Les secrets de la « formation » du Monde.
Raby Yéhoudah ha-Lévy, dans son oeuvre-dialoguée intitulée "Kouzari", suppose qu'Avraham est l'auteur du Séfer Yétsirah ou "Livre de la Formation". Cet ouvrage, à caractère mystique, fait partie de ce que l'on appelle communément la Kabbalah ou la Sagesse ésotérique. Il traite principalement des permutations et combinaisons des 22 lettres hébraïques constituant le Lachon Ha-Kodech, ou Langue Sainte. Ce livre analyse également le rapport existant entre les lettres sacrées et leurs source spirituelle, ces lettres ayant servi d'instruments au Verbe divin pour créer le monde. Avraham a reçu de Dieu lui-même cet ouvrage métaphysique. Il ne parvient à en saisir le sens profond qu'après avoir étudié les sources de la Transmission auprès de Chem et Héver. Otsar ha-Midrachim. Ce livre va être abondamment commenté par des kabbalistes et législateurs célèbres, tels que Rav Sahadia Gaon. Selon l'introduction du Beth Yahakov, il fait partie également des "400 chapitres relatifs aux lois de l'idolâtrie" que possédait Avraham et dont il ne nous reste plus aujourd'hui que cinq chapitres. Havoda Zarah 14-b.
De nos jours, il existe quatre versions officielles du "Séfer Yetsirah". La première, dénommée "courte", contient 1300 mots. La deuxième version, dite "longue", renferme 2500 mots. La troisième version, de Rav Sahadia Gaon, contient 8 chapitres. Enfin, la version des kabbalistes, revue et corrigée par le Gaon de Vilna, possède 6 chapitres et 1800 mots. Elle est appelée "la version du GRA". Le manuscrit le plus complet date du 11ème siècle. Il est détenu par le Vatican. Un autre manuscrit, provenant de la "Guénizah" (lieu où l'on enterre les objets sacrés) du Caire et datant du 11ème siècle, se trouve actuellement à Cambridge. En France, la Bibliothèque Nationale détient un manuscrit datant du 13ème siècle.
La Prophétie et les Prophètes
D.ieu parle aux hommes
Le Judaïsme affirme que dans toutes les générations, Dieu envoie Ses prophèties au peuple par l'intermédiaire des hommes. La Prophétie, la Névouha représente le plus haut degré de dialogue entre Dieu et l'homme. Le Rambam énonce le commandement relatif à la Prophétie : « C'est l'un des fondements de notre foi de savoir que Dieu communique avec l'homme par la prophétie ». Michné Torah, lois sur les fondements de la Torah, au chapitre 7-1. Il ajoute dans un autre commentaire que celui qui ne croit pas à la prophètie est un hérétique. Aussi, bien que cette forme de communication et de contemplation des sujets divins remonte à l'origine de l'humanité, à Adam le premier homme et premier prophète, c'est à propos d'Avraham que le mot Prophète, ou Navy est mentionné dans le Pentateuque, lors de l'affaire avec le roi Avimélekh. Cependant, il existe plusieurs qualités et niveaux de contemplation chez un prophète, et Moïse fut le plus grand de tous. Il porte le nom de Roch ha-Névyim - la Tête des Prophètes. Pour parvenir à ce degré de communion avec le Divin, tous les textes qui traitent de ce sujet sont unanimes quant à l'intégrité de l'homme dans sa pratique de la Torah : « Ce qui mène à la prophétie, c'est l'accomplissement des préceptes de façon intègre et de tout son intellect...et si les actions de l'homme sont agréées, alors pourra se répandre sur lui la lumière prophétique ». "Yaharot Dvach" de raby Yonathan Eybeschutz.
Le Rambam rajoute, que si la prophètie était simplement un fait historique, une révélation qui n'existait que dans les temps anciens, elle n'aurait pas eut place dans un livre de lois destiné aux générations futures. Le verset : "J'enverrai un prophète comme toi (Moïse)", s'applique à chaque génération. Chaque prophète est un "continuateur" de la prophètie de Moïse. Toutefois, il existe plusieurs niveaux de révélation : "Nous devons savoir qu'il existe des gens qui ont des qualités exceptionnelles et qui ont atteint une si grande perfection que leurs âmes sont prêtes à recevoir la sagesse spirituelle pure. leur intelect humain peut alors se lier à l'esprit du Créateur et en recevoir une émanation inspirée ; il s'agit de la prophètie, et ces hommes qui y parviennent ce sont des prophètes". Rambam commentaire sur la Michnah traité Sanhédrine.
La Prophètie, toujours d'actualité : D'un point de vue de l'histoire biblique, l'année 2871 du calendrier hébraïque marquera le début d'une période qui portera le nom de Névyim, (Prophètes au pluriel). Et c'est Chmouel "ha-Navi", le Prophète Samuel (photo : tombe du prophète Samuel) qui inaugurera cette période : « Et tout Israël, de Dan à Béher-Chévah, savait que Samuel était reconnu comme un prophète de Dieu ». Samuel 1, 3-20. Ainsi, à l'approche de la fondation de la royauté en Israël (en 2881), les prophètes seront au sein du Sanhédrine des acteurs incontournables et déterminants de la vie poltique et spirituelle du peuple d'Israël. Et c'est à Jérusalem que seront dites toutes les prophèties, sauf execption. Les Maîtres Tanaïm rapportent qu'Israël pouvait compter des milliers de prophètes, égal au double du nombre des Hébreux sortis d'Egypte. Talmud de Babylone traité Méguilah 14-a. Cependant, seul 55 prophètes et prophètesses furent retenus dans les 24 ouvrages que compte le Tanakh, la Bible hébraïque, du fait que leurs prophéties ont une portée pour les générations futures. Alors que les autres prophèties ne furent dites que pour un moment bien précis. L'anné hébraïque 3448 marquera la fin de cette période des prophètes avec la disparion des trois derniers prophètes d'Israël, Haggaï, Zakharie et Malakhi. Le monde connaîtra à ce moment une disparition, voir une diminution momentanée de la prophètie. A ce propos le Rambam écrit : " La prophètie reviendra en Israël en tant qu'étape préparatoire à la venue du Messie ", du Machiah. "Iguéret Téman", la lettre aux Juifs du Yémen.
Les qualités requises pour accéder à la Prophétie
Dans son code des lois le "Michné Torah", le Rambam énumère les conditions essentielles par lesquelles des hommes accèdent aux statuts de Prophètes et que ce révellent à eux la Prophétie. Ces lois sont également développées plus longuement par les Maîtres Amoraïm du Talmud de Babylone. Traité Nédarim 38-a. Le Rambam expose les qualités requises et les niveaux spirituels qu'une personne devait atteindre préalablement avant d'être apte à recevoir la "Névouha", la Prophétie : « La prophétie n'est accordée qu'à un sage éminent, au caractère fort, qui n'est jamais soumis à ses tendances naturelles, en aucun cas, mais qui au contraire, les maîtrise par son esprit à tout moment. Il doit être doté d'une intelligence supérieure et d'un esprit extrêmement logique ».
Les Amoraïm précisent que seul les membres du Sanhédrine étaient apte à reconnaître un vrai prophète d'un faux, après l'avoir soumis à un examen approfondi. Il fallait constater si les prophéties et les signes que le prophète révélait étaient conformes aux enseignements de la Torah ou s'ils étaient des actes de sorcellerie ou de divination. Le Rambam explique longuement que même les miracles que fit Moïse, le Maître de tous les prophètes, ne suffirent pas à le légitimer. Ce n'est qu'après que le peuple hébreu eut reçu la Torah au mont Sinaï, qu'il accepta la révélation prophétique de Moïse et eut foi en lui : « Là, nous avons vu de nos propres yeux, et non par ceux de quelqu'un d'autre, nos oreilles ont entendu, et non celles d'une autre personne ». Car depuis toujours, rappellent les exégètes, et même suite au miracle de l'ouverture de la "Mer des Joncs", certains hébreux avaient gardé un doute sur Moïse. Aussi, rappelle le Rambam : " Nous ne devons pas considérer comme prophète n'importe quel faiseur de miracle. Il doit être aussi un homme éminent de sa génération, reconnu pour sa sagesse et sa piété extraordinnaires, et qui suit la sainte voie de la prophètie..alors nous l'acceptons lorsqu'il montre un signe ou lorsqu'il accomplit un miracle et lorsqu'il dit qu'il a été envoyé par Dieu...ainsi qu'il est dit ; et vous l'écouterez....nous ne croyons pas en lui seulement à cause des signes seulement, mais à cause du commendement que Moïse nous a donné dans la Torah ". Les Prophètes étaient souvent des membres du Sanhédrine, et c'est à Jérusalem, lieu d'élévation suprême et élu par Dieu, que la plupart des prophéties furent dites. Comme le rapporte raby Yéhoudah ha-Lévy dans son "Kouzari", en référence au Talmud de Babylone Traité Mohèd Katan 25-a : « Tous ceux qui ont prophétisé ne l'ont fait qu'en Terre sainte ou pour la Terre sainte ». Le prophète Jonas reste une exception. Les visions prophétiques contenues dans la Bible hébraïque, le Tanakh, sauf celles qui concernent Moïse, ne sont que des métaphores dont l'interprétation est généralement révélée au prophète ou non. C'est à l'âge de 12 ans, l'année de son début de règne, que Salomon se révella comme prophète, suite à l'affaire des deux femmes qui se disputaient la maternité d'un même bébé.
Le Rambam rappelle qu'un certain degré de prophétie pouvait permettre aussi à tout homme de s'élever spirituellement et d'approfondir ses connaissances personnelles, sans pour autant que celui-ci soit d'un intérêt sur le plan historique. On le voit lors de la génération du Juge Hélie qui pouvait compter 600 000 prophètes. Cette inspiration, qui n'est pas du même niveau que la prophétie au sens premier, porte le nom de Rouah ha-Kodech, soit, "l'Esprit émanant de la source de sainteté". Les qualités d'un prophète ne peuvent être requises et utilisées pour trancher la loi. Seuls les membres du Tribunal suprême peuvent entériner la loi ; mais le prophète peut intervenir dans des décisions d'urgences politiques et proposer une directive, comme il est écrit : « Vous l'écouterez ». Deutéronome 18-15. Ils ont la charge d'inscrire et de transmettre au peuple les enseignements et les règles d'études reçues au mont Sinaï, avec l'aval des membres de la Cour suprême. Il faudra croire sans faille un prophète qui est reconnu par tous et qui certifit qu'untel est prophète, comme ce fut le cas pour Elichah (Elisée). Le Rambam ajoute : « les Prophètes ne prophétisent pas à n'importe quel moment, chaque fois qu'ils le désirent. Ils doivent se concentrer, s'isoler et solliciter la révélation prophétique. Malgré toutes ces préparations, elle pourra se révéler ou ne pas se révéler ». Par ailleurs, les exégètes soulignent que pratiquement tous les prophètes étaient des hommes riches. Les Enseignants précisent : "Toutes les fois que le nom d'un prophète est mentionné accompagné de celui de son père, cela indique qu'il s'agit d'un prophète fils de prophète. Toutes les fois qu'un prophète est mentionné sans être accompagné de celui de sa ville d'origine, cela indique qu'il était originaire de Jérusalem". Traité Méguila 15-a.
Les 55 Prophètes énumérés dans la Bible : Le Tanakh, la Bible hébraïque, dénombre cinquante cinq Prophètes dont quarante huit sont des hommes et sept sont des femmes ; Avraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aharon, Josué, Pinhas, Elkhanah, Hélie, Samuel, Gad, Nathan, David, Ahia de Chilo, Salomon, Hido le Voyant, Eliyhaou, Mikyha, Hobadiah, Hanani, Yéhou, Hazrihou, Yéhaziel, Elyhazar, Elisée, Jonas, Osée, Zékhariah, Hamos, Amots, Isaïe, Mikha, Joël, Nahoum, Ourihou, Habakouk, Tséphania, Jérémie, Ezéchiel, Nariah, Barouk, Daniel, Chariah, Mahasiah, Mardoché, Haggée, Zakharie et Malachie. Ibid Méguilah 14-a. Les sept prophétesses sont ; Sarah, Myriam, Déborah, Hannah, Avigaïl, Houlda et Esther.
1956 / - 1805
Nemrod devient le Maître de l'Humanité.
La Cité d'Ur ou Koutah. La cité du Dieu Soleil Chamach.
En 1956, Nemrod, âgé de 40 ans, devient le roi de Babylonie et installe son règne à Chinear. Reich Lakich enseigne : « Pourquoi la Babylonie est-elle appelée Chinear ? Parce que, là-bas, tous les morts du Déluge ont échoué ». Talmud de Jérusalem traité Berakhot 4-1. Selon les linguistes, les noms "Chinear" et "Summer" ont la même étymologie. L'archéologie moderne a découvert également que le nom Chinear signifie, en akkadien, "Babylonie".
Nemrod règne alors sur tous les peuples de la région de Koutah, qu'il contraint à le vénérer. Lors d'une campagne militaire, il délivre les tribus issues de Ham qui avaient été assujetties par les Japhétistes. Dès lors, il régne en maître absolu sur toute l'humanité, et toutes les tribus descendantes de Chem, Ham et Japhèt se soumettent au culte de sa personnalité. Nemrod érige une statue géante à son effigie et ordonne de l'adorer : « Nemrod est le premier à soumettre plusieurs nations et à imposer sa royauté sur elles ». Radak, Genèse 10-8. Il nomme Térah chef des armées, puis instaure un culte à la Lune. Il développe l'administration et modifie le système des vassaux par la création d'un conseil placé sous sa seule autorité, juridique et religieuse. Nemrod, qui maitrise les forces obscures et la sorcellerie, s'empare de tous les pouvoirs que l'on peut conférer à un roi et impose le culte des idolâtries.
Les ancètres des Samaritains : En 1854, le consul britannique de Basra, J.E. Taylor, est mandaté par le British Museum de Londres pour entreprendre des fouilles archéologiques. Il découvre, sur l'une des plus hautes collines de Mésopotamie, les vestiges de la ville d'Ur. Les recherches reprendront en 1922 sous la direction de Sir Leonard Wooley, qui va y découvrir des tombes royales. Les rois d'Ur étaient généralement inhumés, recouverts de riches ornements en or, et ensevelis avec tous leurs serviteurs. On retrouvera également des centaines de tablettes recouvertes d'inscriptions sumériennes. Certaines relatent l'événement du Déluge et font le récit des générations ultérieures. Dans un ancien manuscrit du Talmud de Babylone, rav Hysda enseigne : « La petite ville de Koutah, c'est Ur en Chaldée ». Traité Baba Batra 91-b. Les peuples de cette région sont les ancêtres des Samaritains, les Koutim. Lors des guerres d'invasions sur le royaume d'Israël (2964 / 3205) par les rois assyriens, ils coloniseront la région du Chomron, la Samarie, à la suite des vagues de déportations des tribus hébreux pas les assyriens.
Naissance de Loth.
En 1956, Haran, âgé de 39 ans, donne naissance à Loth. Un an plus tard, il donne naissance à Milkah.
1958 / - 1803
Sarah, la première Matriarche.
En l'an 1958, Haran, âgé de 42 ans, donne naissance à Saraï. Elle est la soeur de Loth et Milkah, et porte aussi le nom de Iska. Elle est la première des Imahot, les Matriarches, qui sont au nombre de quatre, avec Rébékha la femme d'Isaac, et Léah et Rachel les femmes de Jacob. Dans le Pentateuque, son nom s'écrit de deux manières : Saraï, lors de la première période de sa vie, et Sarah à partir de l'an 2047. Les textes du Tanakh, la Bible hébraïque, dénombrent 55 prophètes, dont quarante-huit sont des hommes et sept sont les femmes suivantes : Sarah, Myriam, Déborah, Hannah, Avigaïl, Houlda et Esther.
Cette même année, Avraham sort de la grotte où il s'était réfugié, puis va s'installer avec sa mère chez Chem et Noé, au Mont Moriah, emplacement de la future Jérusalem. C'est auprès de ces derniers qu'il va étudier durant trente-neuf années les sources de la Transmission.
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