur un emplacement bien précis qui ne pourra jamais être changé, ainsi qu'il est écrit : c'est ici l'autel des sacrifices d'israël ". Michné-Torah, Lois de la Maison d'Election, Chapitre 2, Halakha 1. Cet autel est placé au centre de l'espace appelé Hazarah, ou "Enceinte", proche des marches conduisant au Oulam et au Hékhal. L'Autel est posé à même le sol afin d'être relié directement à la terre du Temple. Certes, la terre ou "Adama" en hébreu, rappelle que Adam le premier homme de l'Histoire, a été créé par le Tout-Puissant sur le lieu même de son pardon, avec la terre du Mont Moriah : " Afin qu'il soit formé sur le lieu même de son futur pardon ". Midrach Tanhouma sur Exode 20-21. Il est désormais interdit aux Israélites d'apporter des offrandes sur les autels particuliers, comme cela était en vigueur jusqu'à ce jour, c'est-à-dire la tolérance des Bamot Yahid en dehors du Temple de Jérusalem : " Dès lors que le Temple fut construit à Jérusalem, tous les autres endroits furent interdits pour la construction d’une Maison à D.ieu ou pour l’offrande des sacrifices, et pour l’éternité, il n’y aura pas là bas de Temple, sinon qu’à Jérusalem, sur le Mont Moriah, dont il est dit " et David s’exclama - ceci est la Maison de l’Eternel D.ieu et ceci est l’Autel d’offrande pour Israël " et il est dit " ceci est mon lieu de repos à jamais ". Lois de la Maison d'Election, Chapitre 1, Halakah 3
En outre, à la différence de l'Autel creux de cuivre du Tabernacle, l'Autel du Temple est construit avec des pierres brutes, non taillées ou découpées avec des outils de fer, comme l'ordonne la Torah : " Tu bâtiras au même endroit un autel destiné à l'Eternel ton Dieu, un autel fait de pierres que le fer n'aura point touchées ". Deutéronome 27-5 et Exode 20-22. En effet, le fer est destiné à fabriquer des outils de guerre et à donner la mort, alors que l'Autel est destiné à expier les fautes de l'homme et apporter la vie : " Toute pierre abîmée au point d’accrocher l’ongle comme lors de l’examen d’un couteau d’abattage est impropre à l’assemblage de la Rampe et de l’Autel, ainsi qu’il est dit : c’est en pierres intactes que tu construiras l’autel de l’Eternel. D’où extrayait-on les pierres de l’Autel ? D’un sol vierge, que l’on creusait jusqu’à arriver à un endroit dont on voyait qu’il n’avait jamais été utilisé ni exploité, et de là on extrayait les pierres, ou de la mer Méditerranée, et l’on s’en servait pour la construction. Les pierres du Heikhal et des Cours devaient également être intactes ". Lois de la Maison d'Election, Chapitre 1, Halakha 14 Dans ce but, Salomon utilisera des pierres vierges, d'extraction naturelle, ou employera le Shamir. Talmud de Babylone traité Sotah 48-b. Le Shamir est un élément mystérieux, unique dans toute la création, et dont l'origine remonte au sixième jour de la Création du monde, au crépuscule. Maximes des Pères 5-6. Il est doté d'un extraordinaire pouvoir radio-actif capable de fendre tout matériau rigide, permettant ainsi de produire des pierres de taille intactes en quantité nécessaire, et n'ayant eu aucun contact avec des outils en fer. Cependant, le Shamir se trouvait dans une cachette mystérieuse. Et Salomon chargea donc Bénayahou, général en chef des armées royales, de découvrir où se trouve le Shamir. Bénayahou s'acquittera de cette mission périlleuse et rapportera le Shamir. Talmud de Babylone traité Guittin 68-b. C'est au moyen de celui-ci que Salomon façonnera toutes les pierres de taille intactes destinées également à la construction du Temple. Rois I 6-7. Certes, se dit Salomon, si l'Autel seul, qui apporte la paix et la vie, doit être constitué de pierres intactes, a fortiori le Temple entier, siège de la Résidence divine ici-bas, doit-il lui aussi être construit en pierres intactes, dans tout son édifice. Traité Guittin 68-a.
Le Grand Autel mesure environ 5 mètres de haut. Il se dresse sur trois niveaux distincts, superposés : 1/ Le socle, ha-Yéssod, mesure environ 16 mètres carrés et 50 cm de hauteur. (Le Grand Autel qui servit dans le Second Temple était légèrement plus grand que celui du 1er Temple qui, à sa base, mesurait environ 14 mètres carrés). 2/ La partie médiane, au-dessus du socle, mesure environ 15 mètres carrés sur 2.5 mètres de hauteur. 3/ La partie supérieure, reposant sur la partie médiane, mesure environ 14 mètres carrés sur 1.5 mètre de hauteur. Au sommet de l'Autel, se trouve le bûcher, ha-Maharakha, où sont consumées les Offrandes, ou Korbanot. Un couloir, ou Sovèv, fait le tour de l'Autel et facilite le passage des prêtres. La partie supérieure de l'Autel est séparée de sa partie médiane par un trait rouge, appelé Hout ha-Sikra. Pour accéder au sommet de l'Autel, les prêtres empruntent une rampe centrale de 15 mètres de long sur 1.5 mètre de large, placée au sud de l'Autel, et appelée Kévèch. Il est interdit aux prêtres d'accéder à l'Autel en gravissant des marches, en signe d'humilité. De chaque côté de la rampe, se trouvent deux autres rampes plus petites, l'une située à droite et l'autre à gauche ; et par lesquelles les Cohanim accédaient aux lieux des diverses taches qui leurs étaient attribuées.
Le "Beth ha-Knesset" ou la Synagogue.
Origine et ameublement.
Le temple ou la maison où se réunissent les hommes et les femmes pour prier en communauté, aux moments des offices quotidiens, porte le nom hébraïque de Beth-ha-Knesset, ou "Maison de rassemblement", ou encore Beth-Téphilah, ou "Maison de prière". Ce lieu porte plus couramment le nom de synagogue, mot tiré du grec "sunagôgon" signifiant "aller ensemble". (photo : antique synagogue, Tibériade ) Le mot synagogue est traduit en "yiddish" par Shull. Il est tiré de l’allemand et signifie "école". A son sujet, les Sages ne manquent pas de sentences et soulignent l'importance capitale de s'y rendre et d'y prier en communauté : " Celui qui prie dans sa maison est comme s'il l'entourait d'un rideau de fer...tandis que celui qui prie dans une synagogue est comparable a celui qui offre un sacrifice pur..". Ils demandent également : " Où la Présence divive est-elle plus intense ? et répondent, dans les synagogues et les maisons d'études ". Talmud de Jérusalem traité Bérakhot chapitre 5, loi 1 L'action de prier dans ce lieu est décisif dans les paroles des Sages : " Aba Binyamine dit : La prière d'un homme n'est entendue de D.ieu que lorsque celle-ci lui est présentée dans une synagogue ". Talmud de Babylone traité Bérakhot 6-a Ou encore, que celui qui dispose d'une synagogue dans sa ville et ne s'y rend pas est appelé un mauvais voisin.
Par ailleurs, c'est un précepte de contruire une synagogue dans tous lieux où résident dix personnes, composant ainsi un Minyane. Aussi, conformément aux règles de la pudeur, toutes les synagogues sont dotées d'un espace appelé Hézrat Nachim, réservé exclusivement aux femmes. De même, une séparation, au minimum de la hauteur d'un homme, la Méhitsat, est dréssée entre hommes et femmes. "Hézrat Nachim" est aussi le nom qui était donné à l'espace réservé aux femmes dans le Temple de Jérusalem.
De tout temps, quel que soit l'endroit, les communautés juives ont été dotées de synagogues et lieux de prières, les "baté knésyiot" ou d'études, les "baté midrachot". Et de nombreuses lois traitent des notions relatives à sa construction et/ou aux comportements à adopter en ce lieu particulier réserver à la Téphilah, la prière et l'étude de la Torah. Selon les sources du Tanakh, de la Michnah et du Talmud de Babylone, il a existé des synagogues et lieux de prières collectives : " Dans toute localité où habitent dix Juifs, dit le Rambam, il faut aménager une maison où ils se réuniront pour prier, à l’heure de chaque office. Cet endroit est appelé une synagogue. Les habitants d’une ville peuvent s’obliger mutuellement à construire une synagogue et à acheter un rouleau de la Torah, ainsi qu’un autre rouleau contenant les écrits des Prophètes et les Hagiographes, et destiné à l’étude ". Michné Torah, Livre du service du coeur, lois relatives à la prière, Chapitre 11, Halakha 1. Dans ces lieux, des ministres officiants et des administrateurs communautaires, appelés respectivement en hébreu Hazan Knesset et Roch Knesset étaient responsables de l’organisation de tous les offices, notamment le jour de Kippour. A l'époque du Temple de Jérusalem, le lieu le plus saint d'Israël, vers lequel convergeaient les prières de tout le peuple juif, il existait une pièce destinée à la prière en communauté attenante à la chambre dans laquelle siégeaient les membres du grand Sanhédrine. Talmud de Babylone, traité Yoma 68-b, voir Rachi. En outre, la fonction de "Hazan Knesset" existait déjà depuis l'époque du 1er Temple, dit Rachi. Ibid traité Tahanit 16-b.
Egalement à propos des lieux de prières, les Textes bibliques mentionnent la destruction de la ville de Jérusalem, à la suite de la conquête de la Terre Sainte par le roi babylonien, Nabuchodonosor II : " Nébouzaradan brûla la Temple de Dieu, puis détruisit le palais du roi et toutes les maisons de Jérusalem. Et toutes les grandes maisons, il les brûla par le feu ". Rois II, 25-9. Les "grandes maisons", dit raby Yohanane, ne sont autres que les académies talmudiques où sont enseignées les lois de la Torah. Selon raby Yéhochouah ben Lévy, il s’agit plutôt des lieux de prières. Talmud de Babylone, traité Méguila 27-a. Il est également mentionné dans le Midrache que le prophète Tséfania prophétisait dans les synagogues. Psikta Rabati. En outre, les livres des Prophètes précisent que : " Toutes les maisons du peuple ont été brûlées par les Chaldéens ". Jérémie 39-8. Selon Rachi, il s’agit encore des synagogues. D’autres sources talmudiques évoquent également la multitude des synagogues situées à Babel. Traité Kétoubot 105-a et traité Méguilah 29-a. Le Midrache cite l'histoire du roi Ahaz l’impie qui fit sceller les portes des synagogues et des lieux d’études. Béréchit rabah 42-3. D'autres sources citent, à l'inverse, l'histoire de son fils le roi Hyzkiah qui multiplia la construction des synagogues et maisons d'étude de la Torah. Yalkout Chimoni 42-18.

Dans toutes les synagogues, du côté Est de la pièce, est placée une armoire appelée Aron ha-Kodesh (chez les Juifs ashkénazes) ou Heikhal (chez les Juifs sépharades). (photo ci-dessus, armoire de la synagogue de Budapest) Toutefois, dans les textes talmudiques, cette armoire est appelée Bimah. On y dépose les Rouleaux de la Torah (ou Séfer Torah), écrits sur parchemin, conformément à la loi. L'arche est fermée par un rideau brodé, appelé Parokhet. (photos) C'était également le nom du rideau qui était à l'entrée du Heikhal, soit le Sanctuaire situé à l'intérieure du Temple de Jérusalem. Au centre de la pièce est placée une plate-forme de lecture surélevée, appelée également "Bimah" (chez les Juifs ashkénazes) ou Tévah (chez les Juifs sépharades). C’est sur celle-ci que le rouleau de la Torah est posée, lors de la lecture publique de la Parachah. Pendant la prière, le ministre officiant (ou Hazan) se place derrière un pupitre, appelé Hamoud en hébreu, et faisant face à l'Arche. Généralement, un Ner tamid, une flamme ou lampe, reste allumée en permanence, en souvenir de la Ménorah (ou Candélabre), qui brûlait perpétuellement dans le Temple de Jérusalem. De nos jours, il est de coutume de placer sur le mur un cadre, à la mémoire des défunts de la communauté, le Louah Zikaron, sur lequel brille une petite lumière électrique, en souvenir de l'âme de chacun de ces défunts.
La "Téphilah" ou la Prière.
Prier D.ieu : une loi fondamentale émanant de la Torah.
La prière, la Téphilah, est l'un un des preceptes fondamental de la Torah, séculaire et constitutif du Judaïsme, comme le rappel le Rambam, les hommes et les femmes ont pour précepte l'obligation de prier, Léhitpalel : " Il est un commandement positif de prier chaque jour, comme il est dit : Vous servirez l'Eterne-l votre D.ieu. Par tradition orale, les sages ont appris que ce service est la prière, comme il est dit : Vous Le servirez de tout votre cœur ; les sages ont dit : Quel est le service du cœur ? C'est la prière. La Torah ne prescrit pas le nombre de prières, ni le texte de la prière, ni un temps fixe pour la prière. C'est pourquoi, les femmes et les ouvriers ont l'obligation de prier, parce que c'est un commandement positif qui n'est pas lié à un temps déterminé. Cette obligation consiste à que tout à chacun adresse des supplications et des prières chaque jour ; qu'il chante les louanges du Saint Béni soit-Il, puis demande ce dont il a besoin avec requêtes et supplications, et enfin, offre des louanges et des remerciements à D.ieu pour le bien qu'Il lui a fait, chacun selon son aptitude ". Michné Torah, Lois relatives à la Prière, chapitre 1. De même, dans le Talmud, Traité Tahanit 2-b les Docteurs de la loi apprennent du verset : " Aimez l'Eternel votre D.ieu et servez-le de tout votre coeur ", Deutéronome 10-13 que ce qui fait référence à son service dans notre coeur est la prière. Aussi, afin qu'une prière soit entendue, le Talmud souligne Traité Tahanit 8-a qu'il faut que celle-ci vienne du coeur : " La prière que prononce un homme n'est pas entendue, jusqu'à qu'il place son coeur dans ses mains, comme il est dit : Elevons nos coeurs avec nos mains vers D.ieu qui est au ciel ". Lamentations 3-41 Cependant, concernant le statut et les modalités de la Téphilah – la Prière, il faut distinguer deux prescriptions :
1) L'obligation individuelle de prier qu'il incombe à chacun selon la Torah, hommes et femmes. A ce sujet aucun texte ni rite, ni aucun temps n'ont été fixés par la Torah. La prière personnelle et obligatoire est dite par tous au moins une foi par jour, en tout lieu, dans la langue natale et au moment qu'il plait à chacun ; elle est l'expression naturelle de l'homme envers le Créateur. Le Rambam apprend ce précepte du verset : " tu serviras l'Eternel ton D.ieu ", Exode 23-25 un précepte qu'il inclue au nombre des 613 Commandements et des 13 principes de la foi, les "Chloch héssré hykarim". Ainsi, le précepte de prier est fondamental car il est à la racine de la foi en D.ieu, la "Emounah ba-Chem". Et c'est uniquement vers le Créateur que l'homme doit adresser ces suppliques et à nuls autres puissances, en vertu du principe que D.ieu dirige le monde dans ses moindres détails par providence divine, la "hachgaha pratite" ; et que seul D.ieu est en mesure de nous délivrer ou excauser nos prières. Voir Séfer ha-Hinoukh mitsvah 431 et Dérek Mitsvotékha p.239 Les prières sont en générale soit des louanges exprimés au Créateur, ou bien des supplications, des requêtes ou des remerciements : " Quiconque fait la volonté du Tout présent et dirige son coeur vers lui en priant est entendu ". Exode Rabah 21-3 Aussi, si la femme a l'obligation de prier selon la Torah, elle est exempte des trois offices quotidiens par les Docteurs de la loi appelés Rabbanan dans le Talmud, du fait que ceux-ci dépendent du temps déterminé. En règle générale, la femme est dispensée de tous les préceptes qui impliquent une pratique attachée à une notion de temps fixe ou définit comme tel.
2) L'obligation des trois Téphilot (pluriel de Téphilah) les prières quotidiennes, appelées Chaharit, Minha et Harvit. Elles ont été structurées et instituées par les Hommes de la Grande Assemblée sous l'égide d'Hézra le Scribe, appelés également dans les sources les "Divré Sofrim" : " Les prières quotidiennes sont donc au nombre de trois : la prière du soir, la prière du matin, et la prière de l'après-midi...". Rambam, Lois relatives à la Prière chapitre 1 Ces réformes survenaient suite aux exils des 10 tribus d'Israël par les rois Assyriens, à la destruction du premier Temple de Jérusalem par les babyloniens, suite à 70 années d'exil passées en Babylonie et en conséquence d'une forte assimilation des israélites avec des femmes d'autres peuples. Talmud de Babylone taité Bérakhot 32-33 Aussi au cour de l'histoire, il est indéniable que l'oubli de la Langue Sainte ainsi que son rituel de prières comptent parmi les diverses conséquences des exils successifs du peuple d'Israël : " Quand les juifs furent exilés, à l'époque de Nabuchodonosor le méchant, ils s'installèrent en Perse, en Grèce, et au sein d'autres nations. Ils eurent des enfants dans les terres idolâtres et le langage de ces enfants devint confus. Le langage de chacun était un mélange de plusieurs langues, si bien que lorsqu'il s'exprimait, il ne parvenait pas à tenir ses propos en une seule langue sans jargon…ils ne savaient point la langue juive, mais se servaient de l'idiome de tel ou tel autre peuple. Aussi, quand l'un d'eux priait, il était limité dans sa capacité à exprimer ses désirs ou à offrir des louanges au Saint Béni soit-Il en hébreu, sans y mélanger d'autres langues. Quand Hézra et son tribunal virent cela, ils réagirent et instituèrent dix-huit bénédictions en ordre : les trois premières sont des louanges à l'Eternel, les trois dernières sont des remerciements, et les trois bénédictions intermédiaires comprennent toutes les requêtes, qui sont comme des catégories générales pour les désirs de tout un chacun et les besoins de la communauté dans son ensemble ", source le Rambam. Celles-ci sont ordonnées pour tous les hommes qui ont atteint l'âge de 13 ans, l'âge de la Bar-Mitsvah. Elles constituent en générale un temps primordial et détermine le rythme de chaque jour de la semaine. Raby Yéhoudah ha-Lévy écrira au sujet de la prière : " Que le moment de la prière soit le coeur du temps et son fruit, et que les autres instants ne soient que des jalons qui conduisent à ce moment là...parceque ce sont des moments privilégiers pour réaliser le contact avec le divin....Ce rythme spirituel (les trois offices) convient à l'âme comme le rythme de l'alimentation pour le corps, l'action de la prière se prolonge jusqu'à la prière suivante comme se prolonge l'effet d'un repas jusqu'au repas suivant ". Kouzari 3-5
Egalement depuis Moïse, et selon l'ordonnance de la Torah, les Juifs étaient tenus de se rassembler le lundi, le jeudi et le jour du Chabat afin d'assister à la lecture publique de la Torah écrite, la Parachah. Celle-ci ne peut être effective qu'en présence de 10 hommes, selon la règle du Minyane. Ces trois prières quotidiennes doivent être dites selon un rite et un temps bien définit, si possible à la synagogue : " Le précepte de la prière du matin consiste à commencer celle-ci avec le lever du soleil. Le temps de la prière s'étend jusqu'à la fin de la quatrième heure, soit un tiers de la journée. Si l'on transgresse ou que l'on se trompe, et que l'on prie après la quatrième heure, avant la mi-journée, on est quitte de l'obligation de la prière, mais non de l'obligation de la prière en son temps. En effet, de même que la prière est un commandement de la Torah, ainsi, il est une injonction d'ordre rabbinique de prier en son temps, comme les sages et les prophètes l'ont institué ". Ibid lois sur la prière, chapitre 3
Toutefois il faut également distinguer la notion de Téphilah, c'est à dire, soit l'acte de prier, ou bien les prières et son rituel, le Nosah qui incombe à l'homme, un précepte intrinsèque au service divin, la Havodat ha-Chem, et la notion de Bérakha, une expression traduite par "Bénédiction liturgique". Ce sont généralement des prières très courte dites pour d'innombrables choses de la vie courante, ou bien, intégrées dans le cadre du rituel des prières. A propos du service divin dans lequel l'homme est engagé, la concentration et l'introspection dans le temps imparti à la prière font partie des principes sur lesquels il est dit que l'homme profitera de leurs bienfaits dans ce monde et le monde future.

Les 10 langages de prière : Les notions relatives à la Téphilah, la prière, qu'elles soient de supplication, d'imploration, de reconnaissance, de gratitude, d'expiation ou en rapport aux Offrandes - sont largement évoquées dans plusieurs versets bibliques, le Tanakh. Ainsi, la Langue Sainte dispose de plusieurs langages et d'expressions évoquant des sentiments pour faire référence à la prière. Le "Sifri" présente 10 expressions ; Chavha, Tséhaka, Naaka, Rinah, Pétsour, Kriah, Niphoul, Péloul, Péguihah et Téhinah.
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