• La Création du monde ou 'Briyat ha-Holam'• Le "Louah Hyvry" ou le Calendrier hébraique• Le "Chabat "et le "Yom Tov"• La "Kabbalah" ou la Sagesse Esotérique.• La Création du genre humain.• La Chaine de la Transmission du Judaïsme• Chroniques bibliques depuis la genèse de l'humanité• Ha-Maboul, le Déluge détruit l'humanité• 1948 / 2255 : Les Chlochah Avoth, les Trois Patriarches• 'Migdal Babel', la Tour de Babel• 'Brith ben ha-Bétarim' ou l'Alliance entre les Morceaux• La 'Brith Milah', la circoncision• 2048 / 2448 : De la naissance d'Isaac à la sortie des Hébreux d'Egypte• La 'Hakédah' ou le ligotage d'Isaac• Rébecca donne naissance à Jacob et Esaü• 2185 / 2205 : Jacob part en exil à Kharan• La rencontre entre Jacob et Esaü• Joseph est vendu par ses frères• 2238 / 2448 : Les Hébreux descendent en Egypte• 2332 / 2448 : La 'Galout Mitsraïm' ou l'exil d'Egypte• 'Yétsiat Mitsraïm', les Hébreux fuient l'Egypte• 'Chavouhot' ou le Don de la Torah• La 'Torah' ; la 'Torah ché-Bikhtav' ou la Loi écritte et la 'Torah ché-Béhalpé' ou la Loi orale• La 'Torah ché-Bikhtav' ou la Torah ecrite• La 'Parachat ha-Chavouah', la lecture hebdomadaire• Du Veau d'or au Grand Jour• Moïse fit assembler toute la communauté• Les Hébreux lèvent le camp• Les Hébreux achèvent quarante années dans le désert• La chaine de la Transmission de Maitres à disciples• Les "Tariag Mitsvoth" ou les 613 Commandements• 2488 / 3448 : Du Sanhédrine de Josué à la fin des Prophètes• La Nation d'Israël ; un peuple tripple, une Terre au 11 noms• Josué lance la conquête de la terre de Canahane• Les 'Choftim' ou les Juges• Les 'Mélakhim', les Rois• Le 'Beth ha-Mikdach' ou le Temple de Jérusalem• Les "Cohanim Guédolim" ou les Grands Prêtres• Les "Névyim" ou les Prophètes• Les "Korbanot" ou les Offrandes• Chroniques universelles d'Israël et des Nations• Le 'Tanakh' ou la Bible hébraïque• 3826 / 3830 : Jérusalem est assiégée par les romains• La Michnah, le premier codex de la législation hébraïqure• 219 / 460 : Les 'Amoraïm' ; les Maitres du 'Talmud'• Le Mizbéah• La "Beth ha-Knesset " ou la Synagogue• La "Téphilah" ou la Prière• Les "Tsitsit", et le "Talit" ou le port des franges.• Les "Téphilines" ou Phylactères• La "Hatounah" ou le mariage juif• Le "Lachon ha-Kodech" ou la Langue Sainte• Les "Chévah Mitsvot bné Noah" ou les 7 lois Noahides.



























































































































































































































Encyclopédie Page
HISTORIQUE DE VOS RECHERCHES

La "Torah ché-Bikhtav" ou la Torah écrite.

Les 5 Livres de la Torah Ecrite ou le "Houmach" ; le Pentateuque.

La Torah écrite, ou Torah ché-Bikhtav, a été transmise sous forme d'un "Rouleau de la Torah", ou Séfer Torah, écrit prophétiquement par Moïse. (photo de droite, Sifré-Torah) La Torah est écrite avec les 22 lettres hébraïques de base qui composent le Lachone ha-Kodech, c'est à dire la Langue Sainte. La Torah écrite débute par le récit de la Création du monde par D.ieu et se clôture par le récit de la mort du plus grand Prophète d'Israël, Moïse. Le texte est composé de 187 chapitres, 5 845 versets, 79 847 mots et 304 805 lettres. Un Séfer Torah est validé comme tel et ne peut être utilisé lors des lectures publiques que s'il est écrit sur un Klaf, soit un parchemin, avec de l'encre noire, et conformément aux règles d'écriture transmises de maître à disciple, depuis Moïse. Un Séfer-Torah ne peut être utilisé lors des lectures publiques que s'il a été écrit conformément à la loi, par un scribe reconnu, ou Sofer. L'ensemble des règles relatives à l'écriture et la lecture de la Torah écrite porte le nom de Massora. La Torah écrite se divise aussi en 5 Livres, les Hamicha Houmché Torah, (photo de gauche) appelés également Houmach. Ce terme désigne plus exactement l'ensemble des textes présentés dans leur version imprimée. Ces cinq Livres se subdivisent également en plusieurs sections à des fins de la lecture hebdomadaire de la Torah à la synagogue, ce sont les Parachyiot (Parachah au singulier). Chaque Parachah porte nom spécifique qui évoque en générale le fond du sujet évoqué.

L'Universalité de la Torah.

Au regard du Judaïsme, la Torah, dans sa quintessence, est définie comme étant l'expression de la vérité éternelle et de la volonté divine. Chaque mot, chaque lettre de la Torah constitut la matrice vivifiante, spirituelle et matérielle, du monde qui n'existe que par la "Parole de D.ieu". Ainsi, la Torah souligne que L'Eternel-D.ieu a eu une grande délectation que Lui soit fait une résidence dans ce monde ci, lors de la création ex-néhilo des Cieux et de la Terre : " Nithava ha-Kadoch Baroukh Ou la-hassot lo dira bétahtonim ". La Torah, en tant que matrice écrite du monde, a donc un impact fondamental sur l'homme et sur le déroulement de l'histoire. Elle est la seule référence écrite du récit de la Création du monde et de l'évolution de l'humanité. Elle est surtout la source d'une multitude de connaissances, de sagesses, de lois et de règles de vie pour tous les hommes. En conséquence, dans sa relation profonde et naturelle avec tous les hommes, les Sages déduisent des mots "ils ont campé dans le désert", que l'une des raisons pour laquelle la Torah fut donnée dans un désert, un Midbar, un lieu abandonné, commun à tous, est pour nous enseigner qu'il a été donné la possibilité à tous les hommes de s'en rapprocher et de suivre les préceptes qu'ils contiennent. C'est dans ce sens uniquement qu'il a été permis d'enseigner la Torah aux hommes et aux femmes non-Juifs qui montrent le désire de se convertir, bien que les peuples ai volontairement rejeté la Torah, et malgré les recommandations contraires émises dans le Zohar. Car, si le Don de la Torah avait eu lieu en terre d'Israël, en Terre sainte, il eut été possible pour le peuple d'Israël de rétorquer que celle-ci leur a été donnée à eux uniquement, que les nations n'ont aucune part dans celle-ci, et qu'il est donc interdit de la leur enseigner. Mékhilta section Yitro, Matan Torah, chap.1 Par ailleurs, c'est dans le cadre de la Torah que sont enseignées les lois qui incombent également à tous les hommes, à l'humanité ; ce sont les 7 lois de Noé ou lois Noahides, qui ont la particularité d'être universelles. Et c'est aussi dans le cadre de la transmission de ces lois qu'il a été permis d'enseigner la partie révellée de la Torah aux nations. Rambam, lois les Rois chap. 10-9

Toutefois, au regard des sources, les Sages ont considéré d'autres notions relatives à l'universalité de la Torah, c'est à dire, en autres du fait de sa proximité avec les nations. A ce propos, il est enseigné dans le Talmud et le Midrach, que lors du Don de la Torah, chaque parole que D.ieu prononçait était dite dans les 70 langues mères, parlées par les nations du monde. Traité Chabat 88-b et Chémot Rabah, chap. 5-19 De plus, sur les mots de la Torah, "lorsque Moïse commença à expliquer cette Torah", Dévarim 1-5 et sur les mots "très distinctement", Ibid 27-8 Rachi précise que Moïse traduisit et commenta la Torah dans les 70 langues, notamment, afin qu'elle soit accessible dans son ensemble et dans chaque langue vernaculaire propre à tous les hommes. Hykar Chifté Hakhamim lettre "mèm" Ainsi, chaque chef des 70 nations reçut une traduction de la partie révélée de la Torah afin que tous les peuples puissent prendre acte de son contenu et des lois que D.ieu a ordonné de respecter. Le Talmud fait apparaitre, par la voix de raby Yéhoudah, certaines raisons majeurs concernants cette relation et association entre les nations et la Torah. Celles-ci apparaissent dans le fait que D.ieu demanda à Moïse de l'écrire à nouveau sur des pierres avec de la chaux, au moment où les enfants d'Israël se tenaient sur le mont Garizim Talmud de Babylone traité Sotah 35-b : " Et tu y écriras toutes les paroles de cette Torah...", Genèse 27-3 afin qu'elle soit également traduite et accessible à tous. Il apparait donc salutaire et nécessaire à l'humanité que la Torah soit traduite et connue, notamment, afin que les nations puissent apprendre les règles majeures et fondamentales de bonnes conduites en société, telles que ne pas voler, ne pas tuer. Mais aussi, afin que chacun puisse avoir accès à la conversion, bien que les peuples aient rejeté de fait les lois de la Torah pour satisfaire leurs tendances. Mais également, afin qu'ils ne nous enseignent pas leurs conduites idolâtres et immorales, et ne nous incitent pas à nous détourner des voies de la Torah. Or Lahamim page 3

Les quatre niveaux de lecture.

Traditionnellement, il est enseigné par les Sages que les versets de la Torah écrite s'interprètent toujours selon leur sens rationnel et littéral "Eyn mikra yotsé midépchouto". C'est ce que rappelle parfois le principale éxégète de la Torah, raby Chlomo ben Itshak, soit Rachi, à propos de ses commentaires : " mon travail n'a d'autre vocation que d'éclaircir le sens simple du verset ". Toutefois, au-delà de la compréhension du sens littéral, pour lequel il est nécessaire de posséder une vaste connaissance de la Langue sainte, voir, connaître les racines des mots et des expressions hébraïques, il existe aussi d'autres niveaux de compréhension et d'étude du texte biblique, desquels sont tirés de nombreuses sagesses, lois et coutumes. Ceux-ci sont au nombre de quatre niveaux d'interprétation, des versets ou des mots, ils sont : 1/ le sens littéral ou Pchat - 2/ le sens allusif ou Rémez - 3/ le sens homilétique ou Drach - 4/ le sens ésotérique ou Sod. Les initiales de ces quatre noms forment le mot PaRDeS ou "verger" - origine du mot "PaRaDiS" - terme identifiant l'étude de la Torah à une "visite" dans le Verger de la Connaissance divine. Toute cette pédagogie et initiation à la compréhension de la Torah, c'est à dire, à l'étude des différentes facettes et profondeurs de ses enseignements, a été transmis lors du Don de la Torah à tous les Enfants d'Israël. Puis, tous ces enseignements et instructions ont été soigneusement transcrits par les Sages d'Israël de chaque génération, soit les dépositaires de la Chaîne de la Transmission. (photo à gauche, la Massora d'Alep / à droite, page de garde d'un Houmach retrouvée à Luneville).

Les Cinq Livres de la Torah écrite.

Livre 1 / le Livre de Béréchit, traduit par la "Genèse", comprend 50 chapitres répartis en 12 sections ou "Parachyiot". Littéralement, "Béréchit" signifie "Au commencement" : Béréchit, Noah, Lekh-Lékha, Vayéra, Hayé-Sarah, Toldot, Vayétsé, Vayichlah, Vayéchèv, Miquets, Vayigach et Vayehi. Ce livre est composé de 1 534 versets, 20 512 mots et 78 064 lettres.

Livre 2 / le Livre de Chémot ou "l'Exode" comprend 40 chapitres répartis en 11 "Parachyiot". Littéralement, "Chémot" veut dire "Les Noms" : Chémot, Vaéra, Bo, Béchalah, Yitro, Michpatim, Téroumah, Tétsavé, Ki-Tissa, Vayakèl, Pékoudé. Ce livre est composé de 1 209 versets, 16 723 mots et 63 529 lettres.

Livre 3 / le Livre de Vayikra ou "le Lévitique" comprend 27 chapitres, répartis en 10 "Parachyiot". Littéralement, "Vayikra" veut dire "Il appela" : Vayikra, Tsav, Chéminy, Tazriyah, Métsorah, Aharé-Mot, Kédochim, Emor, Béhar, Béhoukotaï. Ce livre est composé de 859 versets, 11 950 mots et 44 790 lettres.

Livre 4 / le Livre de Bamidbar ou "les Nombres" comprend 36 chapitres répartis en 10 "Parachyiot". Littéralement, "Bamidbar" veut dire "Dans le désert" : Bamidbar, Nasso, Béhahalotékha, Chélah, Korah, Houkat, Balaq, Pinhas, Matot, Masshé. Ce livre est composé de 1 288 versets, 16 368 mots et 63 530 lettres.

Livre 5 / le Livre de Dévarim ou "le Déteuronome" comprend 34 chapitres répartis en 11 "Parachyiot". Littéralement, "Dévarim" veut dire "Les Paroles". Le terme "Deutéronome", tiré du grec, signifie "répétition de la Torah" : Dévarim, Vaéthanane, Hékev, Réé, Chophtim, Ki-Tétsé, Ki-Tavo, Nitsavim, Vayélekh, Haazinou, Vézot-ha-Bérakha. Ce livre est composé de 955 versets, 14 294 mots et 54 892 lettres.

"Torah Ché-Bikhtav", le Tanakh ou la Bible hébraïque : De nos jours, les cinq livres de la Torah écrite sont également connue sous le nom latin de Pentateuque, mot dérivé du grec "Pentateuchos" qui signifie "cinq volumes", et fait partie de la Bible. Le mot "Bible", que nous utilisons ici, est tiré du grec "Biblia", qui fait référence à un rouleau de papyrus. Ce mot deviendra en latin un féminin singulier, traduit par "Bible". Le terme  utilisé par les chrétiens pour désigner le Pentateuque, soit "Ancien Testament", est une traduction du terme latin "Testamentum", qui se réfère au vocable hébraïque "Brith", ou Alliance. Cependant, au regard du Judaïsme, les 5 livres du Pentateuque ne sont pas les seuls ouvrages qui composent ce que nous appelons la "Torah Ché-Bikhtav", soit la Torah écrite. La Torah Ecrite est présentée en trois parties, elle comprend ; les 5 livres du Pentateuque, les 8 livres des Prophètes et les 11 livres des Hagiographes ; ceux-ci composent les 24 ouvrages qui constituent la Bible hébraïque, soit le Tanakh. C'est sous l'égide des Hommes de la Grande Assemblée, dirigée par Hézra le Scribe, que sera entreprit la rédaction et la cloture du canon biblique. Le corpus de ces 24 ouvrages est également appelé, par extension, la "Torah Ecrite".  

La "Parachat ha-chavouah" ou la lecture hebdomadaire.

Les lectures de la "Parachah" et de la "Haftarah".

Depuis l'époque de Moïse et, plus tard, au temps de Josué, les Hébreux ont adopté la coutume de lire en public, chaque Chabat matin, la Parachah, c'est-à-dire une section tirée des textes de la Torah écrite. Cette section hebdomadaire porte le nom de Parachah (Parachiyot au pluriel). Cette expression vient du verbe liphroch, qui signifie "prendre-séparer", chaque "Parachah" étant lue chaque semaine indépendamment des autres sections de la Torah. Chaque Parachah porte également un nom en rapport avec le contenu des versets. Le Rambam cite cet usage : " Moïse a institué pour le peuple d'Israël qu'ils lisent dans la Torah, le Chabat matin, le lundi matin et le jeudi matin, afin que ne s'écoulent pas trois jours sans que l'on n'ait écouté la lecture de la Torah ". Michné-Torah, Lois de la Prière, chapitre 12, Halakha 1. Cette coutume a été fixée par les Sages en référence aux jours quand Moïse descendit pour la première fois du mont Sinaï un lundi, puis un jeudi, lorsqu'il descendit pour la troisième fois le 10 Tichri, avec les seconde Tables de la Loi. Les lois détaillées de la lecture de la Torah figurent dans le Talmud de BabyloneTraité Méguilah, et sont codifiées par le Rambam. Chapitres 12 et 13 du Michné-Torah, Lois de la Prière. Leur codification définitive, selon la "Halakha", la loi, apparaît dans le "Choulkhan Aroukh". Orah Hayim, chapitres 135 à 149.(photo : Lecture de la Torah par Alex Levin)

Pour que cette lecture soit réalisable conformément à la Halakha, ou loi juive, la présence d'un Minyane s'impose. Il s'agit de dix hommes adultes âgés au minimum de treize ans (l'âge de la Bar-Mitsva). En règle générale, une assemblée de dix hommes adultes est requise pour la Téphilah, la prière quotidienne. De nos jours, dans toutes les synagogues, chaque Chabat matin est lue une section du Pentateuque. Celui-ci est divisé en 52, 53 ou 54 sections, selon le caractère de l'année : elle peut être une année "simple" (de 12 mois) ou "embolismique" (de 13 mois). La Loi orale, ou Michnah, ne précise rien au sujet de cette lecture publique, ni sur sa nature, ni sur la longueur du texte devant être lu. Selon le Talmud de Jérusalem, Moïse lui-même a institué la lecture de la Torah écrite pendant les jours de fêtes (appelés Yom Tov), mais aussi les jours de Roch-Hodech ("néoménie", ou premier jour du mois), et les jours de Hol ha-Moèd, c'est-à-dire, les jours ouvrables situés entre les premiers et les derniers jours de Yom Tov (comme Péssah et Souccot).

De la Genèse à la Genèse.

La tradition préconise de recommencer à lire le début de la Torah écrite, dès le Chabat matin qui suit la fête de Souccot. En ce jour, est lue la première section du livre de la Torah écrite, soit le livre de "Béréchit", ou "la Genèse". Cette lecture se poursuit chaque semaine, jusqu'à la fête de Souccot de l'année prochaine, qui marquera la clôture de l'année. Néanmoins, lors des sept années embolismiques du cycle du calendrier hébraïque, la lecture de la Torah est divisée en cinquante-six "parachiyot" hebdomadaires. Le compte du nombre de sections dépend des calculs relatifs à la fixation du calendrier hébraïque. De nos jours, les lectures publiques ont été fixées systématiquement pour toutes les générations, depuis le IVème siècle, sous la directive d'Hillel II. Auparavant, le nombre annuel total de sections hebdomadaires tirées du Pentateuque n'était pas défini à l'avance. Une première coutume a perduré jusqu'à l'époque d'Hézra le Scribe, et ce, jusqu'à l'époque de la Michnah, soit au début du III ème siècle. Les Israélites qui résidaient en Terre Sainte lisaient, chaque Chabat matin, un minimum de vingt-et-un versets de la Torah écrite, à l'exception des jours de fêtes. A l'époque du Talmud de Babylone, il fut décidé de lire toute la Torah écrite en trois ans. Ils finissaient alors les cinq livres de la Torah, une fois tous les trois ans, et non pas tous les ans comme nous en avons l'habitude, dit Rachi (photo : écriture en Langue sainte des 54 parachiyot de base). Traité Méguila 29-b. Selon d'autres avis, on lisait toute la Torah écrite deux fois tous les sept ans. Cependant, dans les communautés babyloniennes, toute la Torah était lue en un an. Cette coutume-là a été adoptée dans toutes les communautés juives, comme le mentionne le Rambam dans le Michné-Torah : « La coutume la plus répandue, dans tout Israël, est de terminer toute la lecture de la Torah en un an. Certains la finissent en trois ans, mais ce n'est pas l'usage commun ». Lois de la Prière, Chapitre 13, Halakha 1.

Les 7 "Haliyot" : En règle générale, chaque Chabat matin, sept hommes sont invités à tour de rôle à monter sur l'estrade de la Torah afin de réciter les bénédictions qui précèdent et qui suivent la lecture publique de la Torah. Ainsi, chaque Parachah est présentée en sept "montées" ou haliyot. Afin que cette lecture se passe dans un esprit d'harmonie communautaire, la loi juive stipule que la première montée, ou haliya, est attribuée à un Cohen, quelle que soit sa profession ou sa situation économique. Il suffit qu'il soit âgé de treize ans (l'âge de la Bar-Mitsva) et qu'il soit circoncis. En deuxième lecture, on fait monter un Lévy, dans les mêmes conditions. En troisième position et au-delà, on fait monter un Juif, quel qu'il soit. Il suffit, pour cela, d'être un Israélite âgé au minimum de 13 ans. Cependant, cette présentation n'est pas absolue, car les "haliyot" dépendent aussi du rang des personnes présentes. Certaines de ces règles d'usage apparaissent dans le Talmud de Babylone, au traité Guittin. (photo : bénédictions dites, l'une avant la montée à la lecture à la Torah, et l'autre après la lecture)

Celui qui est nommé pour lire la Torah écrite est appelé le Bahal Koré ou "Maître-Lecteur". La Torah doit être lue exclusivement par une personne qui comprend le sens du texte hébraïque et connaît avec exactitude les signes de cantilation qui accompagnent chaque verset : ce sont les Tahamé ha-Mikra. Ces signes ont été transmis à Moïse au mont Sinaï et retransmis oralement durant des générations. Zohar, Vayakel 205-b ; Mahzor Vitry 120 ; Rabbénou Béhayé sur Genèse 5-29. Ils sont cités également dans le Zohar, Béréchit 24-b. Leur transcription remonte à l'époque de Ben Acher et Ben Naftali de Tibériade. Le premier Tanakh rédigé avec les signes de cantilation date de l'époque des Guéonim, vers le VIIème siècle.

Un supplément à la lecture de la Torah, la "Haftarah" : Depuis la période du second Temple de Jérusalem (3408/3828) la "Parachah", soit la lecture hebdomadaire de la Torah écrite chaque Chabat matin, a toujours été suivie de la lecture de la Haftarah. Généralement, l'individu qui est appelé le huitième à la lecture de la Torah lit aussi la "Haftarah". Cette huitième lecture est une répétition des derniers versets de la Parachah, et cette huitième personne est appelée Maftir. Le texte de cette lecture supplémentaire est tiré des livres des Prophètes. La lecture de la "Haftarah" a été instituée postérieurement à la lecture de la Parachah. Cette pratique remonte à la période grecque, sous le règne des Hasmonéens. Cette décision avait été prise par le Sanhédrine des Paires, alors queles Grecs avaient interdit aux Juifs la lecture publique de la Torah écrite. Elle avait été ensuite instituée pour toutes les générations futures. Rachi rapporte une correspondance écrite des Guéonim témoignant de la coutume de lire au moins dix versets des livres des Prophètes. Cependant, à la suite des décrets interdisant la lecture de la Loi écrite, à l'époque des Perses, cette coutume cessa. Les Baalé-Tossafot (successeurs de Rachi et commentateurs du Talmud) pensent, contrairement à l'opinion de Rachi, que le décret des Perses ne visait pas les livres des Prophètes mais les Hagiographes ("Kétouvim", en hébreu). Réfces ???

Du Veau d'Or au Grand Jour

Les 1ères Tables de la Loi se brisent.

Le 17 tamouz, alors que tout le peuple a entendu les Dix paroles, Moïse redescend du mont Sinaï avec les premières Louhot ha-Bérit ou les "Tables de l'Alliance", ou premières Tables de la Loi, contenant toute la Torah. Il constate amèrement que, pendant son absence, une partie du peuple a fabriqué une idole à l'apparence d'un veau d'or, ou Héguel Zahav en hébreu (photo : détail peinture de Poussin). Les auteurs du Veau d'or sont mentionnés dans le Pentateuque, sous le nom de Erev Rav, soit une "Multitude d'individus mélangés". Ce groupe est composé essentiellement d'Egyptiens ayant choisi de suivre Moïse au moment de la sortie d'Egypte. Ce sont eux qui pervertissent les Hébreux, en l'absence de Moïse, et ce sont eux qui assassinent Hour, neveu de Moïse et opposé à l'entreprise du veau d'or, le jour du 16 tamouz. Pour parvenir à leur fin, ces Egyptiens persuadent les Hébreux que Moïse doit redescendre du mont Sinaï le 16 tamouz et non le 17. Or, ils ont volontairement homis de compter les six premières heures du jour où Moïse est monté sur le mont Sinaï. Puis, Aharon, après avoir assisté à la mort de son neveu, et lui-même sous la menace de mort, est contraint de fondre les bijoux en or des Hébreux. Talmud de Babylone traité Sanhédrine 7-a. Ce sont finalement ces mêmes Egyptiens qui réussissent, par leurs pouvoirs maléfiques, à faire sortir du creuset un veau d'or vivant, qui gambade et broute de l'herbe. Psaumes 106-20. Ils attirent ensuite, dans la bouche de ce veau, une force occulte et le veau se met à parler. Il proclame : " Voici tes d.ieux, ô Israël, qui t'on fait sortir du pays d'Egypte ". Zohar, Exode 192-b. Certains individus parmi les Hébreux succombent alors à l'épreuve de l'idolâtrie : " Le peuple, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne, s'attroupa autour d'Aharon et lui dit : Allons ! Fais nous un dieu qui marche à notre tête, puisque celui-ci, Moïse, l'homme qui nous a fait sortir du pays d'Egypte, nous ne savons pas ce qu'il est devenu ". Exode 32-1. A ce moment-là, précisent les exégètes, l'écriture des Tables "disparaît" miraculeusement : les lettres gravées sur les Tables de la Loi "s'envolent", les Tables glissent des mains de Moïse et se brisent à terre. Réfce ???

Les Sages rappellent la cause de la transformation du bloc d'or en un veau d'or. Au moment de la sortie d'Egypte,  disent-ils, pour récupérer le sarcophage de Joseph, plongé au fond du Nil, Moïse doit jeter une plaque en or sur laquelle est inscrit le Nom de D.ieu ainsi que les mots "Halé Chor " ou Monte, taureau !, le "Taureau" étant le symbole de Joseph. En cette circonstance, un jeune homme dénommé Mikha s'empare de cette plaque et la transmet à Janès et Jambès,  les deux fils de Bilham, tous deux issus du Erev Rav. Ce sont eux qui, en l'absence de Moïse, jettent la plaque d'or dans le feu et font apparaître par la sorcellerie un veau d'or doté de pouvoirs occultes. Pirké de raby Elyhézer, Chapitre Réfce???

Le 18 tamouz, après avoir broyer le veau d'or, Moïse juge et condamne les fautifs. Les Lévytes ceignent leurs épées et mettent à mort trois mille idolâtres. Moïse remonte une seconde fois sur le Mont Sinaï, afin d'implorer le pardon de D.ieu pendant quarante jours et quarante nuits. Lors de cette deuxième période, Moïse monte et redescend chaque jour. Cette deuxième étape se termine le 28 Av.

Le "Yom Kippour" ou le Grand Jour.

Le 10 tichri, Moïse redescend avec les deuxièmes Tables de la Loi.

Le 29 av 2448, à la suite de la faute du "Veau d'or", Moïse remonte pour la troisième fois sur le mont Sinaï, pour une durée de 40 jours et 40 nuits. Il redescend le jour de Chabat, samedi 10 tichri 2448, avec les deuxièmes Tables de la Loi, contenant toute la Torah. En cette occasion, Moïse construit une première Arche Sainte dans laquelle il dépose les débris des premières Tables de la Loi. (photo : les encens de Kippour) 

Le 10 tichri est, conformément à la loi juive, la "halakha", la date de célébration du Yom Kippour ou Jour de Kippour, c'est-à-dire le "Jour des Expiations" : " Ce sera pour vous un décret perpétuel, le septième mois, le dixième jour du mois, vous mortifierez vos personnes, et vous ne ferez aucun travail : ni l'habitant, ni l'étranger qui séjourne au milieu de vous. Car, en ce jour-là, il sera fait expiation sur vous, pour vous purifier de tous vos manquements ; devant l'Eternel, vous serez purifiés. Ce sera pour vous une cessation absolue de tout travail, et vous mortifierez vos personnes, décret perpétuel ". Lévitique 16-29;32. Ce jour est consacré  au jeune et à la prière et est également connu sous le nom de "Jour du Grand Pardon" car, en ce jour, le Créateur efface toutes les fautes du peuple d'Israël, si celui-ci est repentant. Certes, même lorsque l'homme transgresse la volonté divine, l'essence de son âme reste pure. S'il se repent, il pourra être lavé de tous ses péchés. L'expression "Kippour" trouve son étymologie dans le verbe hébraïque "lé-khaper" qui signifie "expier", d'où le terme de Kaparah, ou expiation. Celui-ci prend ici le sens de rachat des fautes personnelles, volontaires ou non.

Dans la Torah écrite, ce jour est défini comme étant l'un des jours les plus saints de toute l'année hébraïque : " Et l'Eternel parla à Moïse en ces termes : Cependant, le dixième jour de ce septième mois sera le jour des Expiations, réservé à la sainteté. Vous mortifierez alors vos personnes et vous offrirez des sacrifices, au nom de l'Eternel. Vous ne ferez aucun travail en ce jour, car c'est le jour des expiations pour vous, devant l'Eternel votre Dieu. Mais, toute personne qui ne se mortifiera pas en ce jour sera retranchée de son peuple. Et toute personne qui accomplira un travail en ce jour-là, Je la ferai disparaître du milieu de son peuple. Ceci est un décret perpétuel pour vos générations, dans toutes vos demeures. Ce sera pour vous une cessation absolue de tout travail, et vous mortifierez vos personnes, depuis le neuf du mois au soir, d'un soir à l'autre, vous cesserez tout travail ". Lévitique 23-26;32

Les lois relatives au déroulement du jour de Kippour sont enseignées dans la Michnah, au traité Yomah. Le terme araméen Yomah (qui signifie "Le Jour") est une allusion à un jour unique et exceptionnel (emploi du singulier), soit le "Jour de Kippour". Dans le Talmud, ce jour porte le nom de Yomah Rabah, ou "Grand Jour". Talmud de Babylone traité Roch ha-Chanah 21-a. Il est parfois évoqué dans la Torah écrite par l'expression Chabat Chabaton ou le "Chabat du Chabat". Les sept premiers chapitres de la Michnah traitent essentiellement de la préparation du Cohen Gadol, le Grand Prêtre, de la cérémonie de ce jour, et des travaux qu'il devait effectuer, seul, dans le Temple de Jérusalem. Le dernier chapitre traite des lois relatives au jeûne ou Tsom, en hébreu, du repentir ou Téchouvah et des Kaparot, soit les Offrandes expiatoires apportées sur le Grand Autel du Temple. A l'époque du Temple de Jérusalem, des Offrandes expiatoires étaient apportées en l'honneur de D.ieu, en ce jour saint et sollennel : " Au dixième jour de ce septième mois, il y aura pour vous une convocation sainte. Vous offrirez en holocaustes à l'Eternel un jeune taureau, un bélier et sept agneaux d'un an sans défaut ". Nombres 29-7;11 Selon la Torah, le procéssus qui mène l'homme dans la voie de la Téchouvah suppose que celui-ci doit en permanence s'impliquer et se soumettre à trois résolutions décisives, ce sont Hazivat ha-Hète, Vidouï et Harata et Haklhatot tovot. Soit, abandonner les erreurs passées et les comportements inverses aux lois de la Torah, des fautes pour lesquelles il faut également exprimer du regret et évoquer les fautes commises intentionnellement ou par inadvertance. Le repentir implique de prendre de bonnes résolutions dans son coeur et les exprimés verbalement.

Le 10 tichri : jeûne et règles générales.

Le 10 tichri, Jour de Kippour, est marqué par un jeûne collectif qui représente un commandement positif de la Torah écrite. Le jeûne de Kippour dure environ 26 heures. Il commence le soir du 9 tichri, au coucher du soleil, dure toute la journée du 10 tichri et se termine le soir du 10, à la sortie des étoiles. C'est un jour consacré exclusivement à la prière, ou Téphilah, et au repentir, par lequel tout individu du Peuple d'Israël obtient le pardon complet de toutes les transgressions éventuelles commises durant l'année.

La veille de Kippour, soit le 9 tichri, de nombreuses communautés juives perpétuent l'usage des Kaparot, dont le but est de procurer à chacun la conscience de la nécessité d'expier ses fautes. Celle coutume peut s'accomplir soit en sacrifiant un coq (pour les garçons et les hommes), soit en sacrifiant une poule (pour les filles et les femmes), soit en offrant leur valeur marchande à des personnes nécessiteuses. Avant de commencer le jeûne, la loi exige de consommer un repas appelé Séhoudah ha-Mafséket.

L'office du soir commence par la prière de Kol Nidré, dont le but est d'absoudre les voeux et les serments que l'on pourrait prononcer durant l'année à venir. Les prières spécifiques de ce jour rappellent la grandeur du Créateur, le mérite des Patriarches et des Prophètes, ainsi que la soumission d'Israël aux préceptes divins reçus au mont Sinaï, soit les 613 Commandements. Durant chacune des grandes prières de ce jour, est récité le Vidouï. C'est une confession énumérant toutes les fautes commises, par inadvertance ou volontairement, et pour lesquelles le pardon est invoqué. Lors de la prière de l'après-midi, ou "Minha", la lecture de la Torah écrite, ou Parachah, porte sur la section "Aharé-Mot". Chapitre 18 du livre du Lévitique. Elle mentionne des mises en garde contre les pratiques et unions immorales. Puis, est lue une section des Textes des Prophètes, appelée Maftir Yonah, soit la Haftarah de l'histoire de Jonas. Ce texte développe le concept du repentir, mais aussi le refus de Jonas d'obéir à Dieu pour sauver le destin du peuple d'Israël. La dernière prière de ce jour est appelée Néhila, ou "Prière de Clôture". Elle est récitée debout, face à l'Arche Sainte grande ouverte et contenant les "Rouleaux de la Torah", ou Sifré Torah. Cette prière se poursuit jusqu'à l'issue du jeûne. A ce moment-là, les Portes du Ciel sont égalementr ouvertes et Dieu accepte la prière sincère de chacun, afin de l'inscrire dans le "Livre de la Vie" : " Tu tends une Main aux pécheurs, et ta Droite est étendue pour recevoir le pénitent ". Liturgie de l'Office de Kippour.

En règle générale, toutes les activités déjà interdites le Chabat le sont également le jour de Kippour. Ainsi, il est interdit de travailler, transporter un objet dans le domaine publique, conduire un véhicule et téléphonner. En outre, il existe en ce jour cinq interdits spécifiques qui sont : manger, boire, se laver (ou se frictionner et se parfumer),  porter des chaussures en cuir et avoir des rapports conjugaux. Pour une connaissance plus détaillée de ce sujet, il convient d'étudier les lois relatives à ce jour dans les ouvrages de la législation juive, la "Halakha".  Choul'han Aroukh Orah-Hayim, Chapitres 404-424 Dans certaines communautés ashkénazes, les hommes mariés ont la coutume de porter un long vêtement blanc, ou Kitel, rappelant  l'aspect du linceul mortuaire mais symbolisant aussi le niveau de perfection des anges célestes. Le Kitel rappelle ainsi à chacun le jour de la mort et l'invite à s'engager dans un repentir sincère. (photo : les mots "Téchouvah", le Repentir ; "Téphilah", la Prière ; et la "Tsédaka" ou la Justice)

De nos jours, dans le rituel de la Téphilah, la prière du jour de Kippour, est lue la cérémonie effectuée par le Grand Prêtre, étape par étape, lors de l'office. Durant les sept jours qui précédaient Kippour, le Grand Prêtre vivait séparé de tous, et révisait avec des experts tout le service de Kippour. En ce jour, il revêtait alternativement les quatre habits de lin, puis les huit vêtements solennels. Il priait afin d'obtenir le pardon pour tout Israël et une année de bénédiction et d'abondance matérielle. Le Grand Prêtre effectuait alors cinq services différents. A chacun de ses services, il devait se "sanctifier", c'est-à-dire s'immerger rituellement dans un Mikvé, ou bain rituel, à cinq reprises. Il devait aussi procéder à dix ablutions des mains et des pieds. La clôture du jeûne est célébrée, à la sortie des étoiles, par une longue sonnerie du Chofar (corne de bélier réservée spécialement à cet usage).

Obtenir le pardon de D.ieu et des hommes : Le Judaïsme souligne que le jour de Kippour ne rachète que les fautes commises à l'égard de D.ieu, Ben Adam lé-Makom. Ce jour ne pardonne aucunement les fautes commises envers son prochain, Ben Adam léhavéro. C'est un devoir religieux, imposé par le Judaïsme et en vigueur pour tous les hommes et femmes de se pardonner mutuellement tout au long de l'année et surtout en cette occasion. A ce sujet, le Rambam écrit dans les Lois du Repentir : " Le repentir et le jour de Kippour n'effacent que les fautes commises vis-à-vis de l'Omniprésent, comme la consommation de mets interdits ou l'union avec des personnes interdites. Les fautes commises envers son prochain, comme le blesser, le maudire, ou le voler, ne sont pardonnées que si l'on s'est réconcilié avec l'offensé. Et même si l'on a rendu ce que l'on devait, il faudra se réconcilier également. Même si le préjudice n'est que moral, il faudra aussi se réconcilier. Personne ne devra être cruel au point de refuser le pardon à l'offenseur. Et, au moment où l'offenseur demande pardon, on pardonnera d'un cœur sincère et en désirant la paix, car telle est la conduite d'Israël ". Michné-Torah, Lois du Repentir, Chapitre 2, Halakha 9.

Moïse fit assembler la communauté des enfants d'Israël

Moïse dresse le Tabernacle, le "Michkane".

Le 10 tichri 2448, D.ieu ordonne à Moïse de dresser le Michkane, ou Tabernacle : " Ils me construiront un sanctuaire et Je résiderai parmi eux. Tel que Je te montre le modèle du Tabernacle et le modèle de tous ses ustensiles, vous l'exécuterez ainsi ". Exode 25-8,9. Le "Michkane" est aussi appelé Ohel Mohed, ou "Tente d’Assignation", ou encore Ohel ha-Hédout, ou "Tente du Témoignage", au nom de l'Arche Sainte qui s'y trouvait. A son propos le Ramban écrit : " L'essence du désir de D.ieu de construire un Michkane est pour avoir un lieu pour le repos de la Divinité, la Chékhina ". Ramban sur Exode 25-2

Le 11 tichri, Moïse réunit et informe tous les individus du peuple d'Israël de leur devoir relatif à la construction du Tabernacle : " Moïse fit assembler toute la communauté des enfants d'Israël, et leur dit : voici les choses que l'Eternel a ordonné de faire ". Exode 35-1. Le même jour, Jéthro, le beau-père de Moïse, constate que son gendre ne peut plus sièger seul, matin et soir, pour juger tout le peuple d'Israël. Rachi sur Exode 18-13. Il lui conseille alors de fonder le premier Sanhédrine Ha-Gadol, ou Grand Sanhédrine : " Et toi, choisis entre tout le peuple des hommes éminents, craignant D.ieu, des hommes intègres, ennemis du lucre, et place les à leur tête ". Ibid 18-21. Puis, Moïse entreprend la construction du Tabernacle. Celui-ci mesure environ 50 mètres de long sur 25 mètres de large. Un premier espace, appelé Hatser, ou "Parvis", contient le Mizbéah, l'Autel sur lequel sont consumées les Offrandes, et le Kiyor, ou "Bassin", pour les ablutions des Cohanim, les prêtres. Un deuxième espace, appelé Ohel Mohed, ou "Tente d’Assignation", ou encore Ohel ha-Hédout, ou "Tente du Témoignage", comprend deux zones : l'une, appelée Kodech, ou"Sanctuaire", et l'autre appelée Kodech ha-Kodachim, ou "Saint des Saints".

Dans le Kodech, se trouvent la Table en or sur laquelle sont posés les 12 "Pains de Proposition" (dessein) ou Léhem ha-Panim, la Ménorah ou "Candélabre", et le Mizbah ha-Kétorèt, ou "Autel des Encens". Au fond du Tabernacle, dans l'espace dénommé Kodech ha-Kodachim ou "Saint des saints", se trouve le Aron ha-Hédout, ou "Arche Sainte", ou encore "Arche du Témoignage". Cette Arche contient les Tables de la Loi reçues par Moïse, ainsi qu'un Séfer Torah écrit par Moïse. Le Tabernacle est entouré de grandes tentures tissées de fils précieux et suspendues à des poutres en bois de cèdre recouvertes d'or, et dont les socles sont en argent massif.

Une première phase de la réalisation de l’ouvrage s'étalera jusqu’au 25 kislèv, une seconde jusqu'au 23 adar, puis une troisième jusqu'à son édification et inauguration, le 1er nissan. Du 1er thévèt au 23 adar, Moïse enseigne à Aharon et ses fils, les Cohanim, le service du Tabernacle, ou plus exactement comment monter et démonter le Tabernacle. Du 23 au 29 adar, Moïse monte et démonte seul le Tabernacle, chaque jour, durant 7 jours. Ces 7 jours sont appellés Yémé ha-Milouïm, ou "Jours d'intronisation". Tous les ustensiles en or utilisés dans le Tabernacle vont être confectionnés, de tichri à kislèv.

En cette occasion, D.ieu ordonne à Moïse de choisir Betsalel ben Oury, de la tribu de Judah, pour diriger la construction du Tabernacle et de l'Arche Sainte. Raby Yéhoudah, au nom de Rav, précise que Betsalel savait comment combiner les lettres avec lesquelles les cieux et la terre ont été créés : " Il l’a rempli de l’esprit de Dieu, de sagesse, d’intelligence et de science ". Ibid 35-31.  Betsalel construit donc une seconde arche, la première arche ayant été construite par Moïse pour y déposer les deuxièmes Tables de la Loi. Rachi sur Deutéronome 10-1 Betsalel commence par construire le Tabernacle, puis le Aron ha-Kodech ("Arche Sainte"). Assisté d'orfèvres, il fabrique la vaisselle en or pur destinée au service sacré et aux cérémonies : " Betsalel, fils d'Ouri, fils de Hour, de la tribu de Judah, exécuta tout ce que l'Eternel avait ordonné à Moïse. Et, avec lui, Aholiav fils d'Ahissamakh, de la tribu de Dan, artisan, artiste et brodeur, en laine bleue, en pourpre, en écarlate, et en fin lin ". Exode 38-22,23.

Le "Aron ha-Kodech" était un coffre composé de trois boîtes gigognes : une boîte externe en or, une boîte intermédiaire en bois de cèdre et une boîte interne en or : " Ils feront une arche en bois de cèdre, de deux coudées et demie de long, une coudée et demie de large et une coudée et demie de hauteur. Tu la recouvriras d'or pur, intérieurement et extérieurement tu la recouvriras ; et tu construiras au-dessus une corniche d'or tout autour ". Ibid 25-10,11. L'arche mesure environ 75 cm de haut, 125 cm de long et 75 cm de large. Un couvercle en or pur, appelé Kaporète, d'environ 10 cm d'épaisseur, recouvre l'assemblage des trois boîtes gigognes. Sur ce couvercle et à ses deux extrémités, ressortent deux chérubins en or d'une hauteur d'un mètre, appelés Kérouvim et dont les faces ressemblent à deux visages d'enfants. Ils ont des ailes déployées en hauteur qui recouvrent le "Kaporète" : " Tu feras deux chérubins d'or : tu les frapperas d’une seule pièce, aux deux extrémités du couvercle. Et tu ferais un chérubin à une extrémité et un chérubin à l'autre extrémité ; c'est du couvercle que vous ferez saillir ces chérubins, à ses deux extrémités. Les chérubins étendront les ailes en hauteur et recouvriront le couvercle. Leurs faces seront tournées l'une vers l'autre, dirigées vers le couvercle ". Ibid 25-18;20. Pour permettre le transport de l'arche, deux barres en bois de cèdre recouvertes d'or sont placées dans des anneaux en or, coulés aux quatre coins de l'arche.

Plus tard dans l'histoire, lorsque les Hébreux sortaient en guerre, ils emportaient généralement l'arche de Moïse. Rachi précise cependant que l'arche construite par Betsalel fut emmenée exceptionnellement à la guerre, au temps du Juge Hélie, et qu'elle fut capturée par les Philistins. Les Hébreux avaient ainsi été punis d'avoir emmené cette arche. Ibid 10-1 Elle ne fut récupérée et emmenée à Jérusalem qu'au temps du roi David. Bien plus tard, en 3302, le prophète Jérémie ordonnera au roi Josias de cacher l'Arche Sainte, mais également une fiole d'huile d'onction pure, le Chémène ha-Michkha, qu'avait préparé Moïse, le bâton d'Aharon ha-Cohen, et un pot rempli de Manne. L'Arche Sainte est cachée sous le mont du Temple dans un souterrain qu'avait construit le roi Salomon à cet effet et ensuite emmuré. Rambam, Loi du Temple chap. 4-1 Aussi, le coffre rempli d'or qui avait été donné par les Philistins aux Hébreux en 2871, fut lui aussi caché à ce moment. Talmud de Babylone traité Horayot 11-b

L'Autel, ou "Mizbéah", porte trois noms : le premier Autel, que Moïse fait construire, est en bois de cèdre recouvert de cuivre, c'est pourquoi il porte le nom de Mizbah ha-Néhochète, ou "Autel de Cuivre". Celui-ci mesure 2,5 mètres sur 2,5 mètres pour une hauteur de 5 mètres. L'intérieur de l'Autel est creux et rempli de terre lorsque celui-ci est posé sur le sol, durant une halte dans le désert. Le bûcher, ou Maharakha, situé au centre, mesure environ 60 cm sur 60 cm. Afin de monter au niveau de l'Autel, une rampe ou Kévech, de 15 mètres de long sur 1,5 mètre de large, est construite, attenante à l'Autel, afin de permettre aux Prêtres d'accéder au niveau supérieur du  bûcher. L'Autel porte également les noms de Mizbéah ha-Hitson (étant situé à l'extérieur, soit dans la Hazarah), et Mizbah ha-Holah, car les Offrandes sont consummées sur cet Autel, dans tous les cas d'expiations et d'holocaustes.

L'Autel des Encens : l'Autel sur lequel sont consumés les 11 Encens, ou Kétorèt, se trouve à l'intérieur du Michkane, côté sud, à 5 mètres de l'entrée. Il est fait en bois de cèdre recouvert d'or pur. Il est entouré dans sa partie supérieure d'une bordure d'or pur. C'est pourquoi il porte le nom de Mizbah ha-Zahav. Il mesure environ 1 mètre de haut, et  50 cm sur 50 cm de côté (il est carré). Cet Autel porte également les noms de Mizbéah ha-Pénimi, car il est placé à l'intérieur du Tabernacle, et Mizbah ha-Kétorèt, au nom des 11 encens qui y sont consumés : " L'Eternel dit à Moïse, prends des épices...et tu en feras des encens...et tu en mettras devant l'Arche, dans le Tabernacle, où Je me ferai connaitre à toi. Il sera pour vpus des plus saints ". Exode 30-34;36

Dans le Talmud les Sages donnent la composition des 11 encens, ils sont ; 1/ Ha-Tsary - le baume. 2/ Ha-Tsiporene - la girofle. 3/ Ha-Hélbénah - le galbanum. 4/ Ha-Lévonah - l'encens. 5/ Mor - le myrrhe. 6/ Kétsihah - le cassis. 7/ Chibolèt Néred - le nard. 8/ Karcos - le safran. 9/ Ha-kochét - le costus. 10/ Kiloupha - de l'écorce aromatique. 11/ Kinamone - du cinamone. On utilisait également pour embellir ou pour une bonne odeur, l'herbe de karchinah, du vin de chypre ou du vin blanc fort, du sel de Sodome et de l'herbe qui produisait de la fumée. La quantité d'encens pour toute l'année était de 368 manim, soit 365 manim pour les 365 jours de l'année et 3 manim était gardé pour le jour de Kippour.

" Tu feras avancer les Lévytes devant D.ieu " : Après la sortie d'Egypte et le Don de la Torah, les descendants de de la tribu de Lévy changeront de statut au sein des tribus d'Israël et seront consacrés au service sacré dans le Tabernacle, le Michkane. A l'origine les 12 tribus étaient composées des 12 fils de Jacob. Mais au cour de son histoire, la tribu de Lévy ne fut plus comprise dans le compte des 12 tribus : " Tu sépareras les Lévyim du milieu des enfants d'Israël, et les Lévyim seront à moi...Car réservés, ils Me sont réservés, à Moi, entre les Enfants d'Israël, en échange de tout premier fruit des entrailles, de tout premier-né parmi les Enfants d'Israël, Je Me les ai attribués ". Nombres 8-14;16. Ce sont essentiellement les Lévytes qui étaient préposés au service du Tabernacle : " Tu préposeras les Lévytes au Tabernacle du Statut et à tous ses ustensiles. Ce sont eux qui porteront le Tabernacle et tous ses ustensiles, et ce sont eux qui en feront le service, et ils camperont à l’entour du Tabernacle. Quand le Tabernacle devra voyager, les Lévytes le démonteront. Quand il devra s’arrêter, les Lévytes le dresseront. Le profane qui s’en approchera sera frappé de mort. Les Lévytes assureront la garde du Tabernacle du Statut "Nombres 1-50;53.

2449 / - 1312

Les 12 Tribus inaugurent le "Michkane".

"Ce fut le jour où Moïse termina de dresser le Michkane..."

Le dimanche 1er nissan 2449, soit le huitième jour, Moïse termine de dresser le Tabernacle, ou Michkane, d'oindre et de sanctifier tous les ustensiles en or, ainsi que le Grand Autel ; ce jour, tout le peuple d'Israël célébre l'inauguration du Tabernacle : " L'Eternel parla à Moché en disant : Au premier jour du premier mois, tu dresseras le Tabernacle de la tente d'assignation. Tu y placeras l’arche du témoignage, tu couvriras l’arche d'un voile. Tu apporteras la table, tu amèneras le candélabre et allumeras ses lampes. Tu placeras devant l’arche du témoignage l'autel d'or pour le parfum, et tu mettras la toile à l'entrée du Tabernacle. Tu placeras l'autel de l'holocauste devant l'entrée du Tabernacle de la tente d'assignation. Tu placeras le bassin entre la tente d'assignation et l'autel, et tu y mettras de l'eau. Tu mettras le parvis à l'entour, et tu placeras la toile à la porte du parvis. Tu prendras l'huile d'onction, et tu en oindras le Tabernacle et tout ce qui s'y trouve ; tu le consacreras, ainsi que tous ses ustensiles, et il sera consacré. Tu oindras l'autel de l'holocauste et tous ses ustensiles. Tu consacreras l'autel, et l'autel sera éminemment saint. Tu oindras le bassin et son support, et tu le consacreras. Tu feras approcher Aharon et ses fils de l'entrée de la tente d'assignation, et tu les laveras avec de l'eau. Tu revêtiras Aharon des vêtements saints, tu l'oindras, tu le consacreras, et il officiera devant Moi. Tu feras aussi approcher ses fils, que tu revêtiras de tuniques. Tu les oindras, comme tu auras oint leur père, et ils officieront devant Moi. Cette onction leur servira de ministère perpétuel dans leurs générations ". Exode 40-1;15.

La cérémonie d'inauguration durera douze jours, pendant lesquels les douze Néssyim, soit les Princes des 12 tribus, apporteront leurs offrandes expiatoires sur le Grand Autel, le Mizbéah. Nombres 7-1. Le 1er jour, la tribu de Judah est représentée par Nahchon ben Haminadav, qui dirige la cérémonie. Le deuxième jour, c'est le tour de la tribu d'Issakhar, avec Néthanel ben Tsouhar.  Le troisième jour, c'est le tour de la tribu de Zévouloun, avec Eliav ben Hélon. Le quatrième jour, c'est le tour de la tribu de Réouven, avec Elitsour ben Chédéour. Le cinquième jour, c'est le tour de la tribu de Simon, avec Chéloumiel ben Tsourichadaï. Le sixième jour, c'est le tour de la tribu de Gad, avec Eliyassaf ben Déhouel. Le septième jour, c'est le tour de la tribu d'Ephraïm, avec Elichamah ben Hamihoud. Le huitième jour, c'est le tour de la tribu de Ménaché, avec Gamliel ben Pédahtsour. Le neuvième jour, c'est le tour de la tribu de Benjamin, avec Avidan ben Guidhoni. Le dixième jour, c'est le tour de la tribu de Dan, avec Ahihézer ben Hamichadaï. Le onzième jour, c'est le tour de la tribu d'Acher, avec Paghyel ben Hokhran. Le douzième jour, c'est le tour de la tribu de Naftali, avec Ahirah ben Hénane. En souvenir de l'inauguration du Tabernacle, l'usage veut que, dès le 1er Nissan, les fidèles lisent chaque jour, dans le rituel de prières, les versets relatifs aux offrandes apportées jadis par chaque prince de tribu, pendant ces douze jours du mois de Nissan. Le treizième jour du mois de Nissan, l'usage est de lire le passage : "Zot Hanouccat ha-Mizbéah". Ibid 7-84;89 Et "Béhahalotékha ète ha-Nérot". Ibid 8-1;4

Ce même jour, Nadave et Avihou, les deux fils aînés d'Aharon, meurent, pour avoir apporté un feu profane devant l'Eternel. Lévitique 10-1. Les Sages du Talmud, ainsi que les différents exégètes, révèlent les autres motifs d'un tel châtiment. Nadave et Avihou ont tranché, devant leur maître Moïse, la loi concernant l'offrande de l'encens, disent-ils. Ils ont donc manqué de respect, et envers Moïse et envers Aharon. Talmud de Babynone traité Sanhédrine 52-a. En outre, ils ont bu du vin avant de pénétrer dans le Tabernacle, n'ont pas effectué les ablutions rituelles des mains et des pieds, et ont omis de revêtir l'Ephod sacré, vêtement sacerdotal indispensable au service. Lévitique Rabah, chapitre 20. Selon le Zohar, Nadave et Avihou meurent pour avoir exercé une fonction pontificale (l'offrande de l'encens dans le sanctuaire), alors qu'ils sont encore célibataires (ils n'ont que vingt ans). En effet, celui qui n'a pas d'épouse ne peut ni recevoir, ni transmettre les bénédictions suprêmes à l'intention de la collectivité.

La Vache rousse : Le 2 nissan, Moïse reçoit le précepte de sacrifier la première Parah Adouma, ou "vache rousse", dont les cendres sont utilisées pour purifier tout le peuple d'Israël : " Voici le statut de la loi qu'a prescrit l'Eternel : Parle aux enfants d'Israël et dis-leur de te choisir une vache rousse parfaite, sans aucun défaut, et n'ayant pas encore porté le joug ". Nombres 19-2. Ce décret intervient à la suite de la faute du veau d'or qui a rendu impur tout le peuple d'Israël. En outre, les exégètes remarquent que la valeur numérique (Guématria) des mots "Hal havon ha-Hégel" ("A cause du péché du veau d'or") est identique à celle des mots "Parah Adoumah". Bahal ha-Tourim, Nombres 19-2. Cependant, bien que cette "Parah Adouma" soit nommée au nom de Moïse (ses cendres vont servir pendant plusieurs générations Sifté Hakhamim §3, Nombres 19-2), celle-ci est sacrifiée exceptionnellement par le vice Grand Prêtre, c'est-à-dire Eléhazar, le fils d'Aharon. Puis, se déroule la cérémonie des offrandes des sacrifices expiatoires, apportés par les douze princes d'Israël. Depuis ce temps et jusqu'à la fin du second Temple de Jérusalem, en l'an 3828, neuf vaches rousses vont être sacrifiées par le Cohen Gadol. La deuxième vache rousse n'est sacrifiée qu'au temps d'Hézra, en l'an 3413. Michnah, traité Parah, chapitres 3-5. La dixième vache rousse sera sacrifiée par le Roi Machiah, lors de la Rédemption finale.

La "Ménorah" ou le Candélabre à 7 branches.

"Quand tu allumeras les lampes..."

En nissan, Moïse reçoit l'ordre de fabriquer une Ménorah, le Candélabre en or pur à 7 branches : " Tu feras aussi un candélabre d'or pur. D'une seule pièce sera fait le candélabre ; sa base et sa tige, ses coupes, ses pommeaux et ses fleurs viendront de lui ". Exode 25-31. Puis, il transmet à Aharon, le premier Grand Prêtre du peuple hébreu, l'ordre d'allumer les lampes de la Ménorah : " Parle à Aharon et  dis lui : quand tu allumeras les lampes, c'est vis-à-vis de la face de la Ménorah que les sept lampes éclaireront. Ainsi fit Aharon : vis-à-vis de la Ménorah, il alluma ses lampes, comme l'Eternel l'avait ordonné à Moïse ". Nombres 8-2,3 Dans le Tanakh, la Ménorah porte également les noms de Ménorat ha-Maor ("Le Candélabre du Luminaire") et Ménorah ha-Téhorah ("Le Candélabre pur"). Exode 35-14 et 31-8. Elle s'appelle aussi Ner Elokim ("La Lumière de D.ieu). Samuel I 3-3. Rachi précise qu'il est interdit de fabriquer ce candélabre en plusieurs pièces que l'on souderait ensemble. Il faut, au contraire, prendre une seule masse d'or (Mikchah Ahat, en hébreu), que l'on sculpte jusqu'à en dégager les branches, de part et d'autre de la branche centrale : " Voici comment sera fabriqué le Candélabre : il sera taillé dans un seul bloc d'or, jusqu'à sa base, jusqu'à sa fleur ; le tout sera taillé dans un seul bloc. Conformément au modèle montré par l'Eternel à Moïse, ainsi fit-on le Candélabre ". Nombres 8-4.

La Ménorah est placée à l'intérieur du Tabernacle, du côté sud, face à la table des Pains de Proposition. Elle est composée de 7 branches, 22 coupes, 9 fleurs et 11 pommeaux. Les trois branches de chaque côté de l'axe central sont tournées vers la flamme du milieu. La flamme du milieu est inclinée vers l'espace du Saint des saints (à l'ouest) et porte le nom de Ner ha-Maharavi ou "Lumière Occidentale". La Ménorah mesure environ 1,80 mètre et repose sur trois pieds. Afin d'allumer les lumières, le Cohen monte sur une estrade en pierre de trois marches. Chaque jour, à la tombée de la nuit et au petit matin, le Grand Prêtre allume la Ménorah, avec de l'huile d'olive pure (Chémèn Zayit Zakh, en hébreu). Le feu qui sert à allumer la Ménorah provient du feu éternel brûlant sur le Grand Autel. Selon le Rambam et la majorité des Sages, les branches de la Ménorah n'étaient pas de forme arrondie, mais rectiligne. De nos jours, la Ménorah est devenue le symbole incontournable de l'Etat d'Israël.

Le 1er Péssah depuis la sortie d'Egypte :

Le samedi 14 nissan 2449, au soir, les Hébreux célèbrent leur première fête de Péssah après la sortie d'Egypte : " L'Eternel parla à Moïse dans le désert du Sinaï, la seconde année de leur sortie d'Egypte, le premier mois, en disant : Que les enfants d'Israël fassent Péssah au temps fixé. C'est le quatorzième jour de ce mois, vers le soir, que vous devez célébrer Péssah.  Conformément à tous ses statuts et toutes ses règles, vous l'exécuterez "Nombres 9-1;3 Le Zohar voit, dans ces versets, un renouvellement de la célébration de Péssah, après la sortie d'Egypte. En effet, les Hébreux croient que l'offrande du sacrifice de Péssah ou Korban Péssah a été limitée au temps exclusif de la sortie d'Egypte. Une fois libérés de l'exil égyptien, ils pensent que le "Korban Péssah" ne sera plus appliqué. L'Eternel réitère donc le commandement relatif au rite de Péssah, applicable même pendant la traversée du désert, ainsi que pour toutes les générations futures. Néanmoins, selon l'interprétation de Rachi, ces mêmes versets signifient que cette année-là, la deuxième année de la sortie d'Egypte, fut la seule, durant les 40 années passées dans le désert du Sinaï, au cours de laquelle les enfants d'Israël offrirent le sacrifice de Péssah. Telle est l'opinion des Sages du Talmud qui donnent à ces versets un sens réprobateur à l'encontre des enfants d'Israël. Certes, l'ordre du sacrifice de Péssah est lié à leur entrée en Terre Sainte. Or, celle-ci va être retardée de trente-huit ans, à la suite de l'épisode des Explorateurs. Toutefois, raby Chimon Bar Yohaï rappellent que seuls les Lévytes accompliront intégralement le sacrifice de Péssah pendant toute la traversée du désert. Yalkout Chimoni §720

Moïse recense les 12 tribus des Hébreux, en échange du demi-sicle.

Le 1er iyar 2449, Moïse exécute le commandement relatif au troisième recensement des Hébreux : " Faites le relevé de toute la communauté des Enfants d'Israël, selon leurs familles et leurs maisons paternelles, par dénombrement nominal de tous les mâles, comptés par tête. Depuis l'âge de vingt ans et au-delà, tous les hommes d'Israël qui partent à l'armée, vous en ferez le compte selon leurs légions, toi et Aharon ". Nombres 1-2,3 En cette circonstance, Moïse prélève auprès de chaque membre du peuple d'Israël le Mahatsit ha-Chékel, ou Demi-Sicle, correspondant à une valeur d'argent de 20 guéra, utilisée pour la construction et le fonctionnement du Michkane, le Tabernacle. Le Talmud précise que cette valeur sert aussi d'expiation pour la faute du "Veau d'or" : " L'Eternel parla à Moïse en ces termes : Quand tu feras le dénombrement général des Enfants d'Israël, chacun d'eux paiera à l'Eternel le rachat de sa personne lors du dénombrement, afin qu'il n'y ait point de mortalité parmi eux, à cause de cette opération. Quant à ce tribut, tous ceux qui seront recensés dans ce dénombrement devront le verser. Son montant sera d'un demi-sicle, selon le poids du sicle d'argent utilisé dans des transactions saintes. Un tel sicle équivaut à vingt Guéra. C'est donc la moitié de ce sicle qui servira d'offrande à l'intention de l'Eternel. Quiconque sera ainsi recensé, de l'âge de vingt ans et au-delà, devra verser ce tribut à l'Eternel. Le riche ne donnera pas plus d'un demi-sicle, et le pauvre ne donnera pas moins d'un demi-sicle, pour s'acquitter de cette offrande adressée à l'Eternel, afin d'obtenir le rachat de vos personnes. Tu percevras ainsi le montant de tous les rachats provenant des Enfants d'Israël, que tu attribueras au service de la Tente d'assignation. Et il servira de commémoration devant l'Eternel, afin d'accorder aux Enfants d'Israël le rachat de vos personnes ". Exode 30-11;16 Désormais, ce demi-sicle sera prélevé par chaque hébreu, riche ou pauvre, d'année en année. Cette collecte alimentera la trésorerie du Temple de Jérusalem. L'argent ainsi collecté va être utilisé pour tous les besoins de la collectivité, notamment, l'achat des produits nécessaires à la préparation des 11 Encens quotidien (Kétorèt), des Offrandes publiques (comprenant deux sacrifices quotidiens, les Korbanot Tmidim), des Offrandes des jours de Roch-Hodech (néoménies), des Offrandes des jours de fêtes, ou Chaloch Régalim, et de celles du jour de Kippour.

Moïse et Eléhazar, fils d'Aharon, font le compte des hommes des 12 tribus âgés de plus de vingt ans, à l'exception de la tribu de Lévy et Joseph. La tribu de Lévy, et également celle de Joseph, avaient été remplacés dans le compte des 12 tribus par Ménaché et Ephraïm, les deux fils de Joseph. Ainsi, les membres de la tribu de Lévy, âgés d'un mois et plus, ne seront pas comptés avec l'ensemble des autres tribus : " Cependant, la tribu de Lévy, tu ne la recenseras pas, et de ses individus, tu ne feras pas le relevé parmi les Enfants d'Israël Ibid 1-49 Leur dénombrement s'élève à 203 000 âmes.

Uniquement ceux qui sont capable de prendre les armes en temps de guerre sont dénombrés, à l'exception donc des malades ou des vieux. Ils dénombrent au total 603 550 hommes, soit : 46 500 hommes de vingt ans et plus pour la tribu de Réouven, 59 300 hommes de vingt ans et plus pour la tribu de Simon, 45 650 hommes de vingt ans et plus pour la tribu de Gad, 74 600 hommes de vingt ans et plus pour la tribu de Judah, 54 400 hommes de vingt ans et plus pour la tribu d'Issakhar, 57 400 hommes de vingt ans et plus pour la tribu de Zévouloun, 40 500 hommes de vingt et plus pour la tribu d'Ephraïm, 32 200 hommes de vingt ans et plus pour la tribu de Ménaché, 35 400 hommes de vingt ans et plus pour la tribu de Benjamin, 62 700 hommes de vingt ans et plus pour la tribu de Dan, 41 500 hommes de vingt ans et plus pour la tribu d'Acher et 53 400 hommes de vingt ans et plus pour la tribu de Naftali. Les campements des douze tribus des Hébreux sont situés dans un ordre précis, autour des quatre côtés du Tabernacle. Rachi apprend du verset : " Et ils campèrent près du Jourdain.." Bamidbar 32-49 et du témoignage de Rabah bar Bar Hanna, Talmud de Babylone Hérouvine 55-b que l'étendue du campement était de 12 mil, soit environ 12 km2. Au côté Nord, le campement est composé des fils de Mérari et des tribus d'Acher, Dan et Naftali. Au côté Est, le campement est composé des fils de Moïse et d'Aharon et des tribus d'Issakhar, Judah et Zévouloun. Au côté Sud, le campement est composé des fils de Kéhat et des tribus de Gad, Réouven et Simon. Au côté Ouest, le campement est composé des fils de Guershone et des tribus de Benjamin, Ephraïm et Ménaché : " Les Enfants d'Israël exécutèrent tout ce que l'Eternel avait ordonné à Moïse. Ils campaient par bannières et marchaient ainsi, chacun selon sa famille, près de sa maison paternelle ". Nombres 3-34 Les Hébreux reçoivent ensuite l'ordre de voyager selon une organisation bien précise : " Façonnes deux trompettes d'argent battu, qui te serviront à convoquer la communauté et à sonner l'ordre de départ. Quand vous sonnerez une fanfare, les camps postés à l'orient se mettront en marche. Vous sonnerez une seconde fanfare, et les camps postés au midi se mettront en marche "Ibid 10-2;5

Les Hébreux lèvent le camp et quittent le Sinaï.

Moïse fonde le Sanhédrine

Du 20 iyar au 29 sivan 2449, les Hébreux lèvent le camp : " Et les Enfants d'Israël partirent selon leur ordre de marche, du désert de Sinaï, et la nuée s'arrêta dans le désert de Paran ". Nombres 10-12 Ils atteignent le désert de Paran, à Ritma, un grand désert qui englobe les sites de Kadech-Barnéa, Hatsérot et Kivrot ha-Taava : " C'est la première fois qu'ils partaient ainsi, d'après l'ordre de L'Eternel transmis par Moïse ". Ibid 10-13 Rachi commente ainsi ce verset : "Ils restèrent 12 mois, moins 10 jours, au mont Horèv. A la néoménie de Sivan, ils y dressèrent leur camp, d'où ils ne repartirent que le 20 iyar de l'année suivante."  Puis du 20 iyar au 20 sivan, ils campent à Kivrot ha-Taava. Là, sur les conseils des Egyptiens qui avaient suivis Moïse, le "Erev Rav", les Hébreux se plaignent de nouveau à Moïse de ne consommer que de la Manne. Ils reçoivent alors des cailles, comme nouvelle nourriture : " Le peuple resta levé tout ce jour-là, toute la nuit et toute la journée du lendemain, et ramassa les cailles ". Ibid 11-32 A la suite de cet épisode, Nahchon ben Haminadav meurt. Gaon de Vilna sur le Midrach "Séder Holam Rabah" " Et l'Eternel frappa le peuple d'une mortalité considérable. On donna à ce lieu le nom de Kivrot ha-Taava. Là-bas, on ensevelit ce peuple, pris de convoitise ". Nombres 12-33,34 Du 21 au 28 sivan, les Hébreux campent à Hatsérot.

Moïse nomme les élus du peuple ou l'Assemblée législative.

Mais ce même mois, Moïse ne parvient plus à diriger seul les Enfants d'Israël : " L'Eternel répondit à Moïse, rassemble pour Moi soixante-dix hommes d'entre les Anciens d'Israël. Tu les amèneras devant la Tente d'Assignation, et là, ils se rangeront près de toi. Je descendrai et Je parlerai avec toi, là-bas. Quant à l'esprit sacré qui réside sur toi, Je le diffuserai aussi sur eux. Alors, ils porteront avec toi la charge du peuple ". Nombres 11-16. Pour la seconde fois, Moïse forme un Sanhédrine. Les anciens que Moïse avait choisis le lendemain de Kippour sur les conseils de Jéthro, ont péri à cause des plaintes du "Erev Rav", à la suite à l'épisode des cailles. Toutefois, ces anciens s'étaient déjà rendus coupables de la peine de mort, lorsque Moïse était monté pour la première fois sur le mont Sinaï. Et leur châtiment avait été seulement retardé. Rachi sur Exode 24-10. Le Sanhédrine est à la fois une Assemblée législative et une Cour suprême. Elle est composée de 71 Anciens, choisis parmi les Sages d'Israël, et Moïse siège à la tête de cette Assemblée. Les membres du Sanhédrine doivent désormais seconder Moïse lors des jugements publics, assurer le respect des prescriptions de la Torah et maintenir l'enseignement et l'application des préceptes révélés au mont Sinaï. L'origine du nom Sanhédrine provient du grec "Sunédrion", désignant l'endroit où se rassemblent les élus du peuple, c'est-à-dire les Magistrats et les Jurisconsultes. Raby Hobadiah Barténora explique l'origine du mot Sanhédrine par une lecture intercallée des lettres appelée "Notarikon", notamment de la phrase "Choné hadérèt panim badin - qui change la face de l'individu par le jugement".

La Justice comme pilier du monde : Rabban Chimhon ben Gamliel I enseigne : " Ne pensez pas avec légèreté à la justice, car elle est l'un des trois piliers du monde, ainsi qu’il est dit : le monde repose sur trois piliers, la justice, la vérité et la paix ". Maxime des Pères 1-18. Aussi, souvenez-vous que si vous pervertissez la justice, vous ébranlerez le monde, car elle représente l’un de ses trois piliers. Midrach, Choftim 5-1. Les Sages du Talmud enseignent : " Tout Juge qui rend la justice avec sincérité est considéré comme un associé de Dieu dans la Création ". Raby Eléhazar dit : " Toute la Torah repose sur la justice. C'est pourquoi Dieu donna les lois relatives à l’exercice de la justice immédiatement après les Dix Commandements ". Raby Yéhoudah ben Tabaï dit : " Ne sois jamais en même temps juge et avocat, et quand les parties se trouvent devant toi, considère les toutes les deux comme coupables ; et quand elles s’en vont, considère toutes les deux comme innocentes, lorsqu’elles ont accepté le jugement ".

Moïse missionne 12 éclaireurs afin d'explorer la terre.

Le 29 sivan 2449, à Ritma, au terme de la 14 ème étape du séjour des Hébreux dans le désert, depuis Kadech Barnéa, Moïse prend l'initiative de nommer 12 éclaireurs afin d'explorer la terre d'Israël occupée par les Canahanéens : " L'Eternel parla à Moïse en disant : Envoie toi-même des hommes explorer le pays de Canahan, que Je donne aux Enfants d'Israël...". Nombres 13-1,2 Depuis l'époque de Noé, puis d'Avraham, cette terre faisait parti de l'héritage de Chem, des Patriarches et des douze fils du Patriarche Jacob. Mais, pendant de longues années, elle avait été occupée de force par les trente-et-une tribus canahanéennes. Et, malgré la promesse de D.ieu, de la réussite de sa conquête, le peuple hébreu doutait encore. Il demande alors à Moïse que l'on envoie en mission un groupe d'explorateurs, afin d'évaluer la qualité de ses ressources et la puissance de ses habitants, avant de se lancer à la conquête de ce pays. Moïse accède à leur demande, et nomme douze chefs, un par tribu : " Et Moché les envoya du désert de Paran, selon la parole de l'Eternel, c'étaient tous des hommes, chefs des bné Israël " Ibid 13-3 ; Pour la tribu de Réouven, Chamouah ben Zakour. Pour la tribu de Simon, Chafat ben Hory. Pour la tribu de Judah, Kalev ben Yéfouné. Pour la tribu d'Issakhar, Yigal ben Yossef. Pour la tribu d'Ephraïm, Hochéa ben Noun. Pour la tribu de Benjamin, Palti ben Rafou. Pour la tribu de Zévouloun, Gaddiel ben Sody. Pour la tribu de Ménaché, Gadi ben Soussi. Pour la tribu de Dan, Amiel ben Guémali. Pour la tribu d'Acher, Sétour ben Mikhaël. Pour la tribu de Naftali, Nahbi ben Vofsi. Et pour la tribu de Gad, Guéouël ben Makhi.

Cependant, Moïse craint que les éclaireurs ne se détournent de leur mission initiale, notamment, celle de faire un état des lieux préalable à la conquête. Et qu'ils ne prennent l'intiative d'explorer plus en détail afin d'évaluer leurs aptitudes ou non à conquérir la terre. Aussi, avant de partir en mission, il bénit Hochéa et lui ajoute la lettre "youd". Ibid 13-16 et Talmud de Babylone traité Sota 34-b Il le nomme ainsi Yéhochouah (Josué), afin qu'il soit sauvé des critiques et du complot des autres explorateurs.

De retour de leur mission Le 9 av, après quarante jours d'exploration de la terre de Canahan, dix d'entre eux font un rapport accablant, provoquant des plaintes au sein du peuple : " Ils allèrent et vinrent vers Moché et Aharon....Certes, le lait et le miel coulent dans ce pays, et voici son fruit. Mais, tout ceci est sans valeur, car le peuple qui habite est redoutable, et ses villes sont puissamment fortifiées et très grandes. Nous y avons même vu les descendants d'Anack ". Ibid 13-25;28 Les explorateurs, ou Méraglim, avaient rapporté conformément aux ordres de Moïse, une grappe de raisins gigantesque cueillie dans la vallée d'Eschkol : " Ils arrivèrent jusqu'à la vallée d'Eschlol, y coupèrent une vigne et une grappe de raisin, qu'ils portèrent à deux sur une perche ". Ibid 13-23 Et l'aspect impressionant de cette grappe avait entraîné les Hébreux à se lamenter, au lieu d'y voir un signe de fertilité et de bénédiction : " Nous ne pouvons marcher contre ce peuple, car il est plus fort que nous. Et ils critiquèrent le pays qu'ils avaient exploré...". Ibid 13-31,32 Seuls, Kalev fils de Yéphouné (qui a prié au Caveau des Patriarches lors de sa mission)  et Josué font un rapport positif : " Ils parlèrent à toutes la communauté des Israélites en disant ; le pays que nous avons parcouru pour l'explorer, est une très très bonne terre "Ibid 14-7 Ils seront les seuls individus de cette génération, avec toute la tribu de Lévy, à entrer en terre d'Israël, comme les Sages l'enseignent : " Le décret de mourir dans le désert n'a pas touché les Lévytes ". Talmud de Babylone Baba Batra 121-a

Puis, à la suite de cet épisode, certains Hébreux choisissent malgré tout de partir à la conquête de la Terre Promise, contre la volonté de Moïse. On les nomme les "Mahapilim" ("les obstinés", en hébreu). Ils seront tous décimés par les Hamalécytes et les Canahanéens. Par la suite, les Hébreux séjourneront dans le désert de Paran puis voyageront vers les plaines de Séïr où résident des peuplades édomites. D.ieu leur ordonnera de ne pas livrer bataille à ces peuplades. Les Hébreux contourneront les plaines de Moab pendant dix-neuf ans. En l'an 2468, le peuple d'Israël voyagera du désert de Moab vers Kadech, dans la région de Tsin. Là, il campera pendant dix-neuf ans.

Vous n’entrerez pas en Terre Promise : le 9 av 2449, les Hébreux apprennent par Moïse le décret divin qui va frapper toute cette génération, à savoir que tout homme âgé de vingt ans et plus n’entrera pas en Terre Promise : " Jamais ils ne verront ce pays que J’ai promis par serment à leurs aïeux, tous ceux qui M’ont outragé, ils ne le verront point ". Nombres 14-23. Les Hébreux sont informés qu’ils périront dans le désert (photo : désert du Sinaï) pour expier également la faute du Veau d’or, et que la traversée de ce désert durera au total quarante années. Chacune de ces 40 année va servir à expier chacun des quarante jours du périple des explorateurs. Toutefois, seule la tribu de Lévy, dans sa totalité, aura le mérite d’entrer en Terre Sainte car elle n'a pas participé à la faute du Veau d’or. Ainsi que les femmes d'Israël. La seule femme qui décèdera pendant la traversée du désert est Myriam, la sœur de Moïse. A dater de cet événement tragique, et chaque année lorsqu'arrivait le 9 av, des hommes décèdaient naturellement. Ce jour, ils creusaient tous leurs tombes et y passaient la nuit du 9 av. Au petit matin, plus de quinze mille d'entre eux ne se relèvaient pas. Puis, au terme de ces quarante années, le décret cessera. L'heureuse nouvelle se propagera officiellement dans le peuple d'Israël, un jour de 15 av.

Korah, à la tête d'une fronde contre Moïse et Aharon.

En av 2449, au lendemain du retour des Explorateurs, une fronde éclate contre Moïse et Aharon, à la suite d'une intrigue menée seul par Korah fils de Yitsar, fils de Kéhat, fils de Lévy. Korah, qui est le cousin de Moïse, et donc, le neveu de Hamram, conteste les décisions de Moïse qu'il qualifit d'arbitraire et non d'ordre divin. Il critique notamment la nomination d'Elitsaphane fils d'Ouziel en tant que prince de la tribu de Kéhat fils de Lévy. Celui-ci est le plus jeune des cousins germains de Korah, alors que lui est un ainé lévyte Exode 6-21 et pense que la "Kéhounah Guédolah", la Grande-Prètrise lui revient de droit. Encourragé par sa femme, et pétri par la jalousie, il accuse Moïse de favoriser ses proches, et conteste à Aharon la Grande-Prêtrise, soit le titre de Cohen Gadol, un statut transmis à Aharon et uniquement à ses descendants. Déterminer, il se rend auprès de la tribu voisine, la tribu de Réouven (qui était l'ainé de Jacob), et flatte les ainés des autres tribus d'Israël afin qu'ils se rebellent contre Moïse. Afin de détourner leur attention de ses réels desseins, et de les convaicre de le suivre, il remet en question le statut d'ainé qui incombait désormais à la tribu des Lévytes en substitution des ainés des autres tribus, notamment par leur service sacré exclusif au sein du Tabernacle. Puis, il propose que les charges sacrées soient rendus possible à tous les ainés israélites, quelques soient leurs tribus respectives. Korah parvient à les séduire par ses paroles et est rejoint par Datan, Aviram, One ben Pélet, ainsi que 250 autres chefs du peuple : " Korah fils de Yisthar...se séparaet ils se dréssèrent avec 250 hommes...Et ils se rassemblèrent contre Moché et Aharon et leur dirent; c'en est trop pour votre part. Toute la communauté, ils sont tous saints et au milieu d'eux est l'Eternel. Pourquoi vous érigez-vous en chefs sur l'Assemblée de l'Eternel ? ". Nombres 16-1;3. 

Alors que Moïse prie pour leur clémence, il informe les Lévytes et tous les Hébreux que les postes sacerdotaux sont fixés par la seul décision de D.ieu ; mais les insurgés, convaincus par Korah refusent de se soumettre : " Au  matin, ha-Chem fera savoir qui est à Lui, et Il l'approchera de Lui..". Ibid 16-5. Puis conformément à l'orde divin, Moïse demande à chacun des 250 rebelles de venir chacun avec un encensoir et d'y brûler des encens afin de procéder à une expertise qui décidera du choix divin en la matière. Car selon la loi, aucun étranger ne peut apporter l'offrande des "Kétorèt", les Encens, sans encourir la mort : " Ils prirent chacun son encensoir et y mirent le feu et ils se tinrent à l'entrée de la Tente d'Assignation..". Ibid 6-18. Moïse prie pour que le peuple ne soit pas puni avec le seul fautif, Korah, et les rebelles qui l'avaient suivis. Alors qu'il leur ordonne de se séparer des rebelles qui continuent de le mépriser, le sol s'ouvre subitement sous leurs pieds, englouti Korah, Datan, Aviram, ainsi que leurs familles et leurs biens, et se referme sur  : " Quant il eut terminé toutes ces paroles, le sol qui était sous eux se fendit...".  Ibid 16-31;35. Et, alors que l'offrande d'Aharon est agréé, les 250 insurgés sont consummés par le feu des encens. Cependant, les tribus récusent toujours la transmission exclusive de la Grande Prétrise à Aharon et à ces descendants. Il prétendent également que l'encens est mortel et se plaignent à nouveau à Moïse qui doit encore prouver que tout a été fait selon la volonté de D.ieu et que l'encens n'est pas responsable de leur mort. Le peuple avait prétendu que Nadav et Avihou et les 250 rebelles étaient mort à cause des encens. Rachi sur verset 17-13 Alors que 14 700 d'entre eux périssent frapper par un fléau divin, Moïse, demande alors à Aharon de mettre rapidement et spécialement des encens sur l'Autel, en réponse aux accusations contre les encens, en réparation de leur plainte et afin que cèsse définitevement l'épidémie.

Aussi, afin de mettre un terme au doute et aux murmures du peuple, quant à la grandeur d'Aharon et au choix divin de son élévation, mais également dans le but de confirmer la tribu de Lévy dans son statut, Moïse demande sur ordre de D.ieu, que chaque tribu apporte un bâton d'amandier et que chacun grave le nom de sa tribu sur le bâton. Et que Aharon grave son nom sur le bâton de la tribu de Lévy, puis, que celui-ci soit déposé dans la Tente d'Assignation au milieux des autres, en attente de voir lequel allait fleurir et prouver le choix divin. Le lendemain, le peuple constate que par miracle, non seulement le bâton d'Aharon est en fleur, mais que des bougeons sortent et des amandes apparraisent : " Ha-Chem parla à Moïse, en disant, parle aux Enfants d'Israël et prends d'eux un bâton pour chaque maison paternelle...ramène le bâton d'Aharon devant le Témoignage pour le garder comme signe pour les rebelles...ainsi fit-il ". Ibid 17-16-28 Ce bâton, qui témoignait du choix divin quant à l'élection d'Aharon et des Lévytes au service du Tabernacle fut gardé en témoignage. En outre, malgré qu'il soit écrit que toute la famille de Korah est décèdée, trois des fils de Korah échapperont à cette tragédie et se repentiront. Ils se nomment Assir, Elkana et Aviassaf. De Korah descendra le prophète Samuel. (photo ci-contre Gustave Doré).

2488 / - 1273

Les Hébreux achèvent quanrante années dans le désert

Myriam, Aharon et Moïse décèdent.

Le 10 nissan 2488, dans le désert de Tsin, Myriam la prophétesse décède à l'âge de 127 ans. Par son mérite, une source d’eau fraîche coulait près du campement des Hébreux pendant toute la traversée du désert. Rachi sur Nombres 20-2 Mais subitement, cette source tarit à la suite de son décès et provoque les plaintes du peuple, qui réclament de l’eau à Moïse. Talmud de Babylone traité Tahanit 9-a.  " Les Enfants d'Israël..arrivèrent au déert de Tsin dans le premier mois..et s'arrèta à Kadech, Myriam y mourut et y fut ensevelie...Or, la communauté manqua d’eau et s’ameuta contre Moïse et Aharon. L'Eternel parla alors à Moïse, en ces termes : Prends le bâton et assemble la communauté, toi et Aharon ton frère, et vous parlerez à leurs yeux au rocher, et il donnera de son eau. Tu feras couler pour eux de l’eau de ce rocher, et tu désaltéreras la communauté et son bétail ". Nombres 20-1;8. Cependant, Moïse et Aharon parlent par erreur à un autre rocher que celui de Myriam. Puis, sous la pression du peuple, ils finissent par frapper le rocher à deux reprises au lieu de lui parler, comme D.ieu le leur a ordonné, afin que l’eau jaillisse. A la suite de cette faute, Moïse et Aharon perdent le mérite d’entrer en Terre d’Israël, pour ne pas avoir accompli l’ordre divin : " Puisque vous n’avez pas eu confiance en Moi pour Me sanctifier au yeux des enfants d’Israël, aussi ne conduirez-vous pas ce peuple dans le pays que Je leur ai donné ". Ibid 20-12. Cette station du campement des Enfants d'Israël porte le nom de "Mey Mérivah" ou "Eaux de la dispute".

Décès d'Aharon ha-Cohen : "Aime la paix et recherche la paix."

En iyar 2488, Moïse demande au roi édomite Hadar, à qui il évoque les liens de parenté, l'autorisation de traverser ses terres, mais celui-ci refuse : " Moïse envoya de Kadech des émissaires au roi d'édom, ainsi parle ton frère Israël...permets nous de traverser ton pays....Edom refusa à Israël la permission..". Ibid 20-14;21 Malgré les dédomagements et propositions de Moïse, Hadar refuse et menace Israël d'entrer en guerre. Cependant, certains des descendants d'Esaü accepteront de laisser les Hébreux marcher de Kadech à Hor ha-Har, où ils parviendront au mois de tamouz. En tamouz, à Hor ha-Har, les Hébreux sont attaqués par le roi Sihon qui tente de les refouler en Egypte. Les trois premiers jours, les Hébreux reculent sur ordre de Moïse, afin d'éviter l'affrontement. Mais, au terme d'un mois de négociations qui n'aboutissent pas, et après avoir appris le décès d'Aharon, le combat devient inévitable.

Le 1er av 2488, à Hor ha-Har, Aharon ha-Cohen décède, à l'âge de 123 ans. Il est accompagné à sa dernière demeure, à Motséra, par son frère Moïse. C'est là que tous les Hébreux camperont, trente jours durant, observant un deuil national en son honneur : " Ils partirent de Kadech...arrivèrent à Hor ha-Har...Enlève ses vêtements à Aharon et habilles en Eléhazar...et Aharon mourut là-bas au sommet de la montagne...et toute la maison d'Israël pleura.." Ibid 20-22;29. Moïse avait choisit cet endroit, éloigné de quelques lieues de la frontière édomite, afin que les Edomites ne risquent pas de faire de ce lieu un centre de culte idolâtre, ni même de s'attaquer à la sainte sépulture. Mais, la nouvelle du décès d'Aharon a convaincu les Hamalécytes et Cananéens que le moment est propice pour combattre le peuple d'Israël. Les armées du roi Sihon-Harad et ses alliés hamalécytes sont décimées par les armées des Hébreux, qui nomment l'endroit "Horma". Le 15 av, à Hetsion Gaver, les Hébreux apprennent que le décret de mort qui avait frappé la génération sortie d'Egypte a pris fin. Durant des siècles, ce jour sera célébré avec de grandes réjouissances. En elloul, les Hébreux marchent de Hor ha-Har à Ovot, jusqu'à la frontière moabite.

A la mort d'Aharon ha-Cohen, son troisième fils, Eléhazar fils d'Elichévah, est nommé Cohen Gadol ou Grand Prêtre. Les Sages des Maximes des Pères rappellent ainsi le mérite d'Aharon : " Fais partie des disciples d'Aharon en aimant la paix et en recherchant la paix, en aimant les créatures et en les rapprochant de la Torah ". Pirké Avot 1-12. Après la mort prématurée des deux fils aînés d'Aharon, Nadav et Avihou, la Grande Prêtrise se limitera à trois ramifications : celle d'Eléhazar et d'Itamar, et à laquel sera assocciée plus tardivement celle de Pinhas.

L'origine du Caducée : A Motséra, certains Hébreux craignent qu'une nouvelle guerre n'éclate avec le roi de Harad, et décident de retourner s'installer en Egypte. Hors, les Hébreux avaient déjà reculé de huit stations, de Hor-ha-Har à Motséra, par crainte d'une attaque des canahanéens. Et afin de les empêcher de s'enfuir, les Lévytes avaient pris les armes. Lors de ce conflit, huit familles israélites fuyant vers l'Egypte et quatre familles lévytes étaient tombées au combat. Rachi, Nombres 26-13 - voir également Rachi sur Deutéronome 10-6 - Talmud de Jérusalem traité Yoma Chapitre 1, halakha 1, et le commentaire du Torah Témimah où il cite les huits étapes. Puis, le peuple perd courage et se plaint à nouveau à Moïse, notamment à cause de la dureté du chemin, de la consomation de la Manne, du manque de pain et d'eau, suscitant sur eux la colère divine et les serpents du désert. Alors que plusieurs sont mordus par des serpents, Moïse reçoit l'ordre de D.ieu de fabriquer un serpent et de le placer sur son bâton. Celui-ci, que Moïse fera en airain, va avoir pour effet de stopper miraculeusement l'épidémie et guérir celui qui le regarde : " Et ils partirent de Hor ha-Har...et le peuple se plaignit de D.ieu et de Moïse..et Moïse fit un serpent d'airain...il lévera les yeux...et vivra ". Ibid 21-4;9. Ce symbole est resté, jusqu'à nos jours, celui de l'orde des médecins. Il est plus connu sous le nom de Caducée. A la suite de cet épisode tragique, les Hébreux voyageront à Béérah, où le puits de Myriam reprendra son cours par le mérite de Moïse et d'Aharon. Talmud de Babylone traité Tahanit 9-a. Là, les Hébreux chanteront le cantique "Monte puits" : " Et de là vers bééra...assemble le peuple Je lui donnerai de l'eau..alors Israël chanta ce cantique...". Nombres 21-16,17 Mais, les Moabites refuseront aux Hébreux le droit de traverser leurs terres. Les Israélites seront alors obligés de contourner leur campement, à la frontière moabite et émorite. Ils feront halte dans le désert de Kedémot.

La fête de "Souccot" ou le mérite d'Aharon.

Ce n'est qu'allusivement que la Torah évoque le lien qui associe le mérite d'Aharon aux Hanané kavod, les "Nuées de Gloire", des nuées qui avaient la faculté de protéger les Hébreux dans le désert, à la suite de la sortie d'Egypte : " Et le Cananéen, le roi d'Harad habitant le Néguev, entendit qu'Israël s'acheminait par la route d'Atarim et il attaqua Israël "Nombres 21-1,2. A son propos, l'exégète Rachi, apporte le commentaire suivant : " Il entendit qu'Aharon était mort et que les nuées de gloire s'étaient dissipées ". Talmud de Babylone Roch ha-Chanah 3-a. Ces nuées formaient une épaisse enveloppe protectrice autour du camp des Hébreux pendant les quarante ans de la traversée du désert, tout au long des fameuses 42 étapes. Ces nuées qui étaient au nombre de 7, protègaient les Hébreux contre les ennemis, les animaux sauvages, les serpents, les scorpions et les intempéries. Il y avait un écran de nuée protectrice, à chaque point cardinal du camp d'Israël, soit 4 nuées. Elles avaient le pouvoir de "nettoyer" et "repasser" miraculeusement les vêtements des Hébreux. Un tapis de nuée protectrice défilait sous les pas des Hébreux et portait miraculeusement toute personne invalide. Un écran supplémentaire de nuée recouvrait tout le camp, comme un toit protecteur. Enfin, une septième nuée, en forme de colonne, se dressait en tête du camp. Elle guidait les Enfants d'Israël, anéantisait les obstacles et ennemis potentiels et aplanissait le terrain. C'était une colonne de nuée, le jour, et une colonne de feu, la nuit. Ces 7 nuées de gloire sont à l'origine de la fête de Souccot ou "fête des Cabanes", célébrée en souvenir de la sortie des Hébreux d'Egypte.

Cependant, la fête de Souccot, ou Hag ha-Souccot est mentionnée dans la Torah écrite, en plusieurs versets : " Et l'Eternel parla à Moïse en ces termes : Parle ainsi aux Enfants d'Israël. Le quinzième jour de ce septième mois, ce sera la fête des Cabanes, durant sept jours, au nom de l'Eternel. Le premier jour sera un appel de sainteté : vous ne ferez aucun travail. Vous demeurerez dans des "Souccot" (cabanes) pendant sept jours. Tout habitant d'Israël s'installera dans des cabanes, afin que vos générations sachent que J'ai installé les enfants d'Israël dans des "Souccot", lorsque Je les fis sortir du pays d'Egypte. Je suis l'Eternel votre Dieu. Et vous prendrez pour vous, le premier jour, le fruit de l'arbre de Hadar, des branches de palmiers, des branches de myrte et des saules de rivière, et vous vous réjouirez devant l'Eternel votre Dieu durant sept jours ". Lévitique 23-33;43. Ce même sujet réapparaît dans le cinquième livre du Pentateuque. Deutéronome 16-13,17. Quant aux Offrandes appropriées aux jours des solennités de Souccot, celles-ci sont exprimées dans le livre des Nombres : " Et le quinzième jour du septième mois, il y aura pour vous une convocation sainte. Vous offrirez en holocauste, comme sacrifice d'odeur agréable à l'Eternel, treize jeunes taureaux, deux béliers, quatorze agneaux d'un an sans défaut ". Nombres 29-12;39

La fête de Souccot est l'une des trois grandes fêtes annuelles mentionnées explicitement dans la Torah, les Chaloch Régalim (avec Péssah et Chavouhot.) Dans les temps antiques, en l'honneur de la célébration de Souccot, toutes les tribus d'Israël étaient tenus de monter au Temple de Jérusalem où elles apportaient les Offrandes spécifiques des 7 jours de Souccot, et où elles participaient à des réjouissances nationales. En cette circonstance unique, toutes les familles de Cohanim (Cohen, au singulier), étaient invitées à participer aux cérémonies qui se déroulaient dans le Temple. Pendant la fête de Souccot, les Prêtres apportaient en sacrifices au Temple de Jérusalem 70 taureaux, symboles des 70 Nations du monde. Talmud de Babylone Souccah 55-b et Rachi sur Nombres 29-18.

Souccoth, une fête émanant de la Torah.

Au total, quatre lois concernant la fête de Souccot font partie du compte des 613 Commandements de la Torah. Toutes les lois de la Torah relatives au sujet de Souccot sont enseignées dans le corpus législatif, ou Michnah, Ordre Mohèd, au traité Souccah qui comporte cinq chapitres. Les lois et caractéristiques de la fête de Souccot sont également débattues et enseignées dans le Talmud de Babylone, au même traité. Les deux premiers chapitres traitent des lois relatives à la construction de la cabane, la Souccah, telles que sa validité en tant que construction, et les règles de conduite à l'intérieur de celle-ci. La Souccah devient ainsi la nouvelle résidence de l'homme, pendant la durée totale de cette fête, et elle doit donc être aménagée en conséquence. Aussi, durant les sept jours de Souccot, la Torah nous ordonne de résider, de manger et de dormir dans la Souccah. Le troisième chapitre traite du précepte du Loulav et des quatre espèces qui le composent. Le quatrième chapitre développe les lois concernant l'utilisation du Loulav et l'usage d'agiter des branches de saule dans le Temple de Jérusalem. Ces branches de saule étaient attachées et élevées autour des angles du Mizbéah ha-Gadol, le Grand Autel. Autour de celui-ci, les Cohanim, ou Prêtres, tournaient avec le Loulav en sonnant du Chofar. Ces processions autour du Grand Autel duraient pendant les 7 jours complets de la fête et portaient le nom de Hochahanot. Le septième jour, les Prêtres tournaient sept fois autour du Grand Autel. Cette cérémonie mettait en évidence l'importance du Grand Autel, sur lequel on apportait les Offrandes expiatoires et rémunératoires, qui permettaient à chacun de racheter ses fautes, volontaires ou commises par inadvertance. Le quatrième chapitre décrit aussi la cérémonie de la Libation d'eau sur l'Autel, ou Nissoukh ha-Mayim. Le cinquième chapitre traite de la fête de Simhat beth ha-Chohéva, la fête de réjouissance du Puisage de l'eau, ainsi que la nature des sacrifices offerts durant la fête de Souccot.

Les noms de Souccot : Dans le rituel des prières, Souccot est aussi appelée Zéman Simhaténou : "Le temps de notre réjouissance". En effet, elle clôt les fêtes du mois de tichri, celui-ci comprenant Roch ha-Chanah, Yom-Kippour, Souccot, Chémini Atséret et Simhat Torah. La fête de Souccot porte aussi le nom de Hag ha-Hassif : "La fête de la récolte", car elle se situe généralement en automne. A ce moment-là, l'homme rassemble ses récoltes et engrange le fruit de son travail. Il est naturellement joyeux des biens matériels qu'il possède et se sent riche. C'est là qu'il doit sortir de sa demeure et résider dans une cabane fragile. Cette cabane va alors lui rappeler que tous ces bienfaits ne lui sont attribués que par la bénédiction de D.ieu. La seule véritable richesse de l'homme est donc d'accomplir la Volonté de D.ieu, en étudiant et en appliquant les préceptes de la Torah. (Sol d'une synagogue à Tibériade, recouvert de mosaïques représentant le Loulav et l'étrog.)

Sihon et Hog sont tués lors des guerres, Balak est nommé roi

En elloul 2488, Moïse demande à nouveau au roi Sihon l'autorisation de traverser ses terres. Ce dernier refuse et décide de les chasser de la région. Une guerre inévitable éclate alors avec les Hébreux qui s'emparent des régions situées entre le fleuve Arnon et le Yabok. Lors de la bataille Sihon est tué, et Balak fils de Tsipor lui succède sur le trône des Emorites. Malgré que Balak ne soit pas émorite, il est élevé au titre de roi des Emorites par les Anciens du fait de ses origines. Balak est le seul descendant de la famille de Jéthro à ne pas s'être converti au Judaïsme et avoir intégré le peuple d'Israël. Ainsi, afin de le renforcer et l'encourager dans son combat contre Israël et contre les siens, les émorites choisisent de l'élire roi. Yilkout Lékah Tov sur Zohar, section Balak, page 231

Le 23 tichri, sur la route de Bachan, les Hébreux se retrouvent face à face avec le géant Hog, roi de Bachan, qui a juré de détruire Israël. Moïse le tue lors d'un combat singulier au cours duquel il le frappe au talon avec le "Bâton". Ce "Bâton" est celui avec lequel il avait accompli les miracles des dix plaies qui s'étaient abbatues sur l'Egypte. Le Midrach souligne que Moïse mesurait cinq mètres, que le Bâton de Moïse mesurait cinq mètres, et que Moïse du sauter cinq mètres pour atteindre le géant Hog à la cheville !

L'échec de Bilham et l'élévation de Pinhas.

Entre les mois de héchvan et tévèt 2488, Moïse organise la conquête de la région de Yahazer. Les armées des Hébreux reprennent aux deux rois émorites les régions situées entre le fleuve de Nahal et le Mont Hermon. Puis, apeurés par l'arrivée des 12 tribus d'Israël, les Moabites décident de s'allier avec les Midianites. Ils chargent alors leur roi Balak, fils de Tsipor, de trouver une solution face à la progression menaçante des Hébreux qui revendiquent de surcroît la terre de leurs ancêtres, les Patriarches. Plutôt que de les combattre, le Conseil moabite fait appel au sorcier Bilham ben Béhor (qui siège en Midiane), afin de les affaiblir par la puissance des malédictions de ce dernier. Cependant, Bilham, au lieu de les maudire, va les bénir malgré lui. Traité Sanhédrine 106-b. Les Hébreux voyagent ensuite sans crainte jusqu'au fleuve du Jourdain. (photo : Bilham et son âne, Rembrant)

Toutefois, sur les conseils de Bilham, les Moabites décident de détourner les Hébreux des préceptes de la Torah en leur offrant leurs plus belles femmes, qui réussissent à débaucher bon nombre d'Hébreux. Lors de cet épisode, le prince d'Israël Zimri ben Salou porte des accusations sur l'origine midianite de la femme de Moïse, et se livre à la débauche avec Kosbi, la propre fille du roi de Midiane. Zimri, connu également sous le nom de Chloumiel ben Tsourichadaï, Talmud de Babylone Sanhédrine 82-a se rendra coupable de la peine de mort, par une loi d'exception, appelée dans le Talmud : "Habohél Aramit, Kanaïm poguéim Bo" - "Seul un homme zélé dans le service divin peut mettre à mort le coupable de fornication". L'événement provoque la colère divine qui sévit alors sur le peuple et cause la mort par épidémie de 24 000 hommes de la tribu de Simon, ainsi que la condamnation à mort de Zimri ben Salou. C'est Pinhas, le fils du prêtre Eléhazar, lui-même fils d'Aharon, qui va exécuter la sentence en transperçant Zimri avec une lance. Quand à l'accusation de Zimri sur l'origine midianite de Tsiporah, Rachi écrit : "Moïse avait pris Tsipora pour épouse avant le Don de la Torah. Or, lorsque la Torah fut donnée, tous les enfants d'Israël sont passés du statut de descendants de Noé à celui de Juifs, en même temps que Tsipora et de nombreux convertis provenant du Erev rav". Rachi, Réfce Talmud ???

Puis, afin de mettre un terme aux provocations des Midianites, Moïse choisit 1000 hommes par tribu, qu'il place sous le commandement militaire de Pinhas, et lance une expédition punitive sur le peuple de Midian. A la suite de cette bataille, Bilham ben Béhor, est arrêté, jugé et condamné à mort par le Sanhédrine d'Israël, Josué 13-12 et la sentance est exécuté par Pinhas. Grâce à cet acte de bravoure, Pinhas méritera inaugurer une dynastie de Grands Prêtres, ou Cohen Gadol (au singulier, en hébreu). Selon un avis, dans le Talmud de Babylone, tous les Grands Prêtres qui ont servi dans le premier Temple de Jérusalem sont issus de Pinhas. Réfce Talmud ???

Moïse, le plus Grand Prophète d'Israël décède.

Le "Michné Torah" de Moïse.

Du 1er chevat au 6 adar 2488, Moïse réunit tous les hommes de plus de vingt ans qu'il recense à nouveau, dénombrant un total de 601 730 hommes. En présence de tout le peuple et des Anciens, Moïse enseigne et commente à nouveau tous les commandements de la Torah écrite, ainsi que toutes les lois orales reçues au mont Sinaï. Avant de décéder, Moïse réunit à nouveau les douze Néssyim, les Princes des douze tribus d'Israël, et les bénit. Deutéronome 33-1. Le vendredi 7 adar 2488, Moïse monte sur le Mont Nébo dans les plaines de Moav, où il décède, à l'âge de 120 ans. Tout le peuple prend le deuil durant 30 jours, jusqu'au 7 nissan 2489. La Tradition attribue à Moïse l'écriture de l'ouvrage intitulé "Iyov" ou Job, ainsi que celui de Kabbalah (ou Sagesse Esotérique) intitulé "Mayane ha-Hokhmah", ou "La Source de la Sagesse". Ce même jour, la Manne s'arrête de tomber. Le Talmud souligne que le Mont Nébo se trouve sur le futur territoire de Réouven, tandis que le lieu de sépulture de Moïse se trouve sur le futur territoire de Gad. Talmud de Babylone traité Sotah 13-b. Cependant, l'emplacement exact de ce lieu reste inconnu jusqu'à nos jours.

   
     
 
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