Souviens-toi des jours d'antan, méditez les années d'âge en âge, interroge ton père, il te l'enseignera, tes aïeux ils te le diront... (Devarim - Deuteronome 32/7)                                   La première encyclopédie d'histoire juive sur internet                                   Actuellement sur le site : un index de 1 noms !                                   HEBR@ICA est lu dans + de 80 pays
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« Zakhor - Souviens-toi » : Sens de l’histoire et sciences de l’histoire…


L'Histoire des peuples et de l'évolution des hommes constituent de toute évidence un immense réservoir d'événements et de sciences humaines, et il est légitime de s'interroger sur le sens de ceux-ci au regard du Judaïsme ? Quelles dimensions porte le peuple juif à l'Histoire ? Qu'apprend t-il des événements passés et des écrits fondateurs ?

En réponse à ces interrogations, un verset biblique évoque explicitement la problématique de l'homme face au souvenir, et à la méditation : « Souviens toi des jours d'antan, méditez les années d'âge en âge, interroge ton père, il te l'apprendra, tes aïeux, ils te le diront » (1). Aussi, afin de mieux comprendre le contenu de ce verset l'exégète Rachi (2) écrit : « Souviens toi des jours d'antan – Ce qu'Il a fait aux premières générations qui L'ont irrité – Méditez les années d'âge en âge – La génération d'Enoch qu'Il a submergée dans les eaux de l'océan, celle du Déluge, qu'Il a noyé. De faire connaître aux générations suivantes, qu'il est en Son pouvoir de vous dispenser le bien, de vous faire hériter les jours de la venue du Messie et du monde futur ». En première lecture, il ressort de l'exégèse de Rachi, que le verset n'a pas pour principal objectif de faire référence à des faits historiques particuliers. Car le verset ne site aucun événement, et la liste émise par Rachi aurait pu être plus grande, ou les événements cités différents. Pour exemple, la sortie d'Egypte et ses miracles. Que vient donc nous apprendre Rachi en nous rapportant ces événements d'une façon particulière ?

Il apparaît également de l'exégèse, que le devoir de mémoire auquel fait référence notre verset exprime plutôt une recommandation pour l'homme, un message capital, actuel et intemporel. Que cette observance possède une dimension fondamentale et éternelle pour l'homme. En fait, l'intention dominante formulée par la Torah rayonne bien au-delà des événements passés ou à venir. Par ce commentaire décisif de Rachi, il est clair que le sens littéral de notre verset ne fait ni allusion à la mémoire des événements relatés, ni à une démarche encourageant une vaste connaissance des événements de l'histoire. (3) Il résulte du commentaire de Rachi sur la Torah (4) – et c'est là le sens littéral du verset – que l'obligation de mémoire se rapporte, non pas aux événements, mais au fait que ce monde est Sa création, quelques soient les péripéties de l'histoire : C'est ce qu'il en ressort du commentaire : « Ce qu'Il a fait aux premières générations qui L'ont irrité, etc..» - « Il », désignant D.ieu, l'Eternel, le Créateur du monde, le Maître des destinés humaines. Rappelons que cet avertissement fut transmis à Moïse, le plus grand prophète qu'ait connu le peuple d'Israël, lors du Don de la Torah. Au moment où celui-ci fuit l'Egypte et devient ainsi une nation indépendante des autres peuples. Afin que le peuple d'Israël garde en mémoire, malgré les exils et les tentations, qu'Il dirige, que D.ieu dirige le monde et juge le comportement des hommes, quelques soient les époques ou les événements.

Aussi, au-delà du sens littéral de notre verset, il est indispensable d'explorer le sens allusif des premiers mots du verset : « Souviens-toi des jours d'antan..». Le texte fait allusion à des « jours » bien spécifiques, connus de tous. A ce sujet, les Sages soulignent qu'il est ici question des « six jours » de la Création du monde exprimés par les premiers versets bibliques (5). A savoir, qu'au terme de six jours : « D.ieu termina la création des Cieux et de la Terre et toutes ces armées.» (6). Ainsi, ces six jours (7) – les « jours » de notre verset, cycle immuable de la semaine – désignent tous les jours de l'humanité : aussi bien ceux du passé (qu'ils soient ou non relatés dans la Bible hébraïque) que ceux des Temps messianiques et de l'avènement du Messie. Que ces « six jours » sont potentiellement l'espace temporel dans lequel se révèlent toutes les histoires de toute l'humanité. Et par conséquent, tous les événements à venir.

Après avoir donné un sens au devoir de mémoire et introduit la Providence immuable de D.ieu, après avoir rappelé que le Créateur veille sur chacun d'entre nous et applique Sa justice, il est accessoire d'évoquer en parallèle l'étude des sciences humaines relatives aux faits et aux phénomènes qui nourrissent et façonnent l'Histoire : l'archéologie, l'anthropologie, l'ethnologie, la sociologie, la chronologie etc. A leurs sujets, il semble évident que quelques soient leurs conclusions scientifiques, que celles-ci ne soient sans rapport direct avec le sens littéral, mais profond, que nous enseigne le verset ci-dessus, à savoir que D.ieu exerce Sa Providence sur le monde, quelque soit l'événement. Même si parfois, ces sciences révèlent effectivement que l'existence d'un D.ieu Eternel, d'une puissance céleste et invisible, était déjà connue des hommes et des peuples. De nombreuses sources, juives et non-juives, l'attestent : on l'apprend des Egyptiens, des Assyriens, des Moabites, des Arabes, des Babyloniens, des Mèdes, des Perses. Car, ce que nous enseigne la méditation face à l'Histoire, au regard de la Torah, est que, même si les hommes connaissent D.ieu depuis Adam le premier homme de l'humanité, hébreu ou non, il est un devoir suprême de cultiver en mémoire la Providence qu'Il exerce dans Son monde.

En conclusion, aux regards du peuple juif sur son passé et sa transmission, l'Histoire de l'humanité n'est pas un simple réservoir d'événements abandonnés à une science froide, incertaine, et par conséquent limitée aux spéculations. Au contraire, le Judaïsme soutient que la marche de l'humanité a un sens et un but profond établit par le Créateur. Cette certitude doit susciter en tout homme humilité et engagement. Mais pour cela, et préalablement, comme le sous-entend notre verset ci-dessus, ne jamais oublier de transmettre que D.ieu règne sur Son monde avec lequel Il ne fait qu'Un.

Bonne navigation sur Hebraica.

(1) Vème livre du Pentateuque - Dévarim - chapitre 32, verset 7.
(2) Rachi, acronyme de raby Chlomo ben Its'hak (XIème siècle). Principal exégète de la Bible hébraïque et du Talmud. Rapporte exclusivement le sens littéral des versets, le « Pchat ».
(3) Bien qu'en réalité, l'histoire juive et celle des nations est transmise pour l'essentiel dans de nombreux ouvrages et enseignées de génération en génération.
(4) Le mot Torah se réfère ici au Pentateuque, la Torah écrite ou Rouleau de la Torah. Terme également utilisé pour définir l'ensemble des sujets liés à l'étude de la Torah. Terme qui peut-être dit au pluriel, les « Torhot », notamment, la Torah écrite et la Torah orale.
(5) Commentaire du Orah Haïm sur le verset.
(6) Genèse, chapitre 2, verset 1.
(7) La semaine compte évidemment 7 jours avec le Chabat, le jour du repos, le jour où Dieu s'est reposé de la création.

Pour l'intelligence de son histoire...
Méïr ben David Tangi.

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