| De l'an 5461 à 5561 : Chroniques Universelles du XVIII ème siècle |
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Conflits entre Hassidim et Mitnagdim.
En 1772, ainsi qu’une seconde fois en 1774, raby Elyahou ben Chlomo Zalman fait connaître sa désapprobation des valeurs éducatives du mouvement hassidique, suite à des divergences d’opinions. Des ouvrages de Hassidout seront vivement critiqués, certains seront même jusqu’à être brûlés par ses disciples. Des polémiques parfois violentes éclateront entre les partisans de chaque tendance
à Brody et à Cracovie. Raby Elyahou ben Chlomo Zalman laissera clairement
entendre dans ces écrits qu’il faut combattre ce mouvement et prononcera sur eux la sentence d’hérétique et d’anathème. Les Hassidim sont excommuniés par les opposants qui portent le nom hébraïque de Mitnagdim.
Il s’opposera violemment au hassidisme, car selon lui et les faux rapports qui lui ont été remis par des
opposants, ce mouvement n’accorde pas assez d’importance à l’étude du Talmud de Babylone, l'étude de la
loi orale, puis critiquera leurs façons de prier. En opposition au mouvement hassidique se créé le mouvement des Mitnagdim, parmi ces derniers certains combattront le hassidim avec violence et mépris. En décembre 1772, raby Chnéour Zalman de Liady se rend à Vilna où il tente une première fois d’être reçu par raby Elyahou ben Chlomo Zalman qui refuse de le recevoir. En 1781, de nouvelles controverses éclateront entre partisans mitnagdim et hassidim suite à la parution de l’ouvrage "Toldoth Yahacov Yossef". Cette même année, plusieurs des disciples du Gaon de Vilna feront leur "halyah" ou émigreront à Jérusalem. L’affaire la plus grâve, fut la calomnie proférée envers raby Chnéour Zalman et son arrestation par la police du tsar en 1798.
Le Gaon de Vilna.
Portrait ; né à Selets le 14 nissan 1720, enfant prodige de l’académie talmudique de Vilna, raby Elyahou ben Chlomo Zalman dit le Gaon de Vilna ou le "Gra" est l’une des plus hautes autorités rabbiniques du XVIIIème siècle et maître incontesté dans l’enseignement du Talmud de Babylone qu’il connaît par cœur. Le Gaon de Vilna est l’auteur d’un commentaire de Kabbalah intitulé "Likouté ha-Gra", l’auteur d’ouvrages législatifs intitulés "Biouré Hagra", et "Chénoth Elyahou" un commentaire sur les règles de la Loi Orale, la Michnah imprimé en 1799. Il publit un "Sidour" de Téphilah ou Livre de prière, qui comporte ses commentaires, ainsi que de nombreux commentaires sur les ouvrages du Tanakh, la Bible hébraïque, dont « Hadéreth Elyahou » paru en 1804 et « Kol Elyahou » sur le Pentateuque. Il fait traduire Euclide en hébreu par l’un de ses disciples raby Israël de Cheklov, rédige un ouvrage de mathématique intitulé « Ayl Méchoulach » paru en 1837, un manuel de grammaire intitulé « Dikdouk Elyahou », un ouvrage de géométrie « Séfer Ayal Méchoulach », ainsi qu’un ouvrage de la géographie d’Eretz Israël intitulé « Tsourath ha-Aretz ». Parmi ses disciples on distingue raby Haïm de Volozhyne et son frère raby Chlomo, raby Israël de Cheklov, raby Ménahem Mendhel de Cheklov et son gendre raby Itzhak ben Avraham Danzing.
Clôture du Tanakh.
Le 19 février 1793 où le 7 adar, la clôture de la
rédaction du Tanakh ou Bible hébraïque est
achevée, elle est écrite sur parchemin et accomplis sous la conduite du Gaon de Vilna. L’œuvre est rédigée selon la tradition
ou Massora, et pour la première fois depuis des
siècles, les 24 livres sont écrits sur parchemin en forme de rouleau et Ã
l’encre. Le rav qui supervise la correction des travaux, raby Chlomo Douvna, publiera en souvenir de l’événement un fascicule
intitulé « Birkhat Yossef ».
En 1772 à Phalsbourg, la communauté juive inaugure la
synagogue.
5533 / 1773
1773 / 1780 ; Affaire du cimetière de Paris.
En 1773, un écorcheur du nom de Matard
achète l’endroit qui sert de cimetière aux Juifs de Paris. Il achète le jardin
d’une auberge au 46 de la rue de Flandre, celui-ci connu comme étant le
cimetière juif depuis 1765, dans lequel il y déverse les dépouilles des chevaux
sans considérations des ossements des corps humains. Jusqu’à lors, les Juifs sépharades et ashkénazes n’étaient pas autorisés officiellement de posséder un cimetière et
les inhumations étaient faites la nuit pour ne pas déranger. Le 3 mars 1780, afin de mettre un terme
à la profanation de l’ancien cimetière de la rue de Flandre par Matard, Jacob Pereire acquit au 44 de la même rue un cimetière pour
les Juifs portugais. Le lieu deviendra la propriété du Consistoire et sera
fermé en 1810. En 1780, les Juifs sépharades et ashkénazes de Paris obtiendront
le droit de posséder un cimetière grâce aux efforts de Jacob Rodriguez Pereire, celui-ci se trouve à La Villette.
1773 / 1778 : Le deuxième grand voyage en Europe du Hida.
Empire ottoman : En 1773, réduits à la misère et sous la menace d’expulsion du Pacha, les Juifs qui résident en Israël sont sommés de payer des amandes exorbitantes. Les autorités rabbiniques chargent raby Haïm Yossef David Azoulay de Hébron de chercher des soutiens financiers en Europe. Lors de ses voyages, il sera reçu chaleureusement par les communautés juives égyptiennes d’Alexandrie. Il s’arrêtera
à Sousse où il rencontrera le caïd de Tunis raby Yéhochouah Cohen Tanouji, celui-ci l’invitera à rester huit mois avant
de lui faire un don personnel. Il étudiera à Tunis avec les deux kabbalistes raby Yossef ha-Cohen Abrich et raby Yossef Sitbon. Raby Yossef ha-Cohen est le disciple du
kabbaliste raby Yahakov Slama de Nabeul ainsi que l’auteur de l’ouvrage "Yad Yossef". Il décèdera en 1801. Raby Yossef Sitbon est l’auteur de "Ahavath ha-Chem". Le Hida fera l’éloge dans ces
écrits des deux fondateurs des académies talmudique de Tunis, raby Tsémah Tsarfati et raby Avraham.
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