La Création de l'Univers et de l'Homme Page
HISTORIQUE DE VOS RECHERCHES

בראשית ברא אלקים את השמים ואת הארץ
Bé-Réchit bara Elokim ète ha-Chamaïm vé-ète ha-Aretz"

"Au commencement Dieu créa
les Cieux et la Terre".

Monde, Année, Homme.

"Monde, lieu de l’activité humaine, Année, temps de l’activité humaine, Personne, l’homme lui-même agissant dans les deux cadres ci-dessus", source Séfer Yétsirah (3-7)

L’œuvre de la Création.

Le Judaïsme est fondé sur la transmission en la foi absolue, que la Création des mondes spirituels et des mondes physiques qui forment l’univers que nous percevons, est l’œuvre d’un Créateur unique, l'Eternel Dieu, le Tout-Puissant, qui donne vie à toute chose et qui existe éternellement : « Au commencement Dieu créa les Cieux et la Terre », Genèse 1-1. Et plus particulièrement, sur le principe absolu qu'il n’existe que "Lui", que ce soit avant l’acte de la Création ou après la Création et sans que celui-ci n'est causé aucun changement : "Lui" étant l’origine de toute vie et de toute connaissance : « Il est Celui qui connaît, Il est Celui qui est connu, Il est la connaissance elle-même. Tout cela n’est qu’un », le Rambam, lois sur les Fondements de la Torah, chapitre 2-10. Le Ramban souligne à propos des deux expressions et notions cités dans le verset ci-dessus, Chamaïm et ha-Arets, littérallement les "Cieux et la Terre" : "les Cieux et la Terre sont le fondement de base et la matière de tout ce qui existe dans le monde, en haut et en bas, et à partir d'eux tout a été créé....Ils sont les pères dans la mesure de toutes les créations, qui sont leurs dérivées". Raby Don Isaac Abarbanel, qui apporte sa lumière à un degré différent d'interprétation, définit les "Cieux" comme le "Père" des mondes spirituels, des "armées célestes". Ceux-ci sont créés par le "soufle de la bouche de Dieu", et font référence aux Malakhim (un Malakh au singulier), un terme traduit généralement par le mot "Anges" ou "Entités célestes". Dans une même approche, on distingue les mondes physiques, les "armées célèstes" qui sont en rapport avec la Terre et créées par le "soufle de la bouche de Dieu". En règle générale, tous les mondes, spirituels comme physiques, sont composés des quatre éléments de base à toute la Création et à toutes les créatures, ils sont : 1/ l'Eau : Mayim. 2/ le Feu : Eche. 3/ la Poussière : Haphar. 4/ le Vent : Rouah. Alors que la vie sur la terre est divisée en quatre règnes qui sont : 1/ le Domem ou le monde inerte, tels que l’eau, la terre etc.. 2/ le Tsoméah ou le monde végétal. 3/ le Haï ou le vivant, soit la vie animale. 4/ le Médabère, celui qui est doué de la parole, l’humain.

D'un point de vue historique, cette transmission date du moment du Don de la Torah au mont Sinaï, quand les 12 tribus d'Israël, réunis sous la conduite de Moïse, ont reçu et entendu les Dix Commandements de la "Bouche de Dieu". C'est à ce moment qu'ils recoivent les enseignements de la Torah écrite et de la Torah orale d'où sont issues les 613 Commandements, soit l'ensemble des préceptes, des valeurs et des coutumes qui fondent le Judaïsme. Toutefois, la connaissance ou les connaissances relatives au Créateur remontent à Adam le permier homme de l'humanité, et également le premier Prophète. A ce moment de l'histoire, Moïse représente la 26 ème générations des dépositaires de la chaîne de la Transmission depuis Adam.

Le Judaïsme soutien que l’œuvre de la Création résulte uniquement de la Volonté divine, et donc, qu'il n'existe que "Lui", que ce soit avant ou après l'acte de la Création. Néanmoins, dans l’absolu, cet enseignement dépasse l’entendement humain. C'est pourquoi le Rambam commence son ouvrage le "Michné Torah" par la loi fondamentale : « Le fondement des fondements et le pilier de la sagesse est de savoir qu’il existe un Etre unique, cause de l’existence de toute chose. Tous les êtres du ciel, de la terre, et de ce qui se trouve entre les deux, parvinrent à l’existence uniquement en vertu de Son existence. Et si il te venait à l’esprit qu’Il n’existe pas, aucun être ne pourrait alors exister », Chapitre I-1,2, lois sur les Fondements de la Torah du Rambam. D'un point de vue extérieur au Judaïsme, c'est en ces termes que le romain Tacite évoquera la notion de croyance du peuple juif : "Les Juifs conçoivent un seul Dieu et uniquement en pensée. Pour eux sont impies ceux qui, avec des matériaux corruptibles, représentent des images des dieux selon les formes humaines. Sublime pour eux est la Divinité, éternelle, non représentable, non soumise à destruction. Par conséquent, ni dans leurs villes, ni encore moins dans leurs temples, ils ne placent de statue. Ils ne concèdent ni cette adulation à leurs rois, ni cet honneur aux Césars…».

Le Judaïsme expose longuement à l'étude des sujets très complexes relatifs aux caractères de l'acte de la Création et aux sciences versées sur les noms spirituels attachés à ce savoir. Selon les sources écrites enseignées par la Torah et la Kabbalah, les sources qui traitent de la Sagesse Esotérique juive, l'acte est fondé sur le principe de Bria Yéch Mé-Hayin, que l'on traduit généralement par "Création Ex-nihilo", c'est-à-dire, à partir du "Néant", voir Tanya, chapitres 41 et 42. Comme il est exposé par les Maîtres en ces sagesses, le processus de la Création ex nihilo, depuis les "Sphères" spirituelles les plus élevées et jusqu’au monde physique le plus bas, résulte uniquement de la force créatrice issue de l’essence Divine même. Ce processus, développé longuement par les kabbalistes, transcende quatre dégrés d'émanation ou Holamot, se dit Holam au singulier. Ils sont le monde de :

1 - Holam ha-Atsilout. C'est le monde de l'Emanation, le plus élevés des mondes spirituels. Il est en état d'unité avec Dieu, et de proximité par rapport à Lui, et par conséquent, il transcende l'entendement humain.
2 - Holam ha-Briah. C'est le monde de la Création, première création ex-néhilo. Il est fini et reçoit seulement une irradiation de la lumière infinie d'Atsilout, et par conséquent, il peut être appréhendé par l'esprit humain.
3 - Holam ha-Yétsira. C'est le monde de la Formation.
4 - Holam ha-Hassiyah. C'est le monde de l'Action, notre monde physique, le plus inférieur de tous. C'est le stade final du procéssus qui réduit progressivement et cèle la force créatrice des Hassara Mahamarot, les "Dix Expressions", par lesquelles tous les mondes furent créés.

Chacun de ces quatre mondes se subdivisent en Dix Séphirot, ce sont les 10 "Lumières", soit, les niveaux et canaux spirituels par lesquels la vitalité émane selon le principe du Séder ha-Hichtalchélout, c'est à dire, par le principe de l'Enchainement des sphères spirituelles. Ces "Séphirot" sont également appelés les vases des "Attributs de Dieu". Ils sont les Attributs de : Hokhma ou Sagesse, Binah ou Entendement, Dahat ou Connaissance, Hessèd ou Bonté, Guévourah ou Puissance, Tiférèt ou Miséricorde, Nétsah ou Victoire, Hod ou Majesté, Yésod ou Fondement, et Malkhout ou Souveraineté.

Ils évoquent les 10 qualités ou attributs Divins qui sont les canaux à travers lesquels jaillit la Lumière Infinie et se contracte afin de créer et d'agir dans l'univers. Ce principe de "contraction" est développé dans la Kabbalah de raby Its'hak Louria, sous le vocable de Tsimtsoum, ou "contraction originelle". Dans cette doctrine, le processus Créateur ex-nihilo se réalise à partir de l’auto-limitation de la Lumière Divine infinie, le Ohr Ein Sof Baroukh Hou, qui représente le principe du "Tsimtsoum" originel. La Kabbalah lourianique fait état d’une Lumière Divine première émanée de l’Infini dans l’espace de la Création. Elle se compose d’une infinité de points isolés et s’épanche sous une forme divisée. Ce monde des lumières "punctiformes" ou Olam Ha Nékoudoth est le monde de la confusion du Olam Ha Tohou. La Création ex-nihilo comprend ainsi l’action d’un facteur qui se situe entre le néant et la substance. Cette "force dynamique" semble rejoindre le concept de l’énergie dans la physique nucléaire. Ce processus se présente comme étant le facteur organisateur de la matière constituant la phase intermédiaire entre le monde abstrait et le monde concret.

Dans son commentaire du Pentateuque, le Ramban (ou Nahmanide) fait état d’une force dynamique déjà mentionnée par les philosophes grecs sous le terme de "Hylé". Elle représente le facteur intermédiaire entre l’esprit et la matière. Cet élément premier est une force amorphe et indéterminée, dont la fonction essentielle est de conférer à la substance originelle sa forme première.

Aussi et préalablement à l'étude de ces sagesses, pour laquelle il est nécessaire de posséder des qualités exceptionnelles, le Rambam écrit ; « Tout ce qui est rapporté dans la Torah sur l’oeuvre de la Création ne doit pas toujours être pris dans son sens littéral, comme se l’imagine l’homme simple... La vérité est que l’on doit s’abstenir de les considérer avec la seule imagination dénuée de science, il ne faut pas faire comme ces pauvres prédicateurs et commentateurs, qui s’imaginent que la science consiste à connaître l’explication des mots...mais, il faut y méditer avec véritable intelligence, après s’être perfectionné dans les sciences démonstratives et dans la connaissance des mystères prophétiques...», Guide des égarés.

Aussi, dans une approche parrallèle à cette étude, si le monde est créé à partir du néant par Sa seule volonté, celui-ci est accompli par le libre effet de Sa parole, le Verbe, dévoilée et exprimée dans le Lachon ha-Kodech, la Langue Sainte. Ce processus Ex-nihilo se poursuit à chaque instant par effet du "Verbe Divin", qui insuffle continuellement dans la matière une vitalité nouvelle, afin de maintenir l’existence du monde, et afin qu’il ne retourne pas au néant dont il émane : « Qui renouvelle continuellement et quotidiennement, dans sa Bonté l’œuvre de la Création », tirée de la Liturgie de l’office du matin, la Téphila. Ainsi, le passage de l’esprit divin absolu aux mondes spirituels et à la substance matérielle n'a pu être réalisé que par un acte de volonté du Créateur, sous l'effet de Sa parole, et que nous nommons "Dieu", Ha-Kadoch Baroukh Hou, le "Saint bénit soit-Il". Le mot hébraïque "Kadoch", que lon traduit généralement par le mot "saint", signifie littérallement "séparé". Appliqué à Dieu, il indique Sa sublime élévation et Sa transcendance sur les mondes.

Au sujet du verset biblique : « Et la terre était Tohou Bohou », Genèse 1-2, raby Don Isaac Abarbanel commente : « Tohou détermine la matière première et Bohou, la forme ».

Les Sages d'Israël enseignent que : "Même si l'humanité entière s'y mettait, elle ne pourrait créer un petit moustique et l'animer", Béréchit Rabah 39-14.

Le Verbe de Dieu

Afin de mieux comprendre comment la Création du monde n'a pas affecté Dieu, raby Chnéour Zalman, l'auteur du Tanya, illustre son argumentaire sur l'enseignement qui définit par allégorie, que le monde, les Cieux et la Terre, fut créé par "le souffle du Verbe de Dieu". Quant un homme profère une parole, elle n'entraine en lui aucun changement. Qu'est ce qu'une parole comparée à toute une personne ? Ce changement est encore plus nul avant que la parole ne fut prononcée, quand elle était sous une forme de pensée. De même quand la Torah nous dit que tout fut créé par la Parole de Dieu, le monde, l'univers, les étoiles, les planètes etc, les mondes physiques et spirituels, tout ce qui existe est semblable à un "souffle" ou une "parole" - rien par rapport à Dieu. C'est uniquement par rapport à l'homme que le monde apparait réel et imposant et non pas au regard du Créateur.

En règle fondamentale, les Sages du Talmud de Babylone traité Bérakhot 31-b, enseignent que la Torah s'exprime dans un langage qui est compréhensible pour l'homme et en rapport à son être et à ses facultés insuflées en lui à sa création, Dibra Torah ké-lachone bné Adam, car "Dieu est Un" : "Afin de permettre à l'oreille d'entendre ce qu'elle peut comprendre, il a été permis aux kabbalistes de parler allégoriquement des "Séphirot", et ils les ont appelées les Lumières. Ainsi par le moyen de cette illustration pouvons nous comprendre dans une certaine mesure la nature de l'unité de l'Eternel avec Ses Attributs", Tanya, Porte de la compréhension de l'Unité de Dieu et de la Foi, et comme il est expliqué dans notre chapitre suivant sur le Fondement de la Connaissance.

Le "Lachon ha-Kodech" ou la Langue Sainte.

La Langue Sainte, langue de la Création et de la Torah.

Le Lachon ha-Kodech, soit la Langue Sainte, est l’expression de la forme verbale et orale avec laquelle Dieu, l’Eternel, se révèle aux hommes qui se sont élévés au rang de Prophète par les voies de la Prophétie. C’est dans cette langue que Dieu parla à Adam, aux Patriarches, à Moïse, au peuple Hébreu au moment du Don de la Torah, ainsi qu’aux Prophètes : « kol ha-Torah bé-lachon ha-kodech néémra - la Torah, dans sa totalité, fut prononcée en Langue Sainte », source Talmud de Babylone traité Bérakhot 13-a. L’expression kodech traduit à tort par le mot "sainte" prend ici le sens de "mouvdal", de séparer et d’élever, en comparaison aux autres langues qui sont considérées comme profane. Toutefois, il est important de distinguer la forme orale de la Langue Sainte avec sa forme écrite et sa translittération. La transcription de la Langue Sainte s’écrit de droite à gauche et sa construction écrite est composée de 22 otyiot, les 22 caractères de l’alphabet hébraïque : « l’écriture achourit, c’est la Langue Sainte », Rachi sur Talmud de Babylone traité Méguilah 8-b. Raby Hakiva enseigne : « C’est par les 22 lettres hébraïques que les Cieux et la Terre furent créés ». Et c’est également en écriture achourit que fut écrite la Torah : « Moïse se tourna et descendit de la montagne, les deux Tables du Témoignage dans sa main ; elles étaient écrites des deux côtés, d’un côté comme de l’autre, elles étaient écrites ; ces tables étaient l’œuvre de Dieu, l’écriture était l’écriture de Dieu, elle était gravée sur les tables.. » Exode 32 15-16. A ce même propos, lors des débats relatifs à la Création, les Sages du Talmud soulignent que c’est en Langue Sainte que fut créé le monde par la Parole de Dieu : « par Dix Paroles fut créé le monde - les Hasséreth ha-Dibrot », Talmud de Babylone traité Haguiga 12-a. Ces 10 Paroles, dites de façon ininterrompu et perpétuelle, sont citées dans le Ier chapitre du livre de la Genèse et sont introduites par 9 expressions qui commencent par : « Vayomer – Il a dit.. ». Aux quelles il faut inclure la toute première phrase du Pentateuque : « Au commencement Dieu créa…etc », Talmud de Babylone traité Méguilah 26. Le Zohar, les sources ésotériques hébraïques, enseigne : « Dieu a lu dans la Torah et a créé le monde ». Le Séfer Yétsirah 1-1, enseigne que c’est par 32 chemins que Dieu forma le monde ; ils sont appelés les 10 SéFiRot. Elles sont les 10 émanations spirituels par l’intermédiaire desquels les mondes furent créés et par le canal desquelles Dieu se révèle aux créatures et donne vie - et les 22 lettres de l’alphabet hébraïque. Ces dernières sont considérées comme séparées et élevées du fait de leur origine divine et leurs figures géométriques structurelles sont les sujets d’études mystiques. La sagesse relative à leurs aspects physiques est exposée à l’étude par de nombreux grands maîtres. Son approche nécessite une grande érudition dans tous les domaines de la Torah orale et écrite, ainsi que des dispositions spirituelles et intellectuelles. Ces enseignements très profonds, pour lesquelles il est recommandé de les étudier uniquement avec un maître, font partie des sciences de la Sagesse ésotérique hébraïque, la Kabbalah. L’instruction comme la compréhension de la Langue Sainte, la Bible hébraïque, se fonde sur l’association des connaissances liées à l’assemblage des lettres, à la construction des mots et des phrases, ainsi qu’à leurs sens en tous emplois et conjonctures. Chacune des lettres et chacun des mots ont une exégèse et une construction identitaire liées à leur niveau d’interprétation.

La Langue Sainte est aussi dite langue biblique. C’est en Langue Sainte, en écriture achourit que furent également écrits les livres du Tanakh, les Prophètes et les Hagiographes, ainsi que la Michnah, premier codex des lois juives. Elle se dit également langue "tanaïtique", du nom des Docteurs de la loi des générations des Tanaïm. De même les sidourim, les livres de prières sont en Langue Sainte.

L’écriture "achourit" et l’écriture "hyvrit"

L’écriture achourit, soit le ktav achourit, est constituée des caractères hébraïques avec lesquels sont écris les Sifré Torah, se dit Séfer Torah au singulier ou Rouleaux de la Torah, depuis Hézra le scribe à nos jours. Raisons pour lesquels cette écriture est qualifiée d’Ecriture sainte. Cependant, c’est en écriture achourit que Moïse écrivis le Séfer Torah qui fut rangé dans l’Arche Sainte aux côtés des Tables de la Loi. Et plus tardivement, suite aux multiples péripéties, exils, et dangers que connu le peuple d’Israël, le roi Josias en son temps avait du caché le Rouleau de la Torah qu’avait écrit Moïse. Depuis, l’écriture sainte, le Langue Sainte, avait été complètement délaissée et oubliée du peuple jusqu’à qu’Hézra engage des réformes, lors de la période du second Temple de Jérusalem. C’est suite à se renouvellement que l’écriture achourit fut instituée, codifiée et étudiée dans ces moindres détails, puis de nouveau enseignée auprès de tout le peuple. En parallèle, les maîtres de cette génération portent aussi le nom de sofrim - les scribes, pour deux raisons : 1) pour avoir été à l’origine des premières écoles de formation de scribes - se dit sofer au singulier, ceux qui auront désormais la charge sacrée d’écrire les Rouleaux de la Torah, les parchemins des Mézouzot et des Téphilines selon les lois d’écriture. 2) parce qu’ils avaient compté toutes les lettres de la Torah, le mot "sofrim" prend également sa racine dans le verbe "lispor" ou compter. Il y a aussi deux raisons pour lesquelles cette écriture porte le nom de ktav achourit : 1- la racine du nom achourit est tirée du mot "yachar" ou droit. Ces caractères ont la particularité d’être clair et bien distincte les unes des autres. La deuxième raison provient du fait que cette écriture avait été complètement oubliée du peuple suite aux exils des 10 tribus hébreux par les assyriens – les achourim, et suite la destruction du premier Temple de Jérusalem. Et que celle-ci fut à nouveau utilisée et populaire lors du retour des exilés de l’empire assyrien sous Hézra, d’où le nom ktav achourit ou écriture assyrienne, Talmud de Babylone traité Sanhédrine 25 - 22.

Durant les siècles antérieurs aux réformes d’Hézra et des Hommes de la Grande Assemblée, les hébreux avaient l’usage d’utilisé le ktav hyvrit ou l’écriture hébreu. Cette écriture est également appelée ktav libona. Ces caractères, notamment leurs formes, sont différentes de l’écriture achourit, n’ont aucun rapport avec l’écriture sainte, et sont l’antique écriture des sémites connue depuis les Patriarches. Lors de la période du premier Temple de Jérusalem, l’écriture achourit ne fut plus utilisée pour diverses raisons, mais aussi du fait de sa sainteté. Même les Rouleaux de la Torah avec lesquelles étaient lus les lectures publiques durant toute cette période étaient écris en écriture hébreu. Aussi, c’est à l’aide de cette écriture qu’étaient écris les livres de Torah à l’usage des étudiants. Cette écriture était également la plus répandue et utilisée pour le profane, comme en témoigne des pièces de monnaie. C’est suite au voyage du Ramban en Terre sainte que nous connaissons l’écriture hébreu. Celle-ci était toujours connue des Samaritains qui y vivaient. Lors d’une rencontre à Acre, ces derniers l’avaient aidé à traduire une pièce antique en argent que possédaient des vieux juifs. Sur l’une des faces était représenté le bâton en boit d’amandier d’Aharon et écris « chékel Israël ». Sur l’autre était dessiné un pot de manne avec écris « Jérusalem la Sainte ». Le Ramban, à la fin de son commentaire sur la Torah.

Les 32 lettres de l’alphabet hébraïque sont :

L’alphabet hébraïque compte 22 Otyiot ou lettres de base constitutives ; elles sont :
Alef / Beth / Guimel / Daleth / Hé / Vav / Zayin / Hèth / Tèth / Youd / Kaf / Lamed / Mèm / Noun / Samekh / Hayin / Péh / Tasdik / Kouf / Rèch / Chin / Tav

Toutefois, l’écriture achourit avec laquelle s'écrit la Langue Sainte compte 32 lettres ainsi que 12 formes de ponctuation que l’on appelle les Nékoudot. Les ponctuations hébraïques sont presque similaires aux consonances des voyelles en français et portent les noms de :
"kamats", "patah", "tséré", "ségol", "chéva", "k’holam", "k’hirik", "koubouts", "chourouk", "k’hataf kamats", "k’hataf patah", "k’hataf ségol" – leurs consonances sont, le A, O, E, é, I, OU, O. A ces voyelles ou "nékoudot" on distingue aussi un point appelé "daguech" qui détermine la lecture de certaines des lettres ; ainsi les lettres « beth, kaf, péh, chin, et tav » font l’objet d’une consonance différente selon la position du point à l’intérieur ou au dessus des lettres : exemple ; la lettre "beth" est lue "béth" (consonance B) avec le point placé au centre de la lettre, et lue "vèth" (consonance V) si le point n’y figure pas. Alors que les lettres « kaf, mèm, noun, péh, tsadik » ont une forme différente si elles se trouvent en fin de mot, ce sont des lettres dites sophites : kaf sophite ; mèm sophite etc.

Ces 5 lettres "sophites" constituent avec les 5 lettres citées ci-dessus et les 22 lettres de base, les 32 lettres hébraïques. Cependant, quant aux sujets des consonances des voyelles et du vocable de certaines des lettres, il existe quelques divergences de lecture au sein même du peuple juif. Certes, si l’étude de l’écriture achourit ou l’hébreu biblique, ne connue aucune interruption de transmission entre les générations grâce aux maintient des académies talmudiques, au fil du temps sont apparues des nuances dans la prononciation et les accents ; notamment entre les communautés juives dites "ashkénazes" et celles dites "sépharades". Parfois, au sein même de ces deux ensembles socioculturels on distingue pareillement quelques différences de lecture. Il est dit sur les Juifs originaires du Yémen qu’ils détiendraient la véritable lecture, la vocalisation authentique. Mais selon toute vraisemblance, depuis des siècles les maîtres des écoles juives communautaires ont transmis ce que les anciens avaient eux-mêmes hérités de leurs pères. Donc, il est donc extrêmement difficile de dire pourquoi et à quant remonte de telles différences de prononciation. Et de rappeler à cette occasion, que ce phénomène n’eut aucune incidence sur la transmission du sens des textes bibliques et sur l’enseignement de la loi orale. Aussi, il est important de signaler que si un Rouleau de la Torah est écrit sans aucune ponctuations, celles-ci avaient été reçues au mon Sinaï. Une lettre sans sa ponctuation est comme un corps sans âme. Les "nékoudot" étaient écrites au dessus des lettres dans les ouvrages de Torah destinés à l’étude, alors que de nos jours celles-ci s’écrivent en dessous des lettres, comme le rappelle la Massorah, soit les lois relatives aux règles d’écriture et de lecture de la Torah. Toutefois, il existe des divergences d’opinions quant aux noms actuels des "nékoudot". Certains soutiennent qu’ils sont d’origines et qu’Hézra les a restitués, d’autres soutiennent que leurs noms ont changé lors du retour des Juifs de l’exil de Babel. C’est seulement au sujet des signes cantilène utilisés lors de la lecture publique de la Torah qu’il existe une profonde divergence, à savoir s’ils ont été reçus au mont Sinaï ou non, Talmud de Babylone traité Nédarim 37.

Aussi, chaque lettre hébraïque possède un équivalent numérique. Celui-ci permet l’étude de la Langue Sainte selon l’interprétation des textes par leurs valeurs mathématiques. Que ce soit la valeur d’une lettre, d’un mot ou d’un groupe de mots. Cette science porte le nom de Guématria.
Alef = 1(valeur numérique) / Beth et Veth - 2 / Guimel - 3 / Daleth - 4 / Hé - 5 / Vav – 6 / Zayin - 7 / Hèth - 8 / Tèth - 9 / Youd - 10 / Kaf, Khaf et Khaf sophite - 20 / Lamed - 30 / Mèm et Mèm sophite - 40 / Noun et Noun sophite - 50 / Samekh - 60 / Hayin - 70 / Péh, Phé et Phé sophite - 80 / Tasdik et Tsadik sophite - 90 / Kouf - 100 / Rèch - 200 / Chin et Sin – 300 / Tav et Sav - 400.

A ne pas confondre avec l’hébreu moderne.

En parallèle, il est important de distinguer l’hébreu moderne de la Langue Sainte. C’est au moment de la naissance du nationalisme juif et de l’apparition de l’hébreu dans la littérature juive que des études linguistiques très complexes ont vu le jour au XIX ème siècle sous l’égide d’Elihézer ben Yéhoudah, de linguistes juifs et de rabbins originaires de différents pays. Car, au sujet de l’hébreu, il ne faut pas confondre la Langue Sainte - son étude des textes de la loi orale et de la loi écrite, avec l’hébreu moderne - sa langue, son langage et ses caractères d’écriture actuelle. Malgré que ceux-ci trouvent naturellement leurs sources dans l’écriture achourit, l’écriture hébraïque originelle et la Langue Sainte. C’est suite à la réorganisation des diverses communautés juives de la Diaspora en une nation juive indépendante, désormais réunies par les mémoires culturelles collectives, que s’imposera naturellement la langue de l’hébreu moderne comme l’expression d’un nouvel idiome hébraïque commun, utilisée au service des choses profanes, la langue des israéliens. La littérature hébraïque moderne connaîtra durant de nombreuses années quelques bouleversements et mises à jour du langage hébreu du fait de l’apport de nouveaux mots et expressions, des néologismes, dont un grand nombre tire leur étymologie d’autres langues. D’ailleurs, dès les premiers Congrès sionistes, en réponse à la question qu’elle devrait être la langue nationale de l’Etat juif ? Certaines votes avaient été en faveur de l’anglais. Et si cela avait était le cas, l’hébreu moderne, la langue des israéliens actuels, n’aurait surement pas connue une telle popularité de nos jours.

   
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