| De l'an 5561 à 5661 : Chroniques Universelles du XIX ème siècle |
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| HISTORIQUE DE VOS RECHERCHES |
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Les Archives israélites de France.
En 1840, la revue mensuelle au titre "Les Archives Israélites de France" est fondée. La revue est publiée par la communauté juive libérale sous la direction de Cahen Samuel. L’équipe de la revue siège au 1 rue Pavée et est animée par Philippe Anspach
et Adolphe Franck. Ce périodique à caractère
historique, biographique, bibliographique et littéraire, paraîtra jusqu'en 1935, avant de fusionner avec "Le journal juif", et devenir un hebdomadaire intitulé "Le Samedi". Celui-ci sera édité jusqu’en 1939.
Portrait : né à Metz en 1796, Samuel Cahen est un ancien instituteur de l’école consistorial de Paris et le père de Cahen Isidore. Samuel dédie à Louis Philippe I une
traduction de la Bible avec ses commentaires. Isidore succèdera à la tête des Archives Israélites en 1862, l’année du décès de son père.
Portrait : né en Lorraine en 1809, Adolphe Franck est le premier juif à être reçu à l’agrégation de professeur de philosophie
grecque et latine au Collège de France. Il publiera "La Kabbale ou la
philosophie religieuse des Hébreux" en 1843 et dirigera les travaux du "Dictionnaire des sciences philosophiques" qui paraîtra en 1851. A ces travaux participera Salomon Munk. En 1893, il publiera "L’antisémitisme en France, ses causes et son histoire".
Les théories de Proudhon En 1840, le théoricien français Pierre Proudhon publie un ouvrage intitulé « Qu’est ce que
la propriété ? ». Dans ses carnets, il s’en prend violemment aux Juifs et
préconise leur expulsion ou extermination.
Les Juifs sont accusés par la France et l'Eglise d’un crime rituel à Damas. Le 5 février 1840 à Damas, les Juifs sont accusés sans preuves d’avoir assassiner à des fins rituels le capucin et frère Thomas de Camangiano ainsi que son domestique. L’affaire est confiée au Consul de France Ratti-Menton et au
gouverneur égyptien Chérif Pacha. Dans un premier temps, un astrologue chrétien dénonce soudainement 7 Juifs, dont des descendants de la célèbre famille Farhi. La thèse selon laquelle les Juifs utilisent du sang pour la fabrication du pain azyme, les galettes consommés à Péssah, est accréditée par le Consul Ratti Menton après avoir trouver un soit disant cadavre. Chérif Pacha ordonne l’arrestation de 70 enfants juifs qui sont menacés de mort si ces derniers n’avouent pas le crime. Le barbier juif Suliman est arrété et accusé par Ratti-Menton d’avoir égorger le capucin. Puis, il est torturé et questionné par Chérif Pacha. Afin de mettre fin à ses tortures, il avoue et dénonce sept principaux notables juifs de la ville, dont le rabbin Mikhan Yéhoudah, Aboulafia Moïse, David, Isaac et Aharon Harari, leur oncle Joseph âgé de 80 ans, et Joseph Liniado, tous soit disant coupables du crime rituel. Lors du procès, ils seront torturés mais n’avoueront pas et quatre seront tués. Les rabbins Jacob Antebi et Hazarya Halfon seront eux aussi arrêtés et torturés. Moïse Aboulafia embrassera l’Islam afin d’être libérer de ses bourreaux. De nouveau, le domestique d’Harari sera torturé et dénoncera quatre membres de la famille Farhi, Isaac Picciotto, Aboulafia Jacob et les frères Nathan et Aharon Lévy-Stambouli. Lors du procès, Isaac Picciotto reçoit le soutien et l’appui du consul d’Autriche Merlatto. L’affaire connaît un rebondissement dans toutes les communautés juives du monde. Elle sera mise au grand jour par Jacob James Mayer de Rothschild ainsi que par les membres du Consistoire. Ils lanceront un appel solennel qui dément l’accusation de crime rituel pratiqué chez les Juifs. Les Juifs d’Istanbul demanderont de l’aide aux Juifs d'Europe où une collecte d’argent sera organisée. Les hommes d’affaires ashkénazes d’Amsterdam, les frères Lehren avertissent les pouvoirs politiques de la situation. L’Eglise, sans même une preuve tangible, appose une plaque dans la chapelle des capucins de Damas : « Ici reposent les restes du frère Thomas de Sardaigne, missionnaire capucin, tué par les Juifs, le 5 février 1840 ». Des émeutes antijuives éclatent à Rhôdes, à Smyrne et à Beyrouth. Dans l’intérêt de l’Egypte ; Le 24 mars 1840, sir Moses Montefiore est reçu en audience par la reine Victoria qu’il entretient sur les événements tragiques de Damas. En juillet, une délégation partira de Londres pour Alexandrie ; elle est composée de l'avocat Crémieux Adolphe, qui ne reçoit pas le soutien du gouvernement français, de sir Moses de Montefiore, soutenu par la reine Victoria ainsi que par le secrétaire du Foreign Office Lord Palmertson, de Salomon Munk, du dr Louis Loewe, de M. D. Wire et du dr Madden. Soutenus par plusieurs diplomates européens, ils interviendront auprès du vice-roi d’Egypte Mohamed Ali. Suite à quelques négociations qui débuteront le 5 août, les Juifs emprisonnés seront acquittés et libérés par Chérif Pacha sur une ordonnance du vice-roi datée du 29 août. Dans l’intérêt de la France ! En France, une campagne diffamatoire et antisémite est organisée par les presses catholiques, notamment des journaux La Quotidienne, La France et L’Univers Religieux. Ils s’efforceront de remettre sur la scène publique la calomnie du crime rituel. Le ministre des Affaires étrangères français Thiers accrédite lui aussi la thèse remise au bureau du Quai d’Orsay par Ratti-Menton, plongeant les Juifs de France dans un malaise profond. Thiers refusera dans un premier temps à Crémieux que soit publier le vrai rapport qui dénonce la manipulation, ainsi qu’après la libération des accusés. Le journal La Gazette de France écrit : « Si on veut que les Juifs soient innocents de l’égorgement raffiné du Père Thomas, il faudrait alors accuser les musulmans et les chrétiens ! C’est une triste alternative ». Le dossier du Père Thomas sera retiré du ministère des Affaires étrangères et sera caché du public pendant 150 ans.
Abdoulmécid I dénonce.
En novembre 1840, la délégation menée par Montefiore parvient à Istanbul où ces derniers plaident auprès d'Abdoulmécid I pour l’égalité civique des Juifs. A cette date, celui-ci est au même moment en conflit armé avec Mohamed Ali et Ibrahim Pacha. Ils obtiennent un firman du sultan dans lequel il est écrit que ; «...un ancien préjugé à prévalu contre les Juifs...victimes de cette incroyance, les Juifs de Damas et de Rhodes, sujet de notre Empire, ont été persécutés par les autres croyants..il n’y a pas longtemps que quelques Juifs de Rhodes appelés en jugement à Constantinople ont été trouvés innocents des accusations...il ressort de cet examen, qu’il est interdit aux Juifs non seulement d’utiliser le sang humain, mais même celui des animaux...nous ne pouvons permettre que la nation juive, dont l’innocence vis-à -vis des crimes dont on l’accuse est évidente, soit tourmentée à la suite d’accusations qui n’ont pas le moindre fondement...dans ce but nous avons donné les ordres..pour que la nation juive
soit protégée...donné à Istanbul, 12ème Ramazan 1256, le 6 novembre 1840 ».
Montefiore se rendra ensuite à Rome auprès du cardinal capucin Riverola afin de lui remettre une copie du firman et
afin que soit retiré la plaque commémorative. De passage à Paris, Montefiore sera reçu par Louis Philippe I et le ministre Guizot à qui il remettra une copie des firmans. En
1896, sera publié en italien la reconstitution de l’affaire sous l’intitulé "Aceldam", celle-ci afin d'accréditer la thèse et de canoniser le frère Thomas.
Les égyptiens chassés d’Acre.
En octobre 1840, le Premier Ministre anglais William Melbourne signe un pacte militaire avec Abdoulmécid I contre Ibrahim Pacha. Les troupes anglo-ottomanes placent le
siège d’Acre aux mains des égyptiens et s’en emparent. A la fin décembre, au
terme de plusieurs assauts dans plusieurs localités, les égyptiens seront chassés et les turcs ottomans redeviendront les maîtres du pays.
Sir Montefiore pionner du sionisme.
Cette même année 1840, Elyhézer ha-Lévy établit à la demande de sir Moses Montefiore
un recensement des Juifs d’Eretz Israël et un cahier des charges nécéssaires à leur développement économique. Il dénombre uniquement à Jérusalem 2
943 Juifs, dont 2 450 sont des séfaradims et orientaux et de 493 ashkenazim venus
de plusieurs villes d’Europe et de Russie. Tous les représentants des
communautés juives déposent leurs doléances et projets auprès de sir Montefiore, puis un fond pour l’achat des terres et le développement d’établissement agricole
est créé. De nombreux émissaires sont chargés de parcourir les communautés
juives du monde entier afin de soutenir un plan d’émigration pour la
refondation d’une économie en Eretz Israël. Malgré que les différents recensement opérés à cette date ne soient pas tous les mêmes, il apparaît clairement que les Juifs
étaient les plus nombreux à Jérusalem face aux musulmans et aux chrétiens,
toutes tendances confondues.
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